October 2nd, 2009
Ce matin, je présentais les maquettes schématiques qui concrétisent la stratégie Web développée pour un client. Au lieu de présenter un rapport de recommandations difficiles à déchiffrer pour des néophytes du Web, nous présentons généralement des wireframes pour rendre la discussion possible, et faciliter la compréhension.
(Après quelques soirées de travail, j’espérais vraiment que le tout leur convienne. On a beau pratiquer depuis plusieurs années, un peu d’humilité motive toujours à se défoncer. Avoir confiance en soi, oui, bien sûr! Croire en son infaillibilité, c’est trop dangereux à long terme. Je préfère donc un peu d’angoisse à l’arrogance comme facteur de motivation. C’est une approche qu’on pourrait qualifier de “téteuse”, mais qui me permet d’entretenir un doute qui me force à éviter la bullshit comme la peste.)
15 minutes après la fin de la présentation, j’ai reçu ce courriel, qui n’illumine pas seulement ma journée, mais ma semaine!
Merci Michael…
Vraiment, au-delà des mes attentes. Je savais qu’en toi j’avais un excellent « partner in crime »… mais là, tu as nettement surpassé mes attentes (qui étaient déjà assez hautes!!)!
J’ai hâte aux prochaines étapes. Travailler avec toi c’est un vrai charme!
La cliente (que je laisse anonyme…)
Bon. Je pense que ça ira. :)
Retour à l’attitude téteuse au cours des prochaines heures.
July 31st, 2009
On y est. Je commence officiellement mes vacances aujourd’hui.
C’est toujours avec un drôle de sentiment, quand on possède son entreprise, qu’on part en vacances.
C’est un peu comme être parent j’imagine: même si on sait que le bébé est devenu un adulte, qu’il est capable de s’occuper de lui-même, qu’il n’a pas besoin de nous pour survivre pendant un mois, on a toujours le cordon ombilical virtuel sensible. Pour un entrepreneur, c’est un mélange d’inquiétude injustifiée, de confiance et de souvenir du temps où, en tant que travailleur autonome, il contrôlait tout.
C’est, je pense, la plus grande difficulté pour les travailleurs autonomes devenus entrepreneurs: abandonner la notion de contrôle. Je commence à me débrouiller, j’ai appris quelques trucs grâce à la patience et la collaboration de mes acolytes de chez Zengo, comme le fait que même si on a des standards de qualité élevés, il y a plus d’une manière d’arriver au bon résultat.
Me reste donc à apprendre à quitter sans m’en faire. La meilleure façon de l’apprendre, c’est probablement de s’y obliger, quand on sait rationnellement que tout se passera bien. C’est la meilleure façon de faire taire la partie irrationnelle de mon esprit qui se demande constamment “… et si jamais?”
Et si jamais quoi? Mes collègues sont capables de s’occuper de 98% des catastrophes ordinaires du quotidien, et les 2% restants constituent de merveilleuses occasions d’apprentissage. Après tout, nous ne sommes pas chirurgiens cardiaques: le terme “catastrophe” est bien relatif.
Alors quoi?
J’ai toutes les vacances pour y penser, et pour apprendre à gérer ça. :)
Bon mois d’août, je serai de retour le 1er septembre. En pleine forme, détendu et heureux locataire de nouveaux bureaux!
July 21st, 2008
Vu le départ à la retraite d’une cliente avec laquelle nous avons toujours entretenu des relations très agréables, je lui ai demandé si elle accepterait de nous remettre une lettre de recommandation pour nos dossiers.
J’ai eu la très bonne surprise de recevoir non pas une lettre typique, mais un concert d’éloges personnalisé qui a de quoi faire rougir. Personne n’est obligé de faire cela, et j’ai été sincèrement touché par la gentillesse de la cliente qui a pris le temps de la rédiger de cette manière.

Malgré tous les développements positifs reliés à Zengo depuis un peu plus de 2 ans, cette lettre est probablement l’événement ponctuel le plus motivant qui me soit arrivé. J’ai eu l’impression, en la lisant, que ma vision de ce que serait un jour Zengo est en train de se réaliser et que nous sommes sur la bonne voie. On ne peut pas être apprécié de tous, évidemment. L’important est d’être apprécié de ceux qui comptent pour nous et nous permettent de progresser vers nos buts.
Mme. Lord, je vous souhaite une retraite extraordinaire!
July 9th, 2008
Lors d’une discussion entre collègues cet après-midi, nous pesions le pour et le contre de la transparence des offres de services de Zengo. En effet, nos offres de services sont définies en détail sur le Web, ce qui expose nos méthodes et nos tarifs à nos concurrents.
La plupart des entreprises de consultation tentent de garder leurs méthodologies secrètes, croyant ainsi protéger un avantage concurrentiel important. D’où la crainte mentionnée par l’un de nous pendant cette discussion que certains concurrents soient tentés d’utiliser à l’avenir notre recette.
Je ne crois pas à cette approche qui dicte de cacher l’information, et voici pourquoi :
- Notre transparence nous a souvent été mentionnée par des clients comme une des raisons qui font qu’ils nous avaient choisis. Avec nous, pas de cachette, ou d’impression qu’on ne dit pas tout. “What you see is what you get”, et c’est très bien ainsi. L’obsession du secret de certains concurrents leur nuit peut-être plus qu’elle ne leur rapporte.
