Retour sur Facebook à Radio-Canada

Radio-Canada, Première chaîne

Suite à la publication de mon billet à propos de Facebook, j’ai discuté du phénomène Web de l’heure avec Michel Lamarche sur les ondes de Radio-Canada pendant l’émission Retour sur le monde. J’ai pris ma voix mielleuse. ;)

Merci à Stéphane pour le contact initial et à l’équipe de Radio-Canada (notamment Sophie Allard) pour l’entrevue préliminaire de ce matin et la clarté du processus.

L’entrevue est disponible ici (une fenêtre s’ouvrira)

Puisque je m’étais préparé à l’entrevue, voici quelques notes et faits à propos de Facebook :

  • Créé à l’université Harvard en 2004, d’abord réservé aux étudiants et ouvert au public en septembre 2006 ;
  • Le site a connu une hausse de sa fréquentation de 89% entre mai 2006 et mai 2007 ;
  • Le site compte en juillet 2007 environ 30 millions d’usagers. En comparaison, MySpace en compte environ 100 millions ;
  • 39% des usagers de Facebook ont plus de 35 ans. C’est surprenant et déboulonne certains mythes sur la “génération Web”…
  • Un usager moyen visite Facebook envion 13 fois par mois, et y passe 13 minutes chaque fois, pour un total de 2 heures 48 minutes. Ce temps est principalement grugé à la télévision et à d’autres sites Web comme MySpace.

Est-ce une mode ou durable?

Bien malin qui peut répondre. Après MySpace qui est maintenant considéré comme “out”, Twitter et Second Life (toutes des applications Web qui devaient être des révolutions…), il faudrait être un peu fou pour prétendre à la pérennité garantie. Mon intuition me dit que c’est la saveur du jour, mais avec pas mal d’épices…

Est-ce une nouvelle bulle économique?

Non. Il y a des tonnes de sites plus ou moins populaires qui sont en fait des entreprises rentables avec des modèles d’affaires solides. Facebook et ses semblables représentent pour moi une industrie dans l’industrie, une partie du Web qui est mise en ligne avec une philosophie de “build to flip” (créer pour vendre). Les investisseurs derrière ces projets sont aguerris et capables d’encaisser des défaites. Il s’agit de VC habitués à prendre ce genre de risques, à perdre 9 fois pour gagner une seule fois un énorme montant qui compensera les pertes précédentes et permettra un profit plus que raisonnable.

La seule bulle, c’est celle de l’excitation qui est provoquée par l’achalandage sur ces sites, et par le buzz qui les entoure. Le mouvement autour du “Web 2.0″ favorise la vente de publicité en ligne, et je soupçonne fortement que le poids des grandes agences de pub auprès des groupes de presse y est pour quelquechose. Pas de complot mais seulement une influence efficace, et qui rapporte gros. C’est aux clients à ne pas céder devant les vagues promesses et à demander des faits, sinon je n’ai pas de pitié…

Est-ce utile?

Amusant, certainement. Utile, je ne trouve pas. Anectodiquement, peut-être pour certains. En général, il s’agit d’un réseau social et non professionnel. Ce n’est pas obligé d’être utile pour être rentable ou valable cependant : l’industrie du cinéma en témoigne depuis des décennies.

Est-ce nuisible aux relations interpersonnelles?

Bonne question. Je ne crois pas que quiconque puisse entretenir 140 véritables amitiés. Le risque avec les sites comme Facebook est de perdre son temps à entretenir des interactions superficielles. On accroît la taille de son réseau social pour en diminuer la profondeur. Je ne suis pas certain que ce soit une très bonne idée.

Cependant, retenons que le fondateur de Facebook lui-même, Mark Zuckerberg, a expliqué à maintes reprises que Facebook n’était pas destiné à créer de nouvelles amitiés mais bien à entretenir celles qui existent déjà. C’est un point de vue intéressant, mais mon expérience et ce que j’ai vu sur Facebook relève davantage du concours de popularité (qui aura le plus “d’amis” dans sa liste) que d’autre chose. Une fois un certain nombre d’amis franchi, il devient difficile de garder le contrôle des interactions, et c’est à ce moment que la qualité de celles-ci diminue au profit de multiples interruptions provenant de gens avec qui on n’a jamais vraiment discuté…

Le site Web de Radio-Canada s’écrase sous la charge

Cet après-midi, je m’extasiais devant la beauté et la convivialité du site Web que Radio-Canada avait créé pour les élections provinciales au Québec.

Ce soir, alors que les urnes sont en train d’être vidées pour le décompte des votes, je ne peux que constater les dommages. Après 5 minutes de téléchargements, le magnifique site Web s’est transformé en une bête (et très laide) version en HTML.radio-canada-elections-12.jpg

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Envolées toutes les heures de conception, de design et d’efforts pour coder toutes les interfaces en Flash! C’était aussi joli cet après-midi (quand le site ne servait à rien) que c’est inutile maintenant (quand le site est vraiment utile).

Il y a des gens chez Cyberpresse et Canoë qui doivent rigoler un grand coup présentement. Et ils le méritent. Ils n’ont pas fait de grandes innovations, ils devaient bien se douter du raz-de-marée qui s’en venait et ils ont bâtit solide. Leurs trucs tiennent le coup, et on peut les consulter efficacement.

Et il y a des gens chez Radio-Canada qui vont devoir expliquer quelques mauvaises décisions je pense… C’est dommage, ce qu’ils avaient créé était très bien. Dommage que personne ne puisse en profiter et qu’ils n’aient pas de deuxième chance vu le court laps de temps que dure l’intérêt pour ce type de site.

MAJ: à 22h10, si la tendance se maintient, Radio-Canada semble avoir repris le contrôle de son site Web… ;)