Consultations prébudgétaires du gouvernement du Québec: un pas en avant!

Par souci de transparence, je mets de l’avant tout de suite le fait que j’ai participé au projet de consultations prébudgétaires du gouvernement du Québec. J’ai agi à titre de conseiller/architecte informationnel, de concert avec la direction des communications du ministère des Finances, pour créer en quelques jours ce questionnaire en ligne visant à donner un peu plus d’espace à l’opinion du public.

Consultations prébudgétaires du Gouvernement du Québec

Mes antennes “web 2.0″ me rapportent pour le moment une réception plus positive qu’autre chose de la part des acteurs du Web (par exemple…). Ce que je décode, pour le moment, c’est que les gens sont contents de constater une certaine ouverture du gouvernement quant à l’utilisation du Web pour consulter les citoyens à propos des affaires publiques, mais déplorent que cette ouverture ne soit pas plus grande.

Ce que j’ai envie de vous dire, c’est ceci:

  • Message reçu. Et mes yeux/oreilles sont encore ouverts. Il me reste d’ailleurs à rédiger un rapport sur ce qui aurait pu être fait, et j’aurai bien sûr grand plaisir à y inclure les réflexions pertinentes que j’aurai pu glaner sur le Web collaboratif d’ici là.
  • Tout le monde est conscient qu’il reste du chemin à faire, mais il faut savoir choisir ses batailles. Une étape à la fois. Le nombre de participations et les commentaires reçus seront garants de la volonté du ministère d’aller plus loin avec ce genre d’initiative. Vous en voulez plus? Participez!
  • J’ai lu que les choix de réponses ne sont pas idéaux pour une réelle consultation. Je comprends ce point de vue. Nous nous sommes battus très fort pour obtenir les champs textes à la fin de chaque question. Servez-vous en pour vous exprimer, vous serez lus, je vous le garantis! Encore une fois, une bataille à la fois, et un pas en avant vaut mieux que de rester immobile.

Entre les idées initiales du client, les notres et ce qui est en ligne, il y a un monde de différences qui s’expliquent par la complexité des enjeux gouvernementaux, et les délais TRÈS serrés de réalisation. Vos commentaires constructifs à propos de cette initiative seraient donc appréciés…

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21 commentaires ↓

#1 Denis le 02.16.09 à 16:29

Cool, comme tu dis : “un bon pas” On commence à sentir un vent de changement… toutes ces efforts de prêche ne seront peut-être pas inutile finalement…

#2 Jean-François Petit le 02.16.09 à 18:03

Cher Michael,

Je sais que tu n’es pas responsable des contenus, et je ne peux certainement pas te blâmer d’avoir choisi de participer à ce projet (faut bien payer le loyer). Mais je profite de la tribune que tu nous offres pour exprimer mon opinion personnelle.

Je suis de ceux qui ne croient pas que ce genre de consultation ait une valeur quelconque pour des décideurs. Pas que je ne crois pas en l’intelligence de mes concitoyens ou à la valeur de sondages biens faits. Mais il ne faut pas confondre intelligence et compétence. La complexité des enjeux auxquels on fait face est énorme, le monde entier est aux prise avec une crise sans précédent et on me demande avec tout le sérieux du monde d’indiquer ma préférence entre “La signature d’une entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des compétences des travailleurs qualifiés” ou “La mise en œuvre complète de l’Accord sur le commerce intérieur avec les autres provinces et particulièrement au chapitre de la mobilité de la main-d’œuvre”.

Le fait d’utiliser le Web pour créer un espace de consultation ne libère pas les concepteurs du devoir de clarté et du choix approprié du niveau de complexité. La conception générale et la formulation des questions et des réponses me laisse plutôt l’impression suivante: cette consultation est en fait une campagne de communication de type RP déguisée dont le but est non pas d’avoir notre avis, mais bien de présenter positivement le bilan du gouvernement. C’est habile, mais le jupon dépasse tellement, que c’est difficile de ne pas le voir.

#3 Michael le 02.16.09 à 18:11

Merci Jean-François pour ta sincérité.

Qu’aurais-tu souhaité de différent? Je comprends que tu trouves les questions trop complexes (mon point de vue est assez près du tien à ce sujet), mais quoi d’autre?

