Peinture

Surprise et déception en visitant ma galerie d’art préférée il y a quelques jours.

J’ai acheté une toile de Frank Milo il y a quelques mois. Milo est reconnu pour plusieurs choses, dont celles-ci :

  • Il utilise des couleurs de “terre” dans ses toiles;
  • Il utilise énormément de vernis (50 couches en fait, avant d’utiliser une laque spécialement développée pour lui);
  • Il peint sur différents sujets mais lors d’une période plutôt longue, il peignait très souvent des paysages qui montraient un arbre et le sol sous celui-ci, en coupe, avec les strates du sol et les racines visibles;
  • Il utilise de la poudre métallique (bronze ou cuivre) qu’il mélange à sa peinture pour donner une luminosité particulière.

Ma déception vient du fait que depuis un certain temps, la même galerie vend aussi des toiles de Carl Camiré qui reprennent à très peu de choses près le style de Milo. Selon moi, bien sûr.

Comparez les toiles de Frank Milo (aussi ici) et de Carl Camiré.

C’est moi ou ça manque un peu d’originalité?

Je ne suis pas critique d’art, aussi je ne crierai pas au plagiat. Cependant, je suis un acheteur de toiles et je déteste voir une galerie qui m’a vendu la toile d’un artiste X se mettre à vendre les toiles de Y qui a le même style, utilise les mêmes techniques et peint les mêmes sujets. Ça diminue beaucoup l’impression d’exclusivité et d’authenticité qu’on a en achetant la toile d’un artiste, et ça dilue du même coup le goût d’en acheter d’autres. C’est dommage pour l’artiste original, et pour la galerie qui donne l’impression de viser le marché des “me too”.

MAJ : J’ai tout de même pris la peine de téléphoner à la galerie pour en savoir plus. Il semble que je suis supposé me rendre compte qu’il y a très peu de similitudes, que c’est très différent, que personne ne leur a jamais parlé de ça et que je suis dans le champ. Ah bon. Je suis probablement trop ignare pour acheter des toiles. Ça m’apprendra. La prochaine fois, j’achèterai un poster de film (Die Hard devrait faire l’affaire). C’est moins cher et probablement plus adapté à mon niveau de culture. :)

L’amour au premier coup d’oeil

Magnifique week-end dans Charlevoix avec la copine, passé à l’auberge des 3 Canards. (Si vous y allez, demandez la chambre 115. C’est LA chambre. Vue incroyable sur la baie de La Malbaie, foyer, bain tourbillon, le tout sur 2 étages.)

Lors du retour, nous nous sommes arrêté à Baie St-Paul, étrangement désertée par les touristes qui semblent bouder un hiver trop peu neigeux et restent encabanés en ville. Les galeries d’arts étant presque désertes, nous en avons profité pour flâner un peu et jaser avec les propriétaires.

Étant déjà un client de la Galerie Beauchamp, j’y suis entré, insouciant. Alors que je me dirigeais tranquillement vers le fond de la galerie, je l’ai vu. Ce fut le coup de foudre immédiat. Amour instantané et puissant (Traduction: achat impulsif et coûteux).

Alors que je sombre lamentablement, un homme se pointe à côté de moi. Je pense qu’il vient à ma rescousse. Erreur fatale: il s’agit de M. Beauchamp lui-même, le propriétaire et fondateur des galeries du même nom. Extrêmement sympathique, intéressant, agréable, très accessible… et bien décidé à m’achever en m’offrant des conditions plus qu’intéressantes. Je discute, je quitte, je vais prendre un chocolat chaud pour réfléchir, je décide fort raisonnablement de ne pas acheter l’objet de mon désir. Fier de moi, je repasse tout de même remercier M. Beauchamp pour son offre généreuse et lui laisser savoir que si la toile est alléchante, mon esprit rationnel me dit d’attendre quelques mois. On est poli ou on l’est pas. J’ai un vélo à acheter dans moins d’un mois.

Je suis prêt à jurer qu’il m’a hypnotisé. 20 minutes plus tard, je repartais avec ma facture, et une copine tout sourire. Elle est trop polie envers mon orgueil pour me l’avouer, mais je me doute bien qu’elle souriait au moins autant à cause de ma “puissante volonté d’être raisonnable” que du plaisir de voir la toile sur nos murs prochainement… Bénies soient les femmes.

Bosua, mon amour, ma déchirure (budgétaire).

(C’est de Frank Milo, un peintre qui met 50 couches de vernis sur ses oeuvres pour leur donner l’effet de lustre et de profondeur que la photo ne rend pas très bien.)