Livre : Face à la crise, par Luc Ferry.

Face à la crise, de Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l’éducation de France, nous aide à mieux comprendre les causes réelles de la crise actuelle et surtout le nécessaire pragmatisme qu’il faudra pour en sortir. Aussi pertinent pour ceux qui se réclament de gauche que de droite.

Devrait être obligatoirement lu par les extrémistes de tout acabit pour les confronter à leurs responsabilités : la polarisation des débats gauche/droite, (doublé du conflit souverainiste/fédéraliste dans un contexte québécois) ne fera rien avancer. L’immobilisme n’est plus une option, la conservation absolue des acquis, de même que le mythe de la croissance infinie ne pouvant plus être supportés ni par les générations futures, ni par la planète.

Ce qui est triste, c’est que ce genre d’ouvrage est généralement ignoré par ceux qui auraient le plus besoin de le lire, les extrémistes qui tirent profit (en argent ou en pouvoir) du maintien du statu quo par le biais d’une polémique permanente et d’une partisanerie de mauvaise foi, ennemie de l’intelligence et de décisions aussi pragmatiques que nécessaires pour le bien commun. Reste à espérer qu’ils seront un jour en minorité, et que l’éducation permettra de les mettre en échec.

À lire absolument!

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3 commentaires ↓

#1 Robert Lachance le 09.29.09 à 11:10

C’est fait. J’ai acheté chez Pantoute hier soir et lu en deux traits: 118 pages faciles.

C’est un rapport rédigé à la demande du premier ministre François Fillon à Luc Ferry, ancien ministre de, président délégué au Conseil d’analyse de la société en France. Il compte trois parties: nature de la crise, la mondialisation comme système destructeur de sens et ses trois effets historiques.

La première partie expose que la mondialisation, avec son impératif absolu de l’innovation déconstruirait intensivement les valeurs traditionnelles; elle ferait ressortir de nouvelles contradictions intellectuelles et morales au capitalisme; elle produirait une sacralisation de l’humain au sein de la famille moderne.

La deuxième partie propose cinq “axes fédérateurs” dans la perspective d’une éventuelle “politique de civilisation”: l’aide à la famille et à l’entreprise, l’équité, l’éducation, l’intergénération et l’Europe.

En conclusion, les marges de manoeuvre budgétaires du gouvernement sont limitées. “… seule l’affirmation d’un projet de civilisation sincère, équitable et cohérent peut permettre de faire face au risque, non seulement d’une montée des extrêmes mais, beaucoup plus grave, d’une montée du sentiment que nous vivons dans un univers économique, social et politique tout à la fois injuste et dénué de sens.”

À saveur plus européenne que nord-américaine.

J’ai aussi acheté La crise et après ? de Jacques Attali. Couverture bleu, blanc rouge aussi, édition actualisée.

#2 Robert Lachance le 09.30.09 à 13:38

J’en suis à la page 63. Quel plaisir de relire du Attali.

173 pages fondées sur l’Histoire de l’humanité, tournées vers l’avenir mondialé, à exploiter localement.

Exploiter n’est peut-être pas le terme le plus juste pour indiquer à quoi je pense ici.

#3 Robert Lachance le 10.04.09 à 13:56

En précision de mon message précédent, disons mettre en valeur plutôt qu’exploiter. La valeur n’est pas forcément une réalité, c’est une estimation, un murmure du coeur ou un cri du coeur, fondé sur plus ou moins d’intelligence.

La crise et après ? de Jacques Attali.

Après avoir lu de lui auparavant:

La Voie humaine (essai, 2000)
Les Juifs, le Monde et l’Argent (essai, 2002)
L’Homme nomade (essai, 2003)
La Confrérie des éveillés (roman, 2004)
Karl Marx ou l’Esprit du monde (biographie. 2005)
Une brève histoire de l’avenir (essai, 2006)

En 10 pages, l’auteur présente d’abord “comment on en est arrivé là“.

En féru d’histoire, Jacques Attali expose ensuite en 40 pages que l’humanité n’en est pas à sa première crise de toute nature.

En 30 pages, il rapporte les événements marquants de septembre 2008 à mai 2009 qui ont donné “le jour où le capitalisme a failli disparaître”.

La suite relève de la “chimérique” un néologisme né de la contraction des noms Chine et Amérique: récession, dépression, inflation, nationalisme et mondialisation. Environ 20 pages.

La suite n’est pas prometteuse sans un mariage harmonieux entre la démocratie et les forces des marchés. Aussi, faut-il remettre de l’ordre dans chaque économie nationale et mettre en place un système réglementaire financier global. Moins de 20 pages.

En somme, l’humanité n’a pas d’avenir sans une réorientation de l’individualisme vers l’altruisme.

Le livre contient un glossaire des termes anglais en milieu financier. Il est également enrichi de quatre pages de schémas résumant la crise, sa préparation et son extension, de 2001 à 2010.

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