#4 Denis le 02.16.09 à 20:15

Salut Jean-Francois,

pour le vivre au quotidien depuis quelques années ; je réitère qu’il s’agit ici “d’un bon pas” ; Nos politiciens ne communiqueront jamais assez. Ici l’utilisation de la vidéo et l’ouverture de commentaires sont des pas dans la bonne direction. Comme le mentionne Michael :”Entre les idées initiales du client, les notres et ce qui est en ligne, il y a un monde de différences qui s’expliquent par la complexité des enjeux gouvernementaux” Je n’ai pas participé à ce projet, mais, pour travailler à 80% de mon quotidien dans un contexte gouvernemental, je comprends parfaitement cet énoncé… Il y a dernièrement, au gouv, une ouverture que nous ne percevions pas il y a de cela quelques mois… Obama, évangélisation, rajeunissement de la fonction publique? Peut-être les trois… quoi qu’il en soit, je te comprends d’être désabusé face au manque d’authenticité de nos politiciens. Croire qu’il n’y a aucunement de RP là-dedans serait naïf… selon toi les campagnes “2.0″ sont désintéressées?

Non, ici, on sent que sa bouge… bravo

#5 Yves Williams le 02.17.09 à 1:56

Désolé Michael de ne pas partager ton enthousiasme face à cette consultation. Et là ce n’est pas le gars de techno qui te dit cela mais le citoyen et aussi le sociologue qui sommeille toujours en moi (c’est mon premier métier).

J’ai bien voulu participer à cette consultation. De toute bonne foi. Mais les questions semblent tellement dirigées pour nous faire endosser certaines décisions que le gouvernement prendra, que j’ai dû m’arrêter.

Pire encore pour certaines questions, on n’a aucun autre choix que d’accepter les propositions énoncées pour poursuivre la consultation; même pas la possibilité de skiper ou de répondre « autre ». Par exemple, à la question 3, on doit non seulement endosser les priorités énoncées, mais en plus on doit les classer selon nos préférences. Or que se passe-t-il si on n’est pas d’accord avec les points énoncés ? Soit on s’arrête, soit on répond quand même (avec des réponses qui ne veulent plus rien dire) .

L’exercice m’apparaît comme un simple exercice de relations publiques sous des allures de consultation. Et un exercice même pas subtil.

Ma consolation, c’est que de voir que la réalisation est très bien faîte. Dommage que votre client n’ait pas joué le jeu d’une véritable consultation. Peut-être que la prochaine fois vous réussirez à le convaincre.

#6 Sylvain Carle le 02.17.09 à 10:32

@Yves je suis bien d’accord avec toi sur le fond, mais je ne crois pas que c’est à l’équipe de communication web de convaincre un client sur son message et son processus, si ça ne vient pas du noyau toute tentative de déraillement (par la forme) ne sert à rien (c’est ce que tu sembles dire, je n’étais juste pas d’accord avec ta dernière phrase).

#7 Christian Aubry le 02.17.09 à 10:33

Le point que soulèvent Eric et Yves est important. Il indique que la technologie n’est qu’un outil au service de nos objectifs humains et qu’elle est tributaire de nos intentions.

Ouvrir un blogue, cela ne sert à rien si l’on n’est pas prêt à ouvrir sa conscience en même temps, ainsi qu’un véritable dialogue avec nos visiteurs. De la même manière, un sondage trop directif, qu’il soit réalisé en ligne ou hors ligne, reste un sondage biaisé. Il ne sert alors qu’à valider artificiellement les préjugés de ses concepteurs et génère plus de frustration que de satisfaction.

Bref, ce ne sont pas seulement les TI qu’il faut faire avancer au gouvernement, mais bien les mentalités et les attitudes. « The world has changed, a récemment martelé Barack Obama, and we must change with it. »

#8 Geneviève le 02.17.09 à 11:07

Un beau petit sondage où pas un chat ira y répondre (selon moi)… Des questions et des réponses toutes “cannées”. On veut se mettre un brin techno (ouhlalala comme Obama) et se laver les mains en disant qu’on a consulté les citoyens. Bref, c’est de l’argent perdu selon moi. Il faut augmenter d’un niveau et donner “vraiment” la place aux citoyens…

#9 Geneviève le 02.17.09 à 11:34

Mais bon, c’est le client qui a décidé et qui est dur d’oreille. C’est toujours comme ça… Ne t’en fais donc pas ;)

#10 Elaine L. le 02.17.09 à 11:58

Moi j’aimerais savoir pourquoi on reçoit les vocables des choix de réponses en Anglais lorsqu’on a demandé de recevoir ces dernières par courriel ?