- Il est illusoire de garder secrète une méthode dont le produit sera publié. Dans le cas d’un cahier de charges Web, d’un guide d’optimisation pour les moteurs de recherche, des résultats d’une campagne Adwords ou d’un rapport d’analyse d’audience Web, nous remettrons toujours un document au client. Il lui sera alors facile de le faire circuler (on le souhaite!) et inévitable qu’un jour ou l’autre, une des personnes avec qui il aura partagé le document le partagera avec une personne qui travaille pour la concurrence. Et après? Chemin faisant, le document copié aura fait plus de bien que de mal et, au moment d’arriver dans les mains d’un concurrent, sera probablement déjà périmé.
- L’imitation est une forme de flatterie. J’ai déjà vu le site d’un concurrent copier notre style à très peu de choses près, utiliser tout à coup le même modèle de présentation, le même genre de fontes, changer radicalement son langage et se mettre à utiliser du vocabulaire que nous tentions d’imprégner auprès de la clientèle à force d’efforts d’éducation. Ça ne m’a pas fâché, parce que je me dis que si les clients potentiels s’en rendent compte aussi, le copieur révèlera non seulement son manque d’originalité, mais aussi son manque d’éthique.
- Vous savez cuisiner? Pourtant, vous vous rendez au restaurant encore de temps en temps, non? Les grands chefs font beaucoup d’argent en publiant des livres contenant leurs meilleures recettes, ce qui augmente paradoxalement la clientèle de leurs restaurants. Ce n’est pas pour la composition de la recette que vous vous y rendez, mais pour la manière qu’ils ont de livrer la marchandise. C’est facile de copier les modèles de documents d’un concurrent, mais un peu plus difficile de copier les modèles mentaux et les attitudes qui permettent de créer une idée.
- Quel genre de satisfaction le copieur peut-il retirer de son travail? Évidemment, cela ne changera pas grand’chose à ses états financiers. Cependant, nous croyons encore que la satisfaction du travail bien fait et le bonheur au bureau doivent compter autant que l’argent dans les raisons qui nous poussent à travailler. Et le plagiat n’a jamais été exaltant.
- Tout le monde copie un peu. Picasso lui-même disait que “les bons artistes copient, les grands artistes volent.” Nous nous sommes inspirés de Adaptive Path pour certaines choses, de 37Signals pour d’autres, de tonnes de livres pour le reste. Il y a cependant une différence entre le plagiat et l’inspiration qui varie selon la quantité d’expérience personnelle que nous ajoutons au mélange qui définit chaque itération dans l’évolution d’une idée. Disons simplement que je préfère passer du temps à créer et découvrir qu’à reproduire. Si tout ce que vous pouvez apporter au marché est l’utilisation d’un modèle créé par un autre, bientôt on exportera votre emploi à un cerveau en Inde qui coûtera moins cher à louer quelques heures.
Bref, les bénéfices de la transparence sont pour nous beaucoup plus grands que ses coûts.
En examinant les statistiques de fréquentation du site de Zengo, je me rends bien compte que les plus grands téléchargeurs des fiches détaillées de nos offres de services sont des concurrents. Je vais résister à la tentation de les nommer, car je préfère savoir ce qui les intéresse que d’essayer de les empêcher de nous espionner. C’est beaucoup plus instructif!
Et ça me fait sourire. Parce que pendant qu’ils essaient de copier ce que nous faisons présentement, nous réfléchissons à ce que nous ferons dans 6 mois. Évidemment, cela nous impose un effort de réinvention constant.
Et devinez quoi? On adore ça!
April 29th, 2008
Bien sûr que oui.
Mais alors pourquoi presque tout le monde essaie de démarrer une entreprise qui vaudra 2 milliards dans 3 ans, cherche du financement plutôt que des clients et s’inquiète de la mise à l’échelle de ses produits avant même d’en avoir vendu un seul?
Ce sont là de bonnes questions auxquelles répond David Heinemeier Hansson (37Signals) dans cette conférence pleine de bon sens.

En résumé:
- Vos chances de démarrer une entreprise rentable avec chiffre d’affaires de 1 million sont infiniment plus grande que celle de démarrer le prochain Facebook;
- Avec la pression des actionnaires et les réunions à n’en plus finir, vous aurez probablement plus de plaisir à diriger une entreprise petite mais rentable qu’une grande mais déficitaire;
- Il y a un secret qui n’en est pas un pour faire suffisamment d’argent en ligne: facturer pour un service qui offre une bonne valeur. Tout gratuit? Certaines choses, mais pas tout.
- Avez-vous besoin d’être milliardaire pour être heureux? On introduit ici le concept de “Lifestyle business” dont j’entendais parler pour la première fois et que j’aime beaucoup…
À partir de quand une personne possède-t-elle assez d’argent pour combler ses besoins et réaliser ses désirs? A-t-on vraiment besoin de 25 millions par année pour ça? Est-ce qu’on est un looser parce qu’on se “contente” d’un bon revenu, des collègues heureux, d’une réputation enviable et d’une vie agréable?
Pour moi, c’est amplement suffisant. Et ça ne m’empêche pas d’être ambitieux et compétitif, mais à une échelle qui reste humaine, enfin je crois.