Un petit passage à Citoyen Numérique.

Demain, vers 14h15, Michel Dumais me fera l’honneur de m’interviewer au sujet du rôle du consultant Web, de son éthique et de ce qui peut être fait en cas de conflit consultant/client. À la rédio de CIBL, qu’on peut écouter au 101.5 dans la région de Montréal, ou sur le Web, ici.

J’ai l’intention de parler aussi des responsabilités des clients et des techniques douteuses de certaines boîtes qui “boostent” les CV des ressources (ça, c’est un humain qu’on loue), tandis que certains clients les provoquent en demandant des trucs aussi rares qu’inutiles.

Michel est reconnu pour son franc-parlé, je ne pense pas avoir ma langue dans ma poche. On verra ce que ça donnera, mais ce sera 100% “avec pas de bullshit”. Promis!

Comment les agences de presse réussissent à aggraver leur cas.

Faut le faire. À une époque où les ventes de journaux sont en chute libre, il reste des gens assez stupides pour tenter de poursuivre ceux qui les aident à vendre du contenu :

The Associated Press uses the DMCA to try and shot down bloggers.

En résumé, l’agence de presse AP envoie des mises en demeure aux blogueurs et utilisateurs de plateformes sociales parce qu’ils… font des liens vers leurs nouvelles!

Le pire crime qu’on attribue aux méchants blogueurs dans ce cas, c’est d’avoir utilisé de courts extraits du fil de presse dans leurs billets. Il faut savoir qu’il est parfaitement légal (aux USA et au Canada) d’utiliser une partie raisonnable de tout texte protégé par les droits d’auteurs pour appuyer une argumentation ou enseigner. Le mot important dans la phrase étant RAISONNABLE. C’est ce qu’on appelle le “fair use”. On parle ici d’extraits d’environ 30 mots sur des articles qui en comptent des centaines, extraits qui s’accompagnent inévitablement de liens vers l’article original.

Je suis POUR la protection des droits d’auteurs, mais pas pour le détournement de l’esprit de la loi au profit d’entreprises qui préfèrent investir dans les cachets de leurs avocats plutôt que dans l’adaptation à l’innovation.

Quand une entreprise s’accroche à un modèle d’affaires dépassé et tente d’utiliser la loi de manière détournée pour ralentir l’innovation, je ne peux que la qualifier de totalement, complètement, irrémédiablement déconnectée de la réalité. Quel genre d’entreprise est assez débile pour punir ceux qui lui envoient de l’achalandage sans rien demander en retour au lieu d’en tirer profit?

Est-ce que quelqu’un, à l’AP, a déjà utilisé cette innovation qu’on appelle “Internet”? Le cas échéant, ces personnes n’ont-elles pas noté l’importance des liens pour améliorer le positionnement sur les moteurs de recherche et le trafic sur un site? L’AP poursuivra-t-elle aussi les journalistes qui se citent entre eux dans des articles?

Évidemment, l’AP s’est ensuite rétractée, admettant que son approche avait été un peu lourde. Un peu lourde? Lourd comme un dinosaure qui tire sur les mammifères oui. C’est inutile. Il est trop tard, et vous venez de prouver que vous êtes devenus trop mauvais et surtout, trop lourds, confortables, lents et gras pour vous adapter. Les responsables de ce cafouillage devraient envoyer leurs CV à l’ADISQ, ils aiment justement ce genre de grands penseurs…

En attendant, j’encourage tous les blogueurs à réfléchir avec de créer des liens vers toute nouvelle provenant de l’Associated Press. Peut-être un jour réaliseront-ils que la crédibilité se bâtit maintenant davantage avec des liens qu’avec la publicité et des ententes commerciales à sens unique…

MAJ : Via Philippe Martin, un contre-exemple très intéressant : des artisans du métier, des journalistes, qui refusent de porter des oeillères et forment des blogueurs aux bases du métier. Génial!