Web et politique au Québec: bienvenue aux lecteurs du Soleil!

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J’ai été surpris, encore une fois, de l’impact d’un billet qui se répercute ensuite dans les médias traditionnels.

C’est suite à la publication du billet “La campagne d’Obama et l’utilisation du Web par les partis politiques du Québec” que j’ai eu la chance d’être interviewé, en compagnie de mon collègue Martin Comeau, par le journaliste Pierre Asselin du Soleil. Avec comme résultat un article intitulé “Cyberdémocratie: le Québec sur la touche.”

Le Soleil, 2 février 2009

La discussion avec Pierre Asselin a été très productive et a soulevé plusieurs points qui, faute de place, ne pouvaient se retrouver dans le journal imprimé:

  • L’importance d’utiliser le Web pour ÉCOUTER, pas seulement pour diffuser, et le retard du Québec au regard de l’utilisation du Web pour les consultations publiques, réglementées par une loi qui date de l’âge du papier.
  • La formidable force de frappe de la liste de courriels de l’équipe Démocrate qui peut faire parvenir en quelques heures une communication directe à plusieurs dizaines de millions de citoyens, quelquefois même avant de l’envoyer aux médias. En offrant des informations de qualité sans filtre aux citoyens, les Démocrates préparent le terrain et placent les médias dans une position délicate: dites la vérité ou risquez un déluge de téléphones et de courriels de gens furieux.
  • Mes forts doutes face à la capacité des partis provinciaux et fédéraux d’innover en la matière: leurs structures sont encore trop fortement attachées aux bonnes vieilles traditions de soupers spaghettis et de pose de pancartes.
  • Les chefs, les élus et les candidats des partis sont trop loin de la réalité et trop souvent entourés de conseillers peu au courant des réalités vécues par les électeurs plus jeunes. De leur propre aveu, ils sont souvent des dinosaures. Au moins ils le savent.. Reste maintenant à asseoir ces mêmes dinosaures sur une chaise pendant quelques heures pour discuter avec eux de la nécessaire évolution des choses.
  • Mon optimisme face à l’adoption probable du Web par les partis municipaux, moins policés et plus près des citoyens, et surtout dotés de structures moins lourdes et pouvant donc être changées plus aisément. Mais qui sera le premier à vraiment y adhérer? Nous parions sur un “outsider”, car dès que les vieux partis entrent en jeu, les structures de financement traditionnelles prennent le pas sur le risque d’innover.
  • L’utilisation montante des mêmes mécanismes que ceux utilisés par l’équipe d’Obama par les groupes de pression, les lobbies et les ONG. Ceux-ci n’ont pas attendu Obama pour commencer à utiliser Internet et ses réseaux, et ils ne peuvent qu’avoir appris au cours des derniers mois. Les partis politiques ont intérêt à se réveiller, parce que les ONG et lobbies qui leur font face leur feront la vie dure sur le Web au cours des prochaines années…

Pour changer les choses dans leur approche du Web, les partis politiques devront céder un peu le contrôle du message aux électeurs, apprendre à considérer le Web comme un canal de communication qui demande une expertise spécifique et demander conseil à des spécialistes, pas seulement aux militants dont ce n’est pas le métier. Je ne sens pas cette volonté pour le moment, mais j’aimerais beaucoup me tromper…

Je pense de plus en plus que la première étape serait d’éduquer le personnel politique (élus, candidats et attachés) de manière formelle à l’utilisation du Web par les électeurs. Un rattrapage théorique, certes, mais qui pourrait au moins nous donner des bases de vocabulaire commun pour aller plus loin.

Mais essayez d’asseoir un politicien sur une chaise et de le forcer à écouter plus de 30 minutes pour voir: vous verrez que le rodéo, c’est du bonbon en comparaison!

~ Fin de l'article et début de la conversation ~

~ Un truc intelligent à ajouter? ~

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