July 29th, 2008
Dernièrement, nous avons entendu parler de Cuil, un nouveau moteur de recherche fondé par d’anciens ingénieurs de Google. Il n’en fallait pas plus que quelques communiqués de presse de l’entreprise pour que plusieurs médias clament qu’enfin, le “Google killer” débarquait en ville.
Pourtant, seulement quelques heures minutes après la mise en ligne, le moteur s’est effondré sous la charge. Malheureusement pour ses fondateurs, il s’est ensuite remis à fonctionner. Avec des résultats plus que décevants. Résultats de recherche trop anciens, peu pertinents, manquant souvent la cible de beaucoup, mauvais support des caractères spéciaux, etc, etc. Rien de reluisant.
Tous les blogues de spécialistes en optimisation pour les moteurs de recherche ont descendu Cuil en flames. Et pourtant, presque tout le monde s’entend pour dire qu’un peu de compétition sérieuse à Google serait bon pour le marché, et espère un challenger de qualité.
Aujourd’hui, le respecté site SEOMoz publie un comparatif entre Cuil, Yahoo, MSN, Ask et Google. Très bien documenté, le test place Cuil très loin derrière les trois autres. Ouch. Pour moi, ça ressemble à un clou dans le cercueil planté par la communauté Web, celle de laquelle Cuil aurait besoin pour remonter la pente.
On n’a jamais deux chances de faire une première bonne impression. Avant de retomber dans le piège des prétentions révolutionnaires de ce startup, les médias attendront un peu et seront drôlement plus méfiants la prochaine fois.
Dommage. Il semble que que PR de l’entreprise ait été plus fort que les ingénieurs, ce qui a provoqué un lancement prématuré. Quel gaspillage…
July 15th, 2008
Suite à l’annonce de Google et Adobe que les fichiers Flash seraient désormais indexables, plusieurs articles ont été écrits sur le sujet. Tout n’est pas blanc ou noir, mais une constate ressort : si le positionnement de votre contenu est prioritaire, la voie à suivre est toujours le HTML.
Dans le meilleur des mondes possibles, avec le développeur Flash le plus sensible aux moteurs de recherche et qui utiliserait toutes les bonnes pratiques, il est néanmoins possible de faire un travail de positionnement correct en Flash. C’est toujours ça de gagné, mais c’est loin d’un équivalent au HTML. Et ça ne signifie pas que votre vieux site en Flash sortira miraculeusement des limbes de Google, sauf exception.
Quelques lectures pour faire le point, peser le pour et le contre et tirer profit de quelques techniques d’optimisation de Flash pour favoriser un meilleur positionnement sur les moteurs de recherche :
July 8th, 2008
Jeff Jarvis a publié hier un billet intitulé “The end of SEO” et le copain Clément, par le biais de Twitter, se demandait ce que j’en pensais. Ma première réponse (sur Twitter), allait comme suit :
“C’est probablement le 250e article à ce sujet et qui utilise les mêmes arguments depuis 10 ans, et le SEO croît toujours.” À article provocateur, réponse baveuse, et j’ai grandement sous-estimé le nombre d’articles qui couvrent le même sujet depuis les dernières années…
Néanmoins, je pense qu’il vaut la peine d’ajouter un peu de chair autour de l’os. Twitter est bien amusant, mais on ne peut pas tout développer en 140 caractères, maximum. Je pense que la meilleure réponse vient d’un des commentaires à la suite de l’article de Jeff Jarvis :
On the other hand, I don’t see how the rise of personalized results will eliminate the need for SEO — slimy SEO tricks that get pages where they’re not relevant, yes. Best SEO practices that ensure relevant, authoritative pages show up for the right people, no.
As Google generates broader sets of results for each query, their basic need to index pages won’t change, and good SEO will continue to help them do that.
Voilà, tout est dit. Si votre définition du SEO correspond à celle d’un semi-hacker qui cherche des trucs louches pour forcer le positionnement d’un site de manière artificielle, le SEO est effectivement appelé à évoluer radicalement à court terme (sans néanmoins disparaître). Et ce sera une excellente chose.
À très long terme et dans un monde idéal, le SEO n’existerait plus : tout le monde créera de bons sites Web, respectant les bonnes pratiques, codés correctement, facilement lisibles et indexables, dotés d’une sémantique correcte, de contenus pertinents et cohérents et sur lesquels la navigation sera agréable, simple et efficace. Ce serait génial, mais ça ne correspond pas à la réalité, ni maintenant, ni dans 5 ans.
