MAJ: Le nouveau titre sous lequel je me présenterai à l’avenir sera “Conseiller en architecture de l’information, rédaction et visibilité Web“.
Je viens de recevoir un appel d’un monsieur oeuvrant pour l’Association des Architectes en Pratique privée du Québec. Son travail, ces temps-ci, consiste à communiquer avec tous ceux qui utilisent le terme “architecte” et qui ne sont pas membres de l’Ordre des Architectes du Québec, et de les aviser qu’ils ne sont pas fins, et qu’ils devront donc changer de titre.
Connaissant le nombre d’architectes organiques, d’architectes du contenu, d’architectes de projets, d’architectes technologiques qui travaillent au gouvernement du Québec, chez CGI, LGS, IBM, SNC-Lavalin et autres grandes firmes de ce monde, on comprend que le monsieur a beaucoup de travail devant lui, et se fera beaucoup d’amis. D’ailleurs, il semble que ceux qui seront les plus difficiles à convaincre oeuvrent au sein du même gouvernement qui a voté la loi à cet effet.
Je comprends la volonté des architectes de protéger leur titre, qui est légitime, et qui désigne une expertise pointue. Cependant si j’examine avec soin la définition du terme architecture, je trouve ceci:
- Art de construire des édifices en tenant compte de certains aspects techniques et esthétiques.
- Structure ou organisation des éléments d’un ensemble complexe.
J’ai donc demandé au monsieur si le terme “spécialiste en architecture informationnelle” serait acceptable, et c’est là qu’il s’est énervé. Souhaitant réellement comprendre, je lui ai demandé si le mot “architecture” était aussi un terme protégé. (Architecture: N.F., Conception de la structure générale d’un système d’objets complexes, qu’il s’agisse de la création d’objets réels ou de la déduction d’un plan implicite ou apparent. Source: Grand Dictionnaire Terminologique de l’Office québécois de la langue française.)
Je savais très bien que non, mais il a tourné autour du pot en mentionnant d’un ton agressif que nous recevrions sous peu une lettre et qu’à ce moment nous n’aurions plus le choix (oooouuuhhh, la vilaine menace). J’ai expliqué à monsieur que je ne souhaitais que trouver une solution, et que vu l’usage courant du terme et de son sens pour l’industrie, il devrait s’attendre à ce genre de question, et que je ne voyais pas pourquoi il s’énervait. C’est rare que c’est moi qui calme le jeu pourtant… ;)
Pourtant, le terme “architecte de l’information” est utilisé depuis des années aux États-Unis, où le même débat a eu lieu il y a longtemps et où tout le monde a compris qu’un architecte en information ne fait pas la même chose qu’un architecte en bâtiment, et où on s’est dit que personne ne risquait de confondre les deux.
(Au fait, personne ne m’a jamais demandé de bâtir autre chose qu’une arborescence. Jamais de demande pour un musée ou une maison. Il faut croire que les gens ne sont pas totalement idiots, mais bon, je m’égare. Cela ne semble d’ailleurs pas faire partie des considérations de l’ordre des architectes du Québec.)
Ce qui est particulièrement ironique, c’est que la croissance de notre agence d’architecture de l’information nous a permis, au cours du mois dernier, d’offrir avec nos amis de iXmédia un beau petit contrat à une firme d’architectes EN BÂTIMENT pour l’agrandissement de notre bureau. Ce qui est étrange, c’est que personne n’a rien dit quand nous leur avons expliqué ce que nous faisions pour vivre. J’imagine que les principes deviennent un peu plus élastiques quand on attend un chèque…
Il faudra donc trouver autre chose, et je souhaite bonne chance à l’Ordre des architectes qui trouvera CGI, IBM, le gouvernement du Québec, SNC-Lavalin et plein de petits amis du même calibre sur son chemin. Évidemment, la stratégie sera probablement de tomber sur les petits joueurs, de les menacer ou de les poursuivre pour ensuite pouvoir dire aux gros qu’ils ont des précédents. C’est classique.
D’ici là, je réfléchis à tout ça. Qu’est-ce qui désigne clairement ce que nous faisons, c’est-à-dire structurer l’information? Ingénieurs en information? Médecins de l’information? Comptables informationnels? Électriciens de sites Web? Ah non, je risque encore de faire pleurer des gens…
Est-ce que Pape et ninja sont aussi des termes protégés? Ça pourrait être joli après tout…
P.-S. Il y a aussi un autre problème… Quand le gouvernement envoie un appel d’offres pour des services comme les nôtres, il y est spécifié qu’ils cherchent des “architectes informationnels”. Devrons-nous nous conformer aux souhaits de l’AAPPQ et risquer de perdre le mandat, ou répondre au gouvernement selon les termes généralement utilisés dans l’industrie et risquer le courroux des architectes?
