Facebook : pourquoi j’ai fermé mon compte.

MAJ : depuis la rédaction de ce billet, j’ai rouvert mon compte sur Facebook en raison du nombre élevé de gens qui me disaient que je ne l’avais pas encore assez utilisé pour en comprendre la valeur. Malgré le fait que j’ai davantage “d’amis” (et donc que je suis davantage dérangé par Facebook), rien de ce que j’y vois ne me permet de contredire ce que j’ai écrit ici…

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Je vais me permettre un petit billet à contre-courant aujourd’hui.

Facebook logoAlors que j’entends une très vaste majorité de mes collègues et amis vanter les mérites de Facebook, j’ai pour ma part fermé mon compte il y a 3 semaines après un essai décevant. Je sais, certains diront que puisque même des gourous comme Mark Andreessen sont élogieux à l’égard de Facebook. Avec tout le respect que tout travailleur du Web devrait avoir pour M. Andreessen, il faut néanmoins se rappeler qu’il a créé son blogue cette année seulement, 5 ans après tout le monde. Je ne suis pas certain qu’il puisse être considéré comme un indicateur de tendance fiable malgré tout l’intérêt de son analyse.

Plusieurs se plaisent à qualifier Facebook non seulement de site ou d’application Web mais bien de “plateforme”. Facebook suscite aussi des débats à propos de son utilisation dans un cadre éducatif, et que sais-je d’autre. Certains amis trouvent Facebook “utile” en énumérant une liste de choses que Facebook leur a permis de savoir dernièrement, liste que je trouve amusante mais que je ne peux qualifier, par contre, de vraiment utile.

Selon ma vision des choses, et en l’absence de tout changement majeur, Facebook est et restera une amusante application sociale qui continuera de sévir pendant un bout de temps, mais sans plus. Dès que ses propriétaires tenteront d’en faire une entreprise viable, les usagers cesseront de l’utiliser pour aller ailleurs. Facebook rejoindra MySpace, Twitter (déjà?), Second Life et un tas d’applications “Web 2.0″ au purgatoire des trucs “has been”.

La voie de sortie la plus probable pour Facebook serait probablement le rachat par un major de l’industrie; paradoxalement, ce serait probablement aussi sa mort, les usagers risquant très fortement de quitter pour rejoindre un nouveau start-up plus sexy. Une rumeur persistante affirme que Microsoft aurait déjà fait les yeux doux à Facebook pour un montant de 6 milliards, offre ridiculement élevée que le fondateur aurait de surcroît refusée.

Déjà, quelques voix commencent à dessiner un début de mouvement de dissidence face au quasi-consensus que Facebook rencontrait jusqu’ici. Les raisons qu’ils évoquent sont rationnelles, structurées et me rejoignent bien davantage que les superlatifs entendus jusqu’ici par les partisans de Facebook.

Voici donc, pêle-mêle, quelques raisons qui me font douter de Facebook et des exemples de voix dissidentes qui commencent à s’élever contre le hype démesuré qui l’entoure :

Je pense que Facebook est une application en ligne amusante et intéressante en tant que laboratoire d’idées. Les publicitaires qui songent à s’y engager devraient d’abord lire avec attention l’article du Wired Magazine intitulé “Lonely Planet - Second Life: It’s so Popular, No one goes there anymore” (pas encore en ligne mais disponible en kiosque) ET ce billet de Marshall Sponder qui y fait fait contrepoint et donne une perspective intéressante.

Et vous, croyez-vous que Facebook évitera de devenir le prochain has been ou le bruit ambiant commence aussi à vous casser les oreilles?

Ce qu’il faut pour démarrer un start-up sur le Web

Depuis que les médias ont commencé à diffuser largement le trop vague concept de “Web 2.0″, plusieurs personnes totalement ignorantes mais flairant la possibilité de faire un coup d’argent facile pensent à démarrer des start-ups.

Est-ce le retour d’une bulle? Je ne pense pas, parce que pour démarrer un start-up il faut 3 types de personnes et que 2 sur les 3 n’embarquent pas dans cette supposée bulle :

  • les investisseurs sont beaucoup plus prudents qu’en 2000, demandant une implication financière raisonnable de la part des entrepreneurs ET font leurs devoirs avant d’investir de gros montants dans les projets de n’importe quel bozo;
  • les professionnels du Web (analystes, intégrateurs, programmeurs, whatever) sont très occupés par les temps qui courent. Avant d’embarquer dans n’importe quoi, ils y réfléchiront à deux fois. Plusieurs ont vécu l’expérience de l’éclatement de la bulle en 2001, et en conservent un regard très critique sur les projets mal ficelés, attachés avec de la broche à foin, sans réel modèle d’affaires, etc.

Avant d’approcher des investisseurs ou des professionnels du Web avec un projet farfelu, il faudrait que les supposés entrepreneurs réfléchissent un peu sur leur projet et y posent un regard critique :

  • Est-ce que j’aime mon idée moi-même au-delà de l’argent qu’elle peut me rapporter?
  • Aurais-je envie d’être un client?
  • Est-ce qu’il y a un réel potentiel de revenu qui va au-delà des 2-3 lectures que j’ai fait sur le Web 2.0 dans des magazines d’affaires qui viennent tout juste de découvrir les blogues, 5 ans après tout le monde?
  • Est-ce que je suis capable d’expliquer clairement, en moins d’une minute, mon idée?

Note à moi-même: la prochaine fois qu’un personnage inconnu m’est présenté parce qu’il veut me proposer un projet, je dois lui demander un “elevator pitch” au téléphone avant de me déplacer. S’il n’est pas capable de m’en faire un, je dois m’enfuir en courant. Il n’a clairement aucune espèce d’idée de ce dans quoi il s’embarque.

Les mass medias face aux micro-publications: la fin d’une ère?

Quiconque s’intéresse de près ou de loin au secteur économique des médias a pu observer, depuis plusieurs mois, que d’importants changements sont en cours dans le paysage de la publication de masse. La mise à pied par le New York Times de plus de 250 employés le 18 juillet 2006 n’est est que le dernier signe: quelquechose est en train d’arriver aux journaux, à la télévision et à la distribution musicale, et ce n’est pas forcément agréable pour les plus conservateurs des membres de cette industrie.

La suite de cet article est publiée sur “Les Bonnes Fréquentations“.