Suite à des attaques qui visaient à accéder aux boîtes de courriels d’activistes des droits de l’homme en Chine, Google décide de passer aux actes.
Dans un billet très bien rédigé, Google explique que, malgré les concessions déjà faites par le passé au gouvernement Chinois, cette fois c’est trop :
“We have decided we are no longer willing to continue censoring our results on Google.cn, and so over the next few weeks we will be discussing with the Chinese government the basis on which we could operate an unfiltered search engine within the law, if at all. We recognize that this may well mean having to shut down Google.cn, and potentially our offices in China.”
Ça s’appelle agir selon ses convictions. Une des plus grandes entreprises du monde qui envisage ouvertement de se retirer d’un des plus grands marchés du monde pour une question d’éthique.
Certains diront que c’est du marketing, je répondrai qu’ils n’ont vraiment pas besoin de ça. J’imagine que d’autres entreprises sont déjà au courant, et agiront de concert pour envoyer un message fort. C’est à souhaiter. Mais peu importe : Google prouve que certaines entreprises sont encore capables de penser à autre chose qu’à la satisfaction des actionnaires au prochain trimestre.
Official Google Blog : A new approach to China.
Tags: Google




8 commentaires ↓
Rafraîchissante, cette attitude! Rarissime et d’autant plus importante. Le prochain siècle sera éthique ou ne sera… Oui, vivement à souligner, Michael.
Denis
Preuve que les entreprises peuvent encore changer la face du monde et je ne parle pas de mode. ;)
Deux bon billet la même journée! T’es en feu!
Merci Christian!
Ça doit être la nouvelle année… ;)
Je ne serais pas aussi crédule par rapport au communiqué officiel. Il est évident que Google exprime aussi toutes ses difficultés a percer sur le territoire Chinois, face aux locaux comme Baidu qui reste le leader incontesté.
Il n’en demeure pas moins, que je suis d’accord sur le principe éthique, et que Google consent à sacrifier cette partie du globe pour satisfaire ses interets partout ailleurs, est saluable.
“Une action n’est bonne que si le principe auquel elle se soumet peut être érigé en loi universelle.”
Quitter un pays, accepter une perte de bénéfices et une (grosse) partie d’un marché pour une question d’éthique et de droits de l’Homme, c’est ce qui devrait être une loi universelle…
Pour appuyer Christian, les articles de ton blogue sont dans les plus intéressants, car ils sont écrits avec le désir de s’exprimer et non le désir d’écrire le plus d’articles possible. Vivement le prochain!
Wow, Jason, quel beau compliment!
Je t’en remercie. J’ai en effet décidé d’utiliser mon blogue différemment cette année, et de publier moins souvent.
Je suis passé par une période de rush intense en fin d’année 2009, ce qui m’a empêché d’écrire 1-2 billets, mais pas davantage.
Pour le reste, j’ai d’autres projets. Ici, ça reste effectivement un endroit pour m’exprimer et échanger (puisque j’ai la chance d’avoir un lectorat de généralement bonne qualité), mais pas pour me faire de la pub.
Merci encore de me lire!
Google contre le gouvernement chinois: ” Business ” ou ” Don’t be evil ” ?
Google communique à tout va sur sa décision de ne plus continuer à censurer les résultats sur Google.cn ! En-effet, après la détection d’une cyber-attaque visant des comptes Gmail de militants chinois des droits de l’homme, le géant de Mountain View engage un bras de fer avec le gouvernement chinois et se dit prêt à stopper ses opérations dans l’Empire du Milieu !
Un article de Tech Crunch qui fait le buzz s’interroge sur la sincérité de cette campagne: s’agirait-il plus de business que d’éthique ? En-effet, Google perd de l’argent sur ses opérations chinoises et ne ferait que profiter de cet incident pour revoir ses positions. Par ailleurs, d’une pierre deux coups, ses compromissions passées avec la censure chinoise avaient ces dernières années durement malmené son image de marque.
Alors, ” Business ” ou ” Don’t be evil ” ?
A votre avis, ce bras de fer, n’est-ce que par intérêt pour négocier de meilleures conditions d’exploitation en Chine, ou est-ce pour retrouver – tardivement, mais mieux vaut tard que jamais – les valeurs de son célèbre et humaniste slogan ? Ou les deux, tant qu’à faire …
Premièrement, j’appuie Jason pour son commentaire sur la justesse et la rigueur de tes écrits.
Si une entreprise peut mettre de la pression sur la Chine, c’est Google. Et elle le fait. C’est tout à son honneur. Au-delà du cash, si l’éthique devient la façon de faire des affaires en 2010, je vois cette nouvelle décennie du bon oeil…
Laissez un commentaire