Tags: architecture




22 commentaires ↓
Ah la bureaucratie!
Ah les gens qui se battent pour protéger pratiquement rien!
Ah ces gens qui prennent la population pour des abrutis!
Ah ces gens qui abrutissent la population!
Et dire que des gens meurent sur la terre pour une question de malnutrition quand ici on se tire les cheveux sur une question d’utilisation d’un mot…
Tabarnouche, je vais encore être obligé de refaire mon CV… Quand tu auras trouvé le bon terme, tu le partageras!
Quoique NINJA fonctionnel j’aime bien! Voyons comment mes clients et futurs clients vont réagir! Merci de la proposition!
Je croyais que le billet se terminerait avec une apparition de Dogbert ou quelque chose du genre, mais hélas, ce genre de personnage existe en dehors de l’univers de Scott Adams…
Attention! ne choisit pas le titre “gestionnaire de projets”! J’ai reçu un appel de l’ordre des ingénieurs il y a un peu plus de 10 ans pour me dire que ce terme était réservé aux ingénieurs… Il ont apparemment échoué dans leur tentative de protéger le terme…
;-)
C’est tellement idiot. On dirait un poisson d’avril en retard. Dire que papa a été architecte. S’il était vivant, il dirait comme moi que cette décision est à la fois une erreur de jugement et une absurdité. J’espère que les journalistes ne demanderont pas à ce que leur titre soit protégé. C’est vrai j’oubliais : ils n’ont pas d’Ordre pour pouvoir s’offrir la chasse aux journalistes citoyens de ce monde, eux.
Ouin… ben mon vieux, tu as du pain sur la planche… parce que Google, lui, te considère encore comme un architecte informationnel :)
Quand Google le dit!
…une chance qu’un blogueur s’appelle un blogueur et pas un journaliste, y’en a qui auraient des appels à faire.
Ça me rassure de voir que les Ordres sont fonctionnels.
Bientôt dans un palais de justice près de chez vous : une lutte à finir entre les artistes-peintre et les peintres en bâtiment. Y’a tellement de cas de méprises à Québec où des projets de repeindre une façade se sont terminés en murales. Pourquoi ne pas éviter tout ordre professionnel et y aller avec quelque chose de nouveau comme “Grand Manitou de l’information”? Si ça ne marche pas, il ne te restera qu’à partir une secte des “Architectes de l’information” et te protéger sous la Charte des droits et libertés. La liberté de religion devrait primer sur un nom enregistré. Et qui sait, tu pourrais même finir par sauver de l’impôt ;-)
Ils sont vraiment nuls ces gens de l’Association des Architectes en Pratique privée du Québec.
Pas de danger que quelqu’un m’appelle pour construire un cabanon ou une niche à chien et que je vole un contrat en bâtiment à des Architectes en pratique privée. J’ai des sites ouebes à concevoir moa.
Ooops! j’ai écrit le mot “bâtiment” et j’ai peut-être pas le droit de le faire?! Je dois appeler sans tarder cette association pour valider la légalité de la chose… avec le formulaire normalisé 3209438-086… en trois copies…
PS : tu peux mettre Desjardins dans la liste. On a tellement d’architectes organique, d’architectes d’affaires etc. que le débât va nous frapper tôt ou tard. J’en ai glissé un mot au juridique ici et on s’en reparle. Mais non, je ne pense pas que tu es seul là-dedans.
Ah, le corporatisme! Les ordres professionnels sont supposés exister d’abord et avant tout pour protéger le public… pas pour défendre les petits intérêts égocentriques de leurs membres! C’est d’un ridicule!
Mais pour poursuivre dans le ridicule… Je te propose deux suggestions pour ton nouveau titre de fonction : squelette informationnel (ne parle-t-on pas un peu de l’ossature d’un site Web?) ou encore charpentier de l’information (tiens, ça s’approche de ton nom en plus… et tu pourrais même passer pour le “Jésus” de l’information! Mais là tu pourrais aussi avoir tous les charpentiers sur le dos). Décidément, pas facile… Bonne chance! ;)
Arboriculteur informationnel ? (jardin zen-go)
Pour être efficace dans sa démarche, L’Ordre devrait s’en prendre au gouvernement pour qu’il n’ait plus le droit de faire des appels d’offres”architecte informationnel”.
