Les décisions et les “si j’avais su”.
Il arrive parfois qu’on entende des gens nous dire “Ah, si j’avais pris telle ou telle autre décision à ce moment dans ma vie, je serais [riche] ou [plus heureux] ou [maître du monde].” Mais est-ce vrai?
Deux événements m’ont amené à réfléchir à cette question hier.
D’abord, lors du party d’inauguration de nos bureaux, j’ai improvisé une courte allocution à propos de ma décision il y a 4 ans de joindre mes forces à celles d’iXmédia pour fonder Zengo. Au fil du temps, il y a eu des moments où j’ai soupesé cette décision qui possède ses avantages et ses inconvénients. Rien n’est parfait! Des opportunités sont passées : certaines étaient plus faciles à saisir avec l’appui d’associés, d’autres m’auraient demandé de revoir mes alliances. J’ai fait des choix.
Ensuite, j’ai discuté avec une connaissance qui a eu l’opportunité, il y a quelques années, d’être associé à un petit start-up où tout était encore incertain. Il a choisi une voie différente et aujourd’hui, le start-up est devenu gros, et les actionnaires de départ sont riches. Mauvais choix de sa part? Rien n’est moins sûr!
Je pense que les seules bonnes décisions sont celles que l’on prend. Puisqu’il est impossible de savoir ce qui se produira 5 ans à l’avance (sauf si on est communiste et qu’on peut modifier la réalité pour l’adapter au plan quinquennal au lieu d’adapter le plan à la réalité…), il est préférable de s’engager au mieux de nos capacités pour faire de notre décision une réussite, et d’oublier les “si j’avais su”.
Parce qu’en réalité, si cette connaissance s’était jointe au start-up, la dynamique entre les associés n’aurait pas été la même. Peut-être que sa présence aurait amené l’entreprise à un succès différent, mais moins rentable. Pas par manque de talent, mais simplement parce que la dynamique d’un groupe est un mélange subtil et imprévisible tant qu’on ne l’a pas éprouvé. Probablement qu’il serait tout de même heureux, mais rien ne permet d’être certain qu’il serait riche.
De même pour moi : j’aurais pu faire grandir mon entreprise seul. Peut-être. Me joindre à d’autres, aussi brillants, talentueux, mais différents. Peut-être aussi. Mais j’ignore totalement ce qui se serait vraiment produit, et chaque minute consacrée à rêver à ce qui aurait pu se passer en est une de moins consacrée à réaliser ma vision.
C’est un peu la même chose qu’une prophétie autoréalisatrice : plus on a des regrets, moins a d’énergie pour changer les choses et être plus heureux, ce qui mène à d’autres regrets…
Bref, les voies de la réussite et du bonheur sont multiples. Les gens avec qui ont aurait pu y arriver sont tout aussi nombreux. Les “si j’avais su” ne sont que de vagues possibilités, qui servent souvent d’excuses quand au fond, rien ne nous empêche de changer encore les choses sauf un peu de paresse, de peur ou d’ignorance.
Les seules bonnes décisions sont celles que l’on a pris, et auxquelles on consacre son énergie et sa passion sans passer sa vie à regarder derrière. Apprendre de ses erreurs est une chose, passer son temps à se demander si on a fait les bons choix en est une autre.
C’est devant que ça se passe, et les seules décisions qui comptent sont celles à venir.
Il arrive parfois qu’on entende des gens nous dire “Ah, si j’avais pris telle ou telle autre décision à ce moment dans ma vie, je serais [riche] ou [plus heureux] ou [maître du monde].” Mais est-ce vrai?
Deux événements m’ont amené à réfléchir à cette question hier.
D’abord, lors du party d’inauguration de nos bureaux, j’ai improvisé une courte allocution à propos de ma décision il y a 4 ans de joindre mes forces à celles d’iXmédia pour fonder Zengo. Au fil du temps, il y a eu des moments où j’ai soupesé cette décision qui possède ses avantages et ses inconvénients. Rien n’est parfait! Des opportunités sont passées : certaines étaient plus faciles à saisir avec l’appui d’associés, d’autres m’auraient demandé de revoir mes alliances. J’ai fait des choix.
Ensuite, j’ai discuté avec une connaissance qui a eu l’opportunité, il y a quelques années, d’être associé à un petit start-up où tout était encore incertain. Il a choisi une voie différente et aujourd’hui, le start-up est devenu gros, et les actionnaires de départ sont riches. Mauvais choix de sa part? Rien n’est moins sûr!
