Forfait iPhone au Canada : toujours plus cher qu’ailleurs.

MAJ : Par le biais d’un des commentaires ci-bas, j’ai découvert que Rogers pousse vraiment le bouchon : des frais d’annulation de contrat de 1100$ ou 220$/mois restant au contrat (le plus élevé des 2, évidemment) seront facturés à quiconque tenterait de mettre fin à son contrat pour profiter de frais plus raisonnables dans l’avenir. Voir le commentaire #9 ci-bas. Décidément, il semble que Rogers commence à comprendre sa bévue et à réagir, notamment en corrigeant des “erreurs” de temps en temps…

Ai-je les moyens de me payer l’iPhone? Oui. Vais-je m’en procurer un et m’abonner avec Rogers? Non. Pourtant, je suis probablement le client type visé par Rogers : jeune professionnel urbain techno.

Ce n’est pas parce qu’on a les moyens de se procurer quelquechose qu’on doit perdre de vue sa valeur réelle et accepter de se faire prendre pour un imbécile. Ce plan de service ne vaut absolument pas ce qui sera demandé par Rogers, et les conditions imposées sont ridicules. Un exemple? La soirée, pendant laquelle les minutes sont illimitées, commence à… 21 heures! Complètement loufoque… Par conséquent, même pour ceux qui ont les moyens de se payer l’iPhone, c’est davantage une question de jugement que de capacité à payer. Je passe, et continuerai d’utiliser mon bon vieux SLVR.

Le forfait qui sera offert le 11 juillet par Rogers pour le iPhone est maintenant publié. Et il est la preuve que les opérateurs cellulaires, au Canada, bénéficient largement du manque de concurrence.

À preuve, voici que que nous pouvons obtenir avec 60$ chez Rogers (au Canada) en comparaison de ce qu’obtiennent les clients d’AT&T aux États-Unis :

Voix : Avantage USA/AT&T.

  • Au Canada : 150 minutes.
  • Aux États-Unis? 450. Et en prime les minutes inutilisées pendant un mois sont reportées au mois suivant. Pas chez Rogers, évidemment…

Les forfaits des deux entreprises offrent les soirs et fins de semaine sans frais. Le hic, c’est que selon les 2 opérateurs, la soirée commence à 21h00! Ce qui est ridicule, c’est que les autres plans offerts par Rogers font état d’une soirée qui commence à 19h00. Si ce n’est pas prendre les gens pour des cons, je me demande bien ce que c’est!

Données : Avantage USA/AT&T.

  • Au Canada : 400 Mo. (Avec un système de géolocalisation qui “ping” constamment les serveurs, le email de type “push” et les applications en ligne de plus en plus lourdes, bonne chance et attention aux surprises à la fin du mois.
  • Aux États-Unis? : illimité. Vraiment.

Contrat : Avantage USA/AT&T.

  1. Au Canada : minimum 3 ans.
  2. Aux États-Unis? 2 ans.

Je suis un fan d’Apple. J’ai presque tous leurs gadgets : iPod Touch, Time Capsule, MacBook Pro, name it. J’ai toujours eu une relation directe avec Apple lors de ces achats et pour l’entretien et la gestion de ces appareils. Je n’ai (presque) jamais été déçu.

Canadien = Poisson?

Ce qui change avec le iPhone, c’est l’introduction d’un intermédiaire qui, en plus de nous extorquer, a l’arrogance de nous dire que nous sommes chanceux de bénéficier de tels tarifs “avantageux” :

“À titre de fournisseur occupant la première place en ce qui a trait à la satisfaction vis-à-vis le service sans-fil(*), Fido est ravie de proposer à ses clients tout un éventail de forfaits Voix et données à un tarif avantageux, ce qui permet au plus grand nombre possible de clients de se prévaloir d’iPhone 3G”, déclare John Boynton, premier vice-président et chef de la direction du Marketing, Rogers Sans-fil”

Mon cher John, je suis client de Rogers depuis plus de 5 ans. À chaque fois que j’ai eu affaire à votre service à la clientèle, je me suis dit que la seule et unique raison pour laquelle je faisais encore affaire avec vous n’était pas parce que vous étiez les meilleurs, mais que les autres sont encore plus mauvais que vous, ce qui n’est pas peu dire.

Le représentant affirme aussi que le forfait de données de base (à 60$) permettra aux abonnés de voir environ 3100 pages Web par mois OU de recevoir 20000 courriels Euh? Avec 400 megs? Voyons voir… Des 400 Mo, supposons que nous ne recevons que des courriels. Cela fait donc 20,5 kb par courriel au maximum. Disons que cela encouragera la brièveté, et l’emploi de courriels en format texte seulement. Pour le Web, cela signifie un format d’environ 132 kb par page, ce qui est de plus en plus rare.

Si on a le malheur d’utiliser le iTunes Store pour télécharger de la musique ou des vidéos, ou encore de regarder quelques clips sur Youtube, le 400 Mo sera vite dépassé. Heureusement, l’appareil permet aussi d’utiliser le réseau Wifi de la maison ou du bureau pour les téléchargements lourds, mais disons que je suis plutôt inquiet pour les gens qui recevront leurs premières factures…

Est-ce si catastrophique?

Non. En regardant les chiffres plus haut, on se dit qu’en utilisant son iPhone sur réseau Wifi pour les téléchargements plus lourds, le forfait est encore mauvais mais pas si mauvais. Pour un opérateur cellulaire canadien, de poser un geste simplement mauvais est une nette amélioration par rapport à la concurrence, et aux offres habituelles.

Cela encouragera aussi l’adaptation de sites Web au iPhone pour minimiser l’impact sur les factures envoyées aux clients. Il faudra que les concepteurs de sites Web destinés à un auditoire canadien adaptent leurs façons de faire pour éviter le gaspillage de bande passante et valoriser l’efficacité. Je ne peux qu’être content de cela…

Pour l’avenir?

Le Web mobile est arrivé aux États-Unis, en Europe et en Asie, mais pas au Canada. Le principe de base du Web mobile est de permettre un accès aux applications en ligne qui permettent de répartir les retombées entre opérateur, clients et autres entreprises (commerces locaux ou autres). En fixant les prix si hauts, Rogers créé une barrière à l’utilisation du Web mobile qui concentre les retombées chez l’opérateur. Les commerces risquent de tarder à emboîter le pas pour créer du contenu destiné aux mobiles encore trop rares, ce qui rendra le iPhone moins attirant.

La voie d’avenir réside probablement dans le déploiement de réseaux Wifi (publics et privés) par des entreprises ou organismes qui tireront profit de l’utilisation que les gens font du réseau et non de la consommation de bande passante. Google est très bien placé pour cela, et il est à parier que l’initiative Android prendra cette réalité en compte… Enfin, on le souhaite fortement!