#11 Michael le 02.17.09 à 20:25

Elaine: Je vais vérifier ça avec l’équipe qui a développé demain.

Geneviève: Faudrait pas exagérer tout de même… :)

Tu seras surprise d’apprendre que plusieurs centaines de participants ont déjà rempli le formulaire. Il faut croire qu’il y a des gens qui ne sont peut-être pas d’accord avec toi. Cependant, je décode de ton commentaire que tu aurais apprécié plus d’ouverture. Message reçu.

Pour les autres…

Comme je le disais dans le billet, nous sommes conscients, et le client aussi, des limites de ce premier essai. Rome ne s’étant pas bâtie en un jour, je suis néanmoins confiant que la prochaine version sera meilleure.

Malgré le cynisme de certaines réactions (ce que je peux aussi comprendre), j’aimerais vous convaincre qu’il y a une réelle volonté d’ouverture de la part de l’équipe des communications du ministère. Tout ce qui est présentement reproché a été discuté avant même que la consultation ne soit en ligne. Les points faibles étaient connus, et tout le monde a essayé d’améliorer les choses autant que possible dans le contexte actuel. Évidemment, les délais et les contraintes inhérentes à une première expérience de ce type ont amené des décisions pas toujours populaires, mais compréhensibles dans le contexte.

Je vous remercie donc de vos commentaires, les bons comme les mauvais. Le client aussi d’ailleurs, il est passé ici à quelques reprises aujourd’hui. Nous en tiendrons compte pour l’avenir.

Un petit truc qui me chicote cependant, et là c’est moi qui parle et non le client: ayant déjà mentionné que tout n’est pas parfait (loin de là), il faudrait tout de même laisser la chance au coureur. C’est pour ce genre d’organisation une première expérience, et si à chaque fois qu’un pas dans la bonne direction est fait ils reçoivent une volée de bois vert, je ne suis pas sûr qu’ils auront envie de poursuivre.

Restons critiques, mais essayons d’éviter le cynisme. Le Web n’est pas une évidence pour tout le monde, et la participation à date nous laisse voir qu’en dehors de la blogosphère, il y a des citoyens qui ont envie de continuer dans cette voie. Je suis moi-même un critique parfois acerbe, mais j’essaie tout de même de respecter les progrès accomplis quand il y en a. Comme le dit le titre de ce billet, il s’agit là d’un pas en avant, et non de la ligne d’arrivée.

Encore une fois, merci d’avoir pris le temps de partager vos impressions!

#12 Christian Aubry le 02.17.09 à 20:54

Chaque pas est une victoire, comme disait Lao Tseu. ;) C’est tout à fait exact et tu es mieux placé que nous pour en juger.

Si les intentions, comme tu l’affirmes, sont bonnes, le citoyen critique (il en faut!) en jugera par l’exploitation administrative et politique qui sera faite de ce sondage.

* Si l’on s’en sert pour claironner une demi-vérité de façon fallacieuse, sans précision sur la méthodologie employée, l’intention se révèlera condamnable, Internet ou pas.
* Si l’on adopte un profil plus humble, si l’on améliore l’orentation du contenu du prochain sondage, alors on sera effectivement sur la bonne voie.

Est-ce du cynisme, ça?

#13 Michael le 02.17.09 à 21:21

Ce n’est que du bon sens, il n’y a aucun cynisme dans ça! :)

#14 Le client le 02.18.09 à 12:04

Bonjour,

Quelques mots du client qui lit avec grand intérêt tout ce qui s’écrit sur le sujet.

Nous sommes pleinement conscients que l’exercice n’est pas parfait. Mais nous sommes néanmoins très satisfaits du résultat final. Ceci étant, ce n’est pas un sondage mais une consultation.

