May 20th, 2009
Mes ex-amis sur facebook n’en reviennent pas: après avoir déblatéré, remis en question et même fermé mon compte sur facebook avec un fracas médiatique frisant celui de la grippe porcine (légère exagération ici), voici que j’ouvre à nouveau un compte.
Ciel mon mari, sacrilège et parjure! On exige même de moi humiliation et rétractation, tant que c’est douloureux.
Et bien chers lecteurs, sachez que je retourne pour facebook pour 2 raisons:
- On en parle beaucoup moins, et c’est de plus en plus à la mode de fermer son compte. Beaucoup de gens y ont maintenant une présence parfaitement inerte, ce qui les rend inoffensifs une fois le “certificat d’amitié” accordé. Par pur esprit de contradiction, j’ai donc jugé que c’était le temps d’y faire un retour.
- Nous aidons depuis hier un client qui, pour une très bonne cause qui me touche beaucoup, utilisera probablement facebook pour rejoindre son auditoire de jeunes gens branchés. Je ferai partie de l’expérience, pas moyen d’y échapper puisque c’était mon idée… Ne craignez rien, nous n’avons pas l’intention de vous “enbixiter” avec de la bullshit. La cause ne s’y prête pas du tout!
Je vous laisse juger laquelle de ces 2 raisons me motive davantage, bande d’esprits tordus. Sachez que je trouve fort amusante cette situation et les taquineries qui s’en suivent. Comme le dirait Perron (philosophe grec du 4e siècle après la coupe Stanley): “Vos injures me glissent dessus comme sur le dos d’une cuillère à pot”.
Et si vous souhaitez à nouveau être mon ami facebookien, c’est par ici. Je vous promets de ne pas vous flusher cette fois-ci. (Du moins pas avant 6 mois. Ou 3. Comme les compagnies de cellulaire, je me réserve le droit de modifier les termes de cette entente unilatéralement, sans préavis ni recours possible.)
June 2nd, 2008
Mes détracteurs en seront confondus : je peux être positif quand je parle de Facebook.
En effet, j’ai expérimenté la plateforme publicitaire de Facebook au cours des derniers jours pour procéder au recrutement de participants pour des tests d’utilisabilité.
Les résultats sont intéressants :
- En seulement 3 jours, sur le groupe visé (hommes et femmes de la région de Québec, de 23 à 55 ans), la publicité a été affichée 54896 fois. C’est surprenant à quel point ce nombre est élevé, mais j’y crois.
- On a cliqué 44 fois sur les publicités, ce qui donne un taux de clics de 0,08% seulement. C’est cohérent avec les taux de clics obtenus pour d’autres campagnes effectuées pour le compte de clients, campagnes qui ont obtenues de plus grands succès sur Google Adwords.
- Le coût moyen par clic fut de 0.34$, pour un coût total de 14,74$. Pas cher du tout pour recruter tous les candidats que je cherchais!
L’annonce au taux de clics le plus élevé? La plus ciblée, dont le titre était “Participantes recherchées” et qui ne s’affichait que devant les femmes. Ensuite vient celle où une offre financière était directement faite dans le titre (50$ pour tester un site), et dont le texte répétait le montant avec des détails précis (…à Québec, en soirée.) Bref, les pubs qui citaient des faits. Les plus mauvaises performances? Les énoncés vagues qui peuvent ressembler à des pièges à cons.
En conclusion, on peut voir que le volume d’affichage est très élevé, mais l’engagement plutôt faible. C’est normal : les bannières ne s’affichent pas après une requête précise de la part de l’utilisateur mais bien sur des pages qu’il consulte pour une toute autre raison. Certains diront que c’est néanmoins bon pour le branding, je me permettrai de douter.
Il faut aussi noter que je ne cherchais pas à vendre quoi que ce soit, mais plutôt que j’offrais une rémunération aux candidats.