Je crois sincèrement que les seules bonnes décisions sont celles que l’on prend. Puisqu’il est impossible de savoir ce qui se produira 5 ans à l’avance (sauf si on est communiste et qu’on peut modifier la réalité pour l’adapter au plan quinquennal au lieu d’adapter le plan à la réalité…), il est préférable de s’engager au mieux de nos capacités pour faire de notre décision une réussite, et d’oublier les “si j’avais su”.
Parce qu’en réalité, si cette connaissance s’était jointe au start-up, la dynamique entre les associés n’aurait pas été la même. Peut-être que sa présence aurait amené l’entreprise à un succès différent, mais moins rentable. Pas par manque de talent, mais simplement parce que la dynamique d’un groupe est un mélange subtil et imprévisible tant qu’on ne l’a pas éprouvé. Probablement qu’il serait tout de même heureux, mais rien ne permet d’être certain qu’il serait riche.
De même pour moi : j’aurais pu faire grandir mon entreprise seul. Peut-être. Me joindre à d’autres, aussi brillants, talentueux, mais différents. Peut-être aussi. Mais j’ignore totalement ce qui se serait vraiment produit, et chaque minute consacrée à rêver à ce qui aurait pu se passer en est une de moins consacrée à réaliser ma vision.
C’est un peu la même chose qu’une prophétie autoréalisatrice : plus on a des regrets, moins a d’énergie pour changer les choses et être heureux, ce qui mène à d’autres regrets…
Bref, les voies de la réussite et du bonheur sont multiples. Les gens avec qui on aurait pu y arriver sont tout aussi nombreux. Les “si j’avais su” ne sont que de vagues possibilités, qui servent souvent d’excuses quand au fond, rien ne nous empêche de changer encore les choses sauf un peu de paresse, de peur ou d’ignorance.
Les seules bonnes décisions sont celles que l’on a pris, et auxquelles on consacre son énergie et sa passion sans passer sa vie à regarder derrière. Apprendre de ses erreurs est une chose, passer son temps à se demander si on a fait les bons choix en est une autre.
C’est devant que ça se passe, et les seules décisions qui comptent sont celles qui restent à venir.
7 commentaires ↓
“The best way to predict the future is to invent it.” — Alan Kay
“Je me souviens.” — Québec
[...] soirée fut aussi l’occasion de courtes interventions. Celle de Michael (Zengo) avait une teinte de profondeur sous le ton de l’improvisation. Plusieurs ont aussi pu [...]
“Je crois sincèrement que les seules bonnes décisions sont celles que l’on prend.”
Je suis complètement d’accord !
Il y a toujours une raison pour avoir pris un certaine décision a un moment donné. Et si l’on devait reprendre cette décision dans les mêmes conditions, avec la même information à disposition, on opterait sûrement pour la même solution.
Si, a posteriori, en étant devenu une personne différente avec des informations différentes a sa portée, on aurais pris une décision différente… C’est plus un exercice intellectuel qui ne doit pas donner matière à regret ! :)
Rempli de sagesse tout ca!
Arrêter, continuer, tourner à gauche ou à droite, chaque décision t’amène à un destin différent. Des fois vaut mieux simplement vivre et oublier de réfléchir.
“Le bien, nous le faisons ; le mal, c’est la fortune ; on a toujours raison, le destin toujours tort.”
[Jean de la Fontaine]
Belle réflexion!
Pour moi, tout est une question de fierté. Quand j’ai une décision importante à prendre, j’essaie de me projeter dans 3, 4 ou 5 ans et je me demande si le parcours que je pense choisir me rendrait plus fier que l’autre.
L’idée, je pense, est de se casser le coco sur les éléments sur lesquels nous avons du contrôle. On contrôle notre sentiment de fierté… le bonheur, c’est la résultante… dans la vie, comme dans les affaires!
[...] Les décisions et les « si j’avais su » C’est intelligent et ça fait du bien. Il est important de se tourner vers l’avant et d’avancer en cette direction. [...]
J’avais de l’intérêt pour l’intelligence artificielle dans les dernières de 1970. Je m’étais programmé un logiciel d’aide à la décision, fonctionnel, en basic, à trois niveaux, d’inspiration analyse hiérarchique de Thomas L. Saaty.
J’envisageais un instrument de mesures psychologiques du risque d’être impliqué dans un accident d’automobile.
Si j’avais su…
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