October 15th, 2007
Depuis que Radiohead, Madonna, Nine Inche Nails et d’autres groupes ont annoncé qu’ils prenaient les commandes de leur destin musical, on dirait qu’il ne se passe pas une seule journée sans que l’industrie musicale prenne une tuile sur la tête.
Il y a quelques jours, c’est Amazon qui annonçait ne vendre désormais que des fichiers MP3 sans protection de copie (protéger la musique de la copie est un vieux fantasme de l’industrie musicale complètement déconnecté de la réalité).
C’est comme si les conséquences de toutes les mauvaises décisions de l’industrie musicale au cours des 8 dernières années leur retombaient dessus en un seul mois…
Aujourd’hui, c’est Ian C. Rogers, rien de moins que le responsable de Yahoo Entertainement (site Web musical le plus populaire) qui déclare ceci aux membres de l’industrie musicale qui étaient venu assister à sa présentation :
“I’m here to tell you today that I for one am no longer going to fall into this trap (en parlant des systèmes de protection anti-copie). If the licensing labels offer their content to Yahoo! put more barriers in front of the users, I’m not interested. Do what you feel you need to do for your business, I’ll be polite, say thank you, and decline to sign. I won’t let Yahoo! invest any more money in consumer inconvenience. … I personally don’t have any more time to give and can’t bear to see any more money spent on pathetic attempts for control instead of building consumer value. Life’s too short. I want to delight consumers, not bum them out.”
Billet complet de M. Rogers ici.
Est-ce que c’est assez clair? Je pense que nous pouvons dire que le point de bascule vient tout juste d’être franchi. Le dinosaure marchera encore peut-être quelques pas, mais la flèche mortelle vient de le frapper.
October 11th, 2007
MAJ : Depuis que Radiohead a ouvert la voie, d’autres artistes ont annoncé qu’ils laissaient tomber les maisons de disque pour vendre directement au public : Madonna, Nine Inch Nails, Jamiroquai et Oasis. C’est comme tout d’un seul coup, le voile s’était déchiré. Il était temps!
J’écrivais il y a quelques jours à propos de l’expérience que fait le groupe Radiohead, qui a décidé de laisser aux internautes le soin de payer le montant qu’ils jugeaient approprié pour télécharger leur nouvel album.
Quelques chiffres à propos des montants payés sont cités dans un article sur Technaute : “Radiohead : un tiers des fans n’ont rien payé“.
Deux choses m’agacent dans cet article de l’Agence France Presse :
- Premièrement, le titre que j’ai trouvé irritant et qui véhicule inutilement des idées reçues. À la lecture complète de l’article, on se rend compte que le fait le plus important à retenir est le suivant : la moyenne de tous les téléchargements se chiffre à 8$. Il me semble que le titre “Les fans paient en moyenne 8$” aurait beaucoup mieux exprimé la réalité. Si on considère que Michael Jackson, au sommet de sa popularité, a réussi à arracher à sa maison de disque la faramineuse somme d’environ 4,50$ par album, on constate que 8$ par téléchargement (donc directement dans les poches du groupe), c’est une somme plutôt rondelette.
- Ensuite, il est fait mention que 351 personnes de l’échantillon sondé (3000 personnes) ont acheté l’album pour collectionneurs à 80$, qu’ils recevront plus tard par la poste. Je suppose donc que ces gens avaient l’impression (justifiée) qu’ils pouvaient télécharger gratuitement les fichiers sans avoir à les payer une seconde fois. Ils font néanmoins partie du supposé “tiers qui n’ont rien payé”…
De dire que “un tiers des fans n’ont rien payé” est peut-être accrocheur, mais très loin de la réalité. Cela véhicule encore une fois un préjugé trompeur sur le fait que la distribution de contenu sur le Web est vouée à l’échec. Ce que je constate, c’est que Radiohead a réussi à augmenter considérablement sa part de profit pour les albums vendus, et s’est probablement fait connaître par un tas de gens qui normalement n’auraient pas acheté leur album. J’espère que plusieurs autres artistes liront davantage que le titre de l’article avant d’en tirer des conclusions…
October 2nd, 2007
Le groupe Radiohead a décidé de distribuer son prochain album presque gratuitement. En effet, le groupe permettra aux internautes de télécharger l’album et de payer le montant qu’ils décideront de verser.
L’initiative n’est pas une première, mais confirme une tendance très claire depuis plusieurs années : les artistes (petits ou grands) ne retirent que très peu de bénéfices de la vente d’albums et font plus d’argent en attirant le public à des performances “live”. Cet extrait de l’article de Chris Anderson (auteur de “The Long Tail”) qui cite le gérant d’un groupe moins connu, les Charlatans, qui résume très clairement la situation :
“McGee said the band “could not lose” from the revolutionary approach. “We looked at the deal we were being offered by Sanctuary and said, ‘Let’s just do it ourselves’. We increase our fan base, we sell more merchandise, more fans talk about the band and we get more advertising and more films (soundtracks). More people will get into the the Charlatans and will probably pay the money to see the show. I presume it will double the gig traffic, maybe even treble it.” He put the suggestion to the band’s singer, Tim Burgess, who immediately agreed, and the rest of the band were subsequently persuaded to go along with the plan. Burgess said: “CD sales are on the decline and for any one copy sold there are nine copied from that. The future is in playing live.” The Charlatans have a November tour lined up to coincide with the release.”
Il existe probablement des catégories d’artistes pour qui la vente de disques reste plus payant que les spectacles (je suis ouvert à vos informations à ce sujet). Je pense cependant que la très grande majorité des musiciens devraient laisser leur instrument de côté 15 minutes, utiliser une calculatrice et apprendre ce que signifie le terme “coût d’opportunité” avant de confier leurs destinées à une maison de disque en 2007.
L’hypothèse du calcul est assez simple : plus de gens qui vous connaissent = plus de spectateurs aux spectacles, plus de marchandise, plus d’utilisation dans les publicités et les trames sonores, toutes des activités pour lesquelles la marge de profit de l’artiste est supérieure à la vente de disques. Le disque (ou plutôt la distribution de pièces musicales, peu importe le médium utilisé) devient donc une carte de visite pour l’artiste.
June 4th, 2007
Le New York Magazine a publié un article très intéressant intitulé “The Profit Calculator” dans lequel sont expliqués les modèles d’affaires derrière différents types de commerces, légaux ou illégaux : vendeur de drogue, sex shop, chauffeur de taxi, casse-croûte, équipe de baseball, etc.
C’est passionnant de voir que les modèles d’affaires s’entrecoupent parfois, s’opposent selon les segments visés, se complètent souvent mais que malgré tout, les mêmes thoéries économiques s’appliquent invariablement.
Si vous avez aimé Freakonomics, The Long Tail ou Tipping Point, vous apprécierez sûrement!