Le questionnaire est parfois dirigé mais c’est volontaire. L’objectif n’est pas de faire croire aux citoyens qu’ils vont pouvoir écrire de A à Z le budget qui sera déposé dans quelques semaines. Si nous voulons réellement utiliser les données tirées de cet exercice, il faut en baliser la teneur. C’est ce que nous avons fait.

Le questionnaire laisse néanmoins une grande place aux commentaires, ce qui est pour nous une première. Cela nous demande un travail important puisque chaque commentaire doit pouvoir être analysé et traité avant d’être véhiculé aux décideurs.

Quant à la complexité de certaines questions, j’avoue être sensible sur ce point. Nous formulerons des recommandations à cet égard pour la prochaine consultation.

Je comprends néanmoins certaines des réserves exprimées et je continuerai de lire attentivement tout ce qui s’écrit sur le sujet.

Quant au cynisme, j’en suis aujourd’hui immunisé. Sinon, il me faudrait changer de métier !

Jérôme Thibaudeau
Directeur des communications
Ministère des Finances du Québec

#15 Michael le 02.18.09 à 19:19

Je vous l’avais dit qu’ils étaient pleins de bon sens ces gens! :)

#16 Julie Fortin le 02.19.09 à 8:53

Je viens tout juste de faire l’exercice de consultation. Techniquement, c’est bien fait, bravo Michaël. Toutefois, je suis d’accord avec la majorité des critiques constructives émises dans les précédents commentaires (en particulier ceux de Jean-François, Yves et Christian).

La grande question que je me pose est : qui est le public ciblé par cette consultation? Vois-tu, je me considère assez instruite ;) et plutôt au courant des enjeux économiques et gouvernementaux. Or, certaines questions sont particulièrement complexes… Saviez-vous qu’en 2003, la proportion de la population québécoise âgée de 16 à 65 ans qui atteignait ou dépassait le seuil de compétence jugé nécessaire pour fonctionner dans la société actuelle était d’environ 51 % en compréhension de textes suivis? C’est du moins ce que révèle une enquête gouvernementale (!) sur l’alphabétisation. Qui donc réussira à donner des réponses utilisables à cette consultation? Est-on intéressé uniquement par le point de vue d’un groupuscule? Ce qui m’inquiète le plus, c’est ce qu’on fera de ces réponses… Quelle part de la population sera vraiment représentée dans cette consultation?

Je sais qu’il ne s’agit pas d’un sondage mais plutôt d’une consultation. Il n’en demeure pas moins que l’outil prend la forme d’un questionnaire. Il y a des règles de base dans la construction de tout questionnaire et d’autres qui s’appliquent spécifiquement à la construction de questionnaires Web (le seul fait, par exemple, d’inclure un choix “je ne sais pas” aurait grandement amélioré la crédibilité de la consultation).

Tout ça pour dire que, oui, c’est un pas dans la bonne direction. Mais le prochain exercice pourrait être facilement bonifié par la simple application de quelques règles de base…

#17 Olivier le 02.19.09 à 18:48

Le PDF exacerbe la rigidité du projet. Il semble plus être conçu comme une origine amenant sur ce site, via email par exemple, qu’une destination.

#18 Le client le 02.19.09 à 21:25

Je suis d’accord quant au niveau de complexité de certaines questions. Mais bon, même le client n’a pas toujours le dernier mot…

Quant au pdf, c’est un document d’accompagnement qui est facultatif. Au départ, c’était un Powerpoint. On a opté pour le transformer en pdf.

L’an prochain, on fera mieux..

Merci de vos commentaires !

Jérôme Thibaudeau
Directeur des communications
Ministère des Finances du Québec

#19 Anne-Marie Provost le 03.09.09 à 11:57

Pour le client : http://danslinternet.wordpress.com/2009/03/09 /culture-participative/

#20 yveswilliams.com » » La consultation Internet comme auto-justification le 03.20.09 à 11:58

[...] Plusieurs, dont moi, avaient critiqué la démarche employée. On peut lire une partie du débat parmi les commentaires de ce billet sur le site de Michael Carpentier. [...]

#21 Sébastien le 10.14.09 à 10:59

Une fois la consultation terminée, il aurait été intéressant de donner accès aux résultats aux citoyens, à tout le moins de façon agrégée. Qu’est-ce qui l’empêche?

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