Bonsoir Michel (bonsoir, bonjour, tu as un système de détection de décalage horaire ?),
Moi, j’intreviens en tant que [censuré]grand maître Jedi[/censuré] informationnel.
Il a été congelé 1000 ans ton [censuré]grand maître Jedi[/censuré] ou quoi ?
Le bonjour des Pyrénées !
Euh… je suis tout seul ici qui comprend le principe de l’ordre des architectes du Québec? Vous savez un architecte de bâtiment ne fait pas juste concevoir des plans, il doit BIEN les concevoir sous peine de se faire bannir de son ordre. C’est comme les ingénieurs. Personne ne peut s’appeler ingénieur sauf ceux qui font partie de l’ordre des ingénieurs du Québec. On est donc sûr que si quelqu’un est un ingénieur ou architecte il aura une responsabilité envers son travail.
C’est sûr que personne ne confondra le job de Michael avec celui d’un vrai architecte, mais ce n’est pas ça que la loi visait au départ. C’était pour protéger le public de Joe le gars croche qui met “Architecte” dans son titre pour leurrer les clients crédules et leur vendre des plans pour lesquels il n’y a aucune garantie de fiabilité. Le cas de Michael est plus un effet secondaire indésirable qu’un objectif final fixé par un groupe d’architecte belliqueux qui voulait faire suer tout le monde.
Est-ce que la loi aurait pu être mieux faites? Certainement. Est-ce que le terme architecte est trop général pour pouvoir vraiment être facilement modifié? C’est sûr. Est-ce qu’on a absolument de réserver le terme architecte? Sûrement pas.
Mais le but, je le répète, c’est que quand je vais voir un architecte en batiment pour me faire des plan, je puisse avoir confiance que ma futur maison ne s’effondra pas au bout de 2 ans. Bref, protéger les gens en leur assurant que les gens avec qui ils font affaires ont une responsabilité envers leur travail et qu’ils ont les compétences pour l’effectuer. Et non pas, contrairement à ce qui semble être sous-entendu, satisfaire l’ego de deux-trois architecte qui veulent réserver le terme pour eux.
Je sais que c’est idiot, mais si ça peut faire en sorte que les ponts ne s’effondrent pas, au final je trouve que ça vaut bien quelques grincements de dents.
Laurent, je suis à 100% d’accord avec ton commentaire. C’est pourquoi j’ai spécifié, d’ailleurs “Je comprends la volonté des architectes de protéger leur titre, qui est légitime, et qui désigne une expertise pointue.”
Ce que je déplore, c’est notamment le ton qui est utilisé dans leur façon de communiquer avec les “fautifs”, qui était arrogant et même agressif. Jamais je n’ai senti la moindre ouverture à comprendre pourquoi il pouvait sembler légitime pour nous d’utiliser les termes “architecture de l’information”.
Même si le seul titre d’architecte est protégé, mon interlocuteur a très mal réagi à ma question qui concernait l’utilisation du terme “architecture”. Il ne faut tout de même pas exagérer sur le pain béni comme disait l’ancêtre… ;)
Y’a pas d’Ordres ni de bague d’ingénieur dans les autres pays et les ponts ne s’y effondrent pas plus. Ca fait pratique moyennageuse quand même. Quoiqu’il y a un Ordre des médecins en Vieille France je crois. Ca rejoint un peu la problématique de la déontologie journalistique dont parle michelleblanc.com en ce moment.
C’est sûr que quand on s’arrange pour se mettre tout le monde à dos, ça n’aide pas notre cause ^^. À être un architecte, je dirais au monsieur d’être plus gentil. Personnellement je trouve que l’idée de réserver le terme architecte tout nu est un peu bizarre. Architecte en bâtiment, me semble que ça satisferais tout le monde.
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[...] [...]
Y a-t-il préjudice ?
Des architectes ont-ils perdu des contrats ?
Le mot information déjà informe du contexte.
Un architecte n’a pas à spécifier qu’il est architecte en bâtiment.
C’est un truisme, une tautologie.
Je ne comprend ni le problème… ni la source
Pourquoi ce dogme?
[...] suis un architecte d’informations, hrmm, excusez-moi, je suis un conseiller en architecture [...]
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