On pourrait dire la même chose de la médecine : quand les humains seront génétiquement parfait, se seront débarrassés de toutes leurs mauvaises habitudes et que le gouvernement aura mis en place tellement de mesure de contrôle et de sécurité que les accidents n’existeront plus, la médecine sera appelée à disparaître.
D’ici là, au moins 95% des sites sur le Web ont sérieusement besoin d’un coup de main, tout comme les humains d’ailleurs. Le SEO évoluera, ça fait partie des règles du jeu quand on travaille dans cette industrie. La personnalisation des résultats n’est qu’une composante de plus dans l’équation, et ajoute au plaisir… :)
July 2nd, 2008
Adobe a fourni à Google et Yahoo un logiciel d’indexation (crawler) qui permettrait de référencer le contenu en Flash, ce qui suscite l’espoir de mettre fin à la “guerre” entre HTML et Flash quant aux qualités respectives de chacune de ces 2 façons de créer un site Web. Cela suscite en effet l’espoir que, peu importe le choix technologique pour créer un site, celui-ci sera indexé également par les moteurs de recherche.
Vraiment?
Il reste cependant à Adobe/Google/Yahoo à nous expliquer comment le nouveau crawler saura faire la différence entre un élément de menu, un titre, un sous-titre et un simple contenu, la hiérarchie des contenus n’étant pas structurée en Flash comme elle l’est en HTML/CSS. Bien sûr, tout ce beau monde ne nous dira rien de tout cela. Restera la bonne vieille tactique des essais/erreurs.
Et si tout fonctionne à merveille, est-ce une révolution et la fin du SEO? Bien sûr que non. Tant mieux pour les sites en Flash, et nous pourrons nous concentrer sur les dizaines d’autres principes d’indexation qui resteront valides. En fait, il y a fort à parier que nous aurons à ajouter plusieurs nouvelles considérations plutôt qu’à nous simplifier la vie. C’est la vie dans l’écosystème de Google.
Alors avant de hurler à la venue du messie, gardons ces considérations en tête :
- Le nouveau moteur d’indexation ne permettra que de puiser les textes et les liens dans les sites en Flash, comme les moteurs le font présentement pour les sites en HTML/CSS. Et si on souhaite créer un site très riche en texte, est-il intelligent de le faire en Flash?
- Comme le souligne Fred Cavazza, Flash est surtout utilisé pour le multimédia, les vidéos et les films. Ces contenus ne seront pas davantage indexables qu’avant. Attention au piège à cons qui pourrait faire croire que votre jolie photo qui bouge sera plus facile à trouver qu’avant, c’est archifaux! Si vous n’avez rien à dire, ce n’est pas en ajoutant du Flash que votre site sera maintenant magiquement indexé. Et malheureusement, il semble que moins on a quelque chose à dire, plus on tente de le camoufler sous un tas d’artifices… C’est devenu la spécialité de plusieurs boîtes qui se soucient des contenus comme d’un détail agaçant, à traiter à la toute fin, après l’image et “l’expérience”, évidemment. Ils ne gagneront donc absolument rien à cette évolution, mais pourraient être tentées de faire croire le contraire à leurs clients.
Quelques lectures complémentaires :
Et après?
À quoi servira donc ce nouveau moteur d’indexation si, comme tous les autres, il n’indexe que du texte et des liens?
Aux applications Web de type Rich Internet Application. La voie de l’avenir pour Adobe, et probablement pour la plupart des applications à venir de Google. À suivre de près donc, mais sans s’énerver. Après tout, puisque ce robot n’indexera que le texte et les liens, le contenu restera roi. Et ça, c’est une excellente chose!
June 5th, 2008
Google ne recule devant rien pour révolutionner l’industrie de la pub, à grands coups de pied parfois.
Aujourd’hui, la compagnie annonce l’intégration du suivi de campagnes publicitaires télé aux indicateurs de Google Analytics.

Évidemment, l’annonceur devra utiliser le système de publicité télévisée de Google, uniquement disponible pour la télé numérique et répondant à certains critères. Pour le moment. Et de toute manière, les USA et le Canada passeront très bientôt, de manière obligatoire, à la télé numérique.
Il est aussi impossible, pour l’instant, de calculer directement le ROI de ces pubs. Ça viendra.
Après le Web, la radio numérique et maintenant la télé, il ne reste plus beaucoup d’espace pour les annonceurs qui ne seront pas couverts par Google bientôt. La mesurabilité des résultats deviendra bientôt essentielle pour tous les types de pubs, et inévitable.