À peine de retour d’Islande, j’ai décidé de partager avec vous mes impressions sur ce pays à la beauté terrible. Voici donc un résumé du voyage réalisé, quelques photos ainsi que quelques conseils pour ceux et celles qui songent à visiter l’Islande.
Résumé du voyage
Jour 1: Arrivée et découverte de Reykjavik.
Arrivée à l’aéroport de Keflavik et transfert à Reykjavik par le service de Flybus de l’aéroport. Le premier contact avec l’Islande est brutal: la route qui relie l’aéroport à Reykjavik traverse un champ de lave qui donne l’impression d’entreprendre un voyage en Mordor, le pays de Sauron du Seigneur des Anneaux. Les roches volcaniques gigantesques qui bordent la route, partiellement recouvertes de neige, donnent l’impression d’un pays monochrome et très dépaysant. Sous la neige et le vent, dans la noirceur de l’aube, j’ai eu comme un doute. L’hiver islandais allait-il nous faire regretter notre choix?
Le reste de la journée a été passé à reconnaître les environs de notre hôtel et du centre-ville, et à somnoler après les 15 heures de vol et d’attente dans les aéroports. Le temps étant nuageux et gris, les photos de cette journée sont plutôt ordinaires… On se reprendra!
Jour 2: Visite du Golden Circle (chutes Gullfoss, Geysir et parc de Þingvellir).
Nous devions faire une expédition de marche sur le glacier Myrdaljökull mais le climat islandais n’était pas d’accord. Pris de court, nous avons accepté l’offre de l’opérateur de tours Reykjavik Excursions de plutôt passer la journée à bord d’un bus et de visiter ce que les Islandais appellent le “Golden Circle“, une création du marketing destinée aux touristes.
Malgré tout, la visite fut intéressante, bien que j’aurais préféré passer plus de temps à certains endroits et moins à d’autres. Je suis tout de même content d’avoir vu les chutes Gulfoss, les geysers et sources chaudes de Geysir et le parc de Þingvellir. Ce sont des incontournables pour quiconque se rend en Islande, aussi touristes pouvions-nous nous sentir à ce moment. Après tout, c’est ce que nous étions…
Décidément, les dieux de la photo ne voulaient rien savoir de nous: faire de la photo sous la neige, le vent, les nuages gris avec des lentilles pleines de gouttes d’eau, ça ne permet pas une très grande latitude artistique. Les photos prises au cours de cette journée sont donc plus documentaires que visuellement intéressantes. On se reprendra, encore une fois.
Jour 3: Côte Ouest et volcan Snaefelljökull.
C’est lors de cette journée que je suis tombé en amour avec l’Islande qui, jusque là, se comportait comme une maîtresse plutôt froide et réservée. Le climat y était évidemment pour quelquechose, mais j’avais hâte d’avoir quelquechose de concret à me mettre sous la dent.
En fin de compte, j’en ai pris plein la gueule.
Sous un soleil magnifique, nous nous sommes rendus avec une voiture de location sur la côte ouest, au nord de Reykjavik. L’objectif était de faire le tour de la péninsule de Snaefellsnes et de frôler le volcan Snaefellsjökull, de nous rendre au petit village côtier de Olafsvik et de retourner sur Reykjavik, pour un total de pas loin de 500 kilomètres.
Tout, absolument tout était à couper le souffle. De la baie de Hvalfjördur au champs de lave d’Eldborg, des chevaux islandais sur le bord de la route aux points de vue incroyables de la piste montagnarde (route F570) qui relie le sud de la péninsule au nord, en passant par les petits villages de pêche, tout y était. C’est comme si l’Islande, piquée au vif par mes constats un peu tièdes jusque là, avait décidée de me séduire d’un seul coup. Ce que je fus.
Note sur la route F570, qui traverse les montagnes à l’est du volcan Snaefelljökull: un peu avant l’arrivée à cette route, on remarque un panneau sur le bord de la route 54 qui mène au pied de la montagne: “Pneus cloutés obligatoires”. Ce n’est pas une blague. Nous l’avons appris à nos dépens. Après les 14 kilomètres de sueurs froides, j’étais très reconnaissant à Geysir Car Rental d’avoir équipé notre minuscule Suzuki Swift de puissants pneus d’hiver. Je ne m’aventurerai plus jamais sur cette route en hiver à moins de conduire un solide 4×4, comme d’ailleurs tous les véhicules que nous avons croisés sur la piste. Nous avons été gratifiés de drôles de regards par les conducteurs. Il était facile de lire leurs pensées, même en icelandais: “Crétins de touristes! Encore des idiots qu’il faudra aller chercher dans un ravin dans quelques heures!”
Jour 4: Tentative dans le sud, tempête icelandaise et musée national.
Nous devions ce jour-là reprendre notre expédition sur glacier annulée deux jours plus tôt. Encore une fois, la météo a eu raison de nos projets. Appelée à notre chambre à 23h00 la veille par l’opérateur pour annuler le tour, nous avons décidé de tout de même nous rendre à Vik, village du sud où nous souhaitions observer des macareux.
Ce que nous ne savions pas encore, c’est que le sud de l’île est fréquemment frappé par le blizzard de l’atlantique nord qui remonte vers l’arctique. Quittant Reykjavik sous un ciel gris mais tranquille, nous trouvions l’opérateur de l’expédition bien faiblard d’avoir abandonné dans de telles conditions. Oh que nous avons tort, et lui raison!