À recommencer? Pour le même type d’application (recrutement pour des tests), sans aucune hésitation. Le ciblage géographique et démographique est génial. Pour vendre à une échelle géographique plus large ou à une cible démographique moins précise? Un investissement sur Adwords serait probablement plus dispendieux, mais plus payant.
May 26th, 2008
Il semble que les Américains commencent à être un peu fatigués de Facebook. Finalement.
Le trafic du site social est en effet en baisse de 10% entre mars et avril. C’est énorme, et aucune cause périodique ne peut l’expliquer (retour/départ des classes, vacances, etc).
On pourra observer que globalement, le trafic et l’audience sont en hausse. Évidemment, puisque Facebook ne cesse de créer des versions internationales depuis un certain temps. Le problème, c’est que les grands annonceurs visent principalement le marché américain, ainsi que les autres pays occidentaux. Le trafic à Madagascar n’est pas très pertinent pour ceux qui ont de l’argent à donner à Facebook.
Ce qui fait encore plus mal, c’est que LinkedIn, plus petit mais néanmoins plus ancien, croît de plus de 10% durant la même période. Malgré une légère décroissance, MySpace reste loin devant Facebook.
Avec Warren Buffet qui annonce que les États-Unis sont déjà en récession, je trouve que c’est un très mauvais moment pour entamer une décroissance. Surtout que Facebook cherche encore son modèle d’affaires. Il deviendra donc de plus en plus difficile de convaincre des investisseurs à placer leur foi (et leur argent, surtout) dans une entreprise dont l’audience la plus payante décroît, les coûts explosent et les revenus stagnent.
Microsoft doit se frotter les mains après son premier investissement de 240 millions l’an passé, et préparer tranquillement une acquisition moins onéreuse que prévue. J’ai de plus en plus l’impression que Facebook va finir comme Hotmail : banalisé et intégré avec les autres produits en ligne de Redmond.
Si c’est le cas, il y en a un qui va amèrement regretter les offres d’achat de plus de 10 milliards qui ont été présentées par le passé.
April 21st, 2008
Bon et bien voilà, je quitte à nouveau -et cette fois probablement pour de bon- Facebook. Ne pleurez pas tous en même temps.
Mon premier billet à ce sujet a beaucoup fait jaser: entrevue à Radio-Canada, à TVA, de très nombreux commentaires… J’ai même décidé, pour l’expérience et essayer de comprendre ce que je n’avais pas saisi, de rouvrir mon compte.
On m’a dit “Tu verras, c’est le nombre d’amis qui fait que Facebook devient plus intéressant!” J’ai donc attendu d’atteindre le nombre de 100 amis en espérant voir la lumière. Elle ne vient toujours pas.
Ce qui est venu par contre, c’est la sollicitation de gens de plus en plus obscurs (“On s’est croisés au dépanneur il y a 8 ans!”), les invitations à partager de “belles” découvertes par le biais d’applications rarement pertinentes (FunWall quelqu’un?) ainsi que l’ennui croissant de lire des statuts Facebook de plus en plus banals, écrits par des gens de plus en plus nombreux et de moins en moins proches de moi.
Facebook, que du mauvais?
Bien sûr que non. Mais si Facebook a certains aspects ludiques intéressants que je ne nie pas, la qualité du signal devient de plus en plus faible. Ce que j’en retire n’a jamais été proportionnel à l’attention demandée et comme le pétrole, plus le temps passe, plus l’extraction de la ressource me coûte cher.
(Paragraphe mis à jour suite au commentaire d’Éric Baillargeon) Ce que j’ai découvert de positif dans Facebook au cours des derniers mois? Les groupes et les événements. Ces fonctions sont intéressantes, et permettent de mobiliser un bon nombre de personnes rapidement. J’ai vu des trucs intéressants se faire par le biais de ces applications, mais aussi des trucs qui regroupent des tonnes de gens sans aucun engagement. Google Calendar pourrait être une alternative, mais il faut cependant donner le crédit à Facebook pour avoir créé une expérience utilisateur plus intéressante, malheureusement accompagnée de plusieurs désavantages…
Il y a aussi un bon potentiel pour les rencontres amoureuses, mais je ne suis plus sur ce marché depuis un bon bout de temps. Je n’y trouve donc pas de motivation.
Pour le reste, je constate toujours plus de bruit que de signal. Les quelques applications de qualité proposées par Facebook sont peut-être intéressantes pour des gens qui ne souhaitent que se rendre à une seule destination, mais pour ma part je préfère choisir de meilleurs outils disséminés un peu partout sur le Web et qui diffusent les mises à jour par fil RSS.
Quelles alternatives?
Pour les photos? Je préfère Flickr.
Pour le statut et le microbloguing? Twitter, haut la main.
Pour un outil de réseautage professionnel? Mon blogue, et LinkedIn.
Pour partager la musique que j’écoute? Last.fm bat Facebook à tous les coups.
Pour partager mes lectures? Je préfère Anobii, et de loin.
Me souvenir de mes signets? Delicious me satisfait entièrement.
Un super agrégateur? Friendfeed fait très bien l’affaire.
Pour les autres applications: FunWall, Vampires et autres Friends for sale? Rien du tout. Bon débarras.
Par conséquent, je mets fin à mon expérience. C’était intéressant, et parfois amusant, mais le coût en attention n’en vaut pas la peine, du moins pour moi.
Si vous souhaitez me parler, ce ne sont pas les canaux qui manquent, et ceux-ci sont généralement moins bruyants. Pas besoin de m’écrire pour me dire que vous venez de terminer de manger une soupe par contre…
PS: Au fait, le formulaire pour fermer le compte est plutôt difficile à trouver. Il faut se rendre dans la section “Help”, puis “Profile and settings”, puis “Privacy” et ensuite choisir l’avant-dernière option “I want to permanently delete my account”. Pas étonnant que la plupart des gens se contentent d’arrêter de se servir de Facebook, ou de désactiver leur compte sans l’effacer. Les stats du nombre d’utilisateurs peuvent bien être impressionnantes…
March 21st, 2008
Si vous arrivez ici suite à la diffusion de l’émission J.E., je vous souhaite la bienvenue.
Puisque c’est probablement votre premier passage ici, une petite visite guidée pourrait vous être utile:
D’abord, qui suis-je?
Si vous souhaitez en savoir plus sur moi, c’est par ici.
Pourquoi me suis-je retrouvé à l’émission J.E.?
Tout a commencé par un billet où j’exprimais mon incompréhension devant la surenchère provoquée par Facebook. Comprenez-moi bien: je ne suis pas un anti-Facebook à cause de la nature de l’outil. C’est même un divertissement qui peut être agréable. Je doute simplement de son efficacité en tant que modèle d’affaires viable, et crains qu’en cas de problèmes financiers, l’entreprise ne se mette à monnayer beaucoup plus agressivement les données personnelles qu’elle aura collectées.
Mon opinion a contre-courant m’a amené de très nombreux visiteurs, suscité pas mal de discussions et m’a valu une première entrevue à la radio de Radio-Canada. Cette entrevue m’a amené de nouveaux lecteurs, qui ont eu aussi envie de discuter de Facebook. Finalement, toute cette discussion (et les nombreuses référencesà mon billet sur le Web) m’ont fait apparaître sur le radar des recherchistes de l’émission J.E. du réseau TVA.
Je suis aussi un peu fatigué de voir la crédibilité de l’industrie du Web souffrir à chaque fois qu’une vague d’exubérance irrationnelle retombe à plat. Je me pose donc en tant qu’avocat du diable qui essaie de garder la tête froide. Facebook offre des choses intéressantes pour certains, mais de là à y voir une révolution et d’incroyables opportunités d’affaires, j’ai encore de grandes réserves.
Sans tout jeter à la poubelle, je pense qu’un simple retour au gros bon sens et à un sens critique minimal permettrait de mieux cerner le “phénomène Facebook”. L’histoire du Web n’en est pourtant pas à son premier lendemain de veille…