Malgré toutes les tempêtes de neige québécoises affrontée au volant de mon ancien XTerra, je n’avais jamais vu un blizzard de près. Et j’avais encore moins conduit DANS un blizzard, pour mon plaisir, ma joie et mon édification. Quel bordel mes amis, et quel bordel dangereux! La piste de montagne de la veille me paraissait à ce moment une joyeuse partie de plaisir, et après 50 kilomètres nous avons décidé que finalement, les musées de Reykjavik seraient de mise pour cette journée. Et moins dangereux…
Bref, quand un Islandais vous dira que le temps est mauvais, c’est que le temps EST vraiment mauvais. Restez en ville, soyez sage, visitez les musées et les galeries d’arts, faite du shopping, mais n’essayez pas de conduire en campagne.
Jour 5: Photographie à Reykjavik.
Nous devions nous rendre au Lagon Bleu (pas le film, l’endroit!), nous avons finalement décidé d’éviter la foule de touristes pour prendre Reykjavik en photo sous la première journée de soleil passée en ville.
C’était une bonne décision, l’escalade du clocher de l’église Hallgrimskirkja, cette église qui semble tout droit sortie d’un film de science fiction, en valait vraiment la peine. Reykjavik est une ville magnifique sous le soleil, et les Islandais en semblent très fiers: tout est d’une propreté exemplaire.
Il est aussi surprenant de constater à quel point le passé modeste de Reykjavik fait encore partie du tissu urbain: un peu partout des petites maisons très modestes mais coquettes et colorées côtoient des bâtiments modernes et luxueux. Elles sont le témoignage d’un passé dont l’économie était basée sur la pêche, et suffisait à peine à assurer la subsistance des islandais. Il faut savoir que l’Islande, anciennement un des pays les plus pauvres de l’Union Européenne, est maintenant celui où le salaire moyen est le plus élevé. Cette transformation a eu lieu en seulement quelques décennies, d’où les lignes de fractures visibles mais néanmoins élégantes dans l’aménagement de la ville.
Documentation recommandée
- Lonely Planet: Best of Reykjavik. Indispensable pour les séjours en ville.
- The Rough guide to Iceland, mon préféré. Conçu autant pour la planification que la consultation rapide et efficace sur place.
- Lonely Planet: Iceland. Un peu différent du précédent, mais plus complémentaire que concurrent.
- Rough guide map to Iceland.
- Ce qui manquait: une vraie carte routière de l’Islande, difficile à trouver à Québec. Disponible au bureau d’information touristique du centre-ville, juste à côté de l’hôtel que je vous recommande.
Conseils en vrac
- Pour le gîte, je n’ai aucun problème à vous recommander l’hôtel Reykjavik Centrum. Pas plus cher qu’ailleurs, sa situation en plein coeur de la vieille ville en fait une base de départ très pratique, confortable et d’une exemplaire propreté. Le service est très professionnel et vous pourrez visiter l’ensemble du vieux Reykjavik à pied sans aucun problème. Attention cependant: pas d’accès Wifi gratuit et le déjeûner n’est pas inclut. En Islande, ça fait une différence comme expliqué ci-après…
- La nourriture en Islande coûte cher. C’est incontournable. Nous avons essayé de manger dans les mêmes restaurants que les Islandais pour finir par manger deux burgers et un café pour la modique somme de 42$ CDN, à l’heure du dîner où les prix sont plus bas. Sans blaguer, c’est ainsi et il faut bien se nourrir… Je recommande donc aux voyageurs soucieux de leur budget d’être malins et de manger au bar à salade du supermarché 1-11, situé sur l’avenue Austurstraeti, au centre-ville. Ouvert 24 heures.
- Pour en savoir plus sur la vie en Islande rurale aujourd’hui, je vous recommande la lecture de l’article “Village life in Vik, Iceland“, de Hilde Arrdal. Jeune citadine norvégienne immigrée en Islande, elle décrit la vie au quotidien après son arrivée à Vik il y a quelques années.
- Sur la côte ouest, ne faite pas de détour pour visiter la ville d’Akranes. Il n’y a vraiment rien à voir, sauf l’usine de béton, et rien à sentir sauf l’usine de traitement de poissons. On peut s’en passer.
- Si vous décidez de visiter la côte ouest et la péninsule du volcan Snaefelljökull (et vous devriez!), n’empruntez PAS le tunnel qui permet d’éviter les 80 kilomètres de route qui font le tour de la baie de Hvalfjödur. Cette route est absolument magnifique et devrait faire partie de votre itinéraire. Pour le retour cependant, le tunnel vous fera gagner du temps.
- Les Islandais sont plutôt réservés, ce qui pourra vous faire penser qu’ils sont froids et distants. Disons plutôt qu’en véritables insulaires, ils préfèrent s’occuper de leurs propres affaires. Ne craignez rien, ils ne mordent pas, et semblent apprécier la venue des touristes.
Est-ce que j’y retournerai un jour?
Sans hésitation, oui. Mais durant l’été, le climat islandais était un compagnon de voyage avec lequel il faut compter.
L’hiver islandais est dur, et peut même être dangereux. À quelques reprises, surtout lors de notre traversée d’une route de montagne dans une “puissante” Suzuki Swift et de notre passage involontaire dans un blizzard nous nous sommes demandés ce que nos mères penseraient en nous voyant agir… Et pourtant, au Québec, on a l’habitude de la conduite hivernale et des tempêtes de neige!
Au fait euh… Salut maman. Comme je te le disais au téléphone, non, c’était pas vraiment dangeureux… Enfin si peu… Enfin, pas plus dangereux que de jongler avec des bébés ours enflammés devant leur mère en dansant pieds nus sur des charbons ardents radioactifs… ;)
Moins froid qu’ici mais plus imprévisible, l’hiver en Islande rend difficile la planification d’activités de plein-air à plus de 2 jours de préavis. Cependant, pour qui souhaite passer 2-3 jours à Reykjavik et aux alentours lors d’un déplacement vers l’Europe, c’est une saison qui permet de faire des économies, tout en profitant du night life très animé pour les amateurs du genre.