Partis politiques sur le Web: réponse à mon ami Mario.

MAJ: que ceux qui disent que les critiques du milieu du Web ne proposent rien de positif et ne font que râler, je vous suggère de lire les commentaires suite au billet sur “Chroniques blondes”. Vous vous raviserez.

Mon collègue et ami Mario Asselin, intéressé à la politique et au Web et dont l’opinion éclairée à ces sujets est toujours réfléchie, a hier soir fait une sortie contre l’attitude des spécialistes du Web envers les partis politiques québécois. Et je me permets d’être en désaccord avec sa façon de voir les choses.

Il semble que le PQ soit capable d’apprendre, même sans gants blancs: à preuve, ce rapport interne qui a été commandé et utilisé par le PQ pour mettre sa campagne sur pied. Pour la subtilité et la gentillesse, on repassera. Mais des fois, appeler un chat un chat peut être utile…

Mario, tu me pardonneras de garder ma réponse pour mon blogue, mais je la trouvais trop longue et trop personnelle pour s’inscrire dans un commentaire à la suite de ton billet.

Mario,

Je comprends et je respecte ton désir d’enseigner, d’encadrer et d’accompagner. Si tu voulais te positionner comme le consultant rassurant et surtout gentil, tu ne ferais pas mieux… :)

Cependant, j’abonde dans le sens de la plupart des nos semblables dans l’industrie: assez, c’est assez. Nous sommes en 2008, une présence simplement correcte sur le Web n’est plus un luxe ni une innovation. Les partis politiques utilisent des approches conservatrices (excusez le mauvais jeu de mots), je le comprends. On ne souhaite pas courir de risque lors d’élections. Cependant, ce n’est pas comme si le Web était une nouveauté dénuée de bonnes pratiques ou que les experts du domaine étaient rares. Les ressources existent, et sont accessibles. Bien que plusieurs entreprises tirent de la patte sur le Web, d’autres comprennent et agissent. Pourquoi les partis politiques tardent-ils tant à faire de même?

Autant j’enrage quand le gouvernement traite les citoyens comme des imbéciles avec des mesures infantilisantes, autant j’enrage quand les jugements envers les partis politiques sont décriés parce que “trop durs”. Ce ne sont pas des enfants, et je crois que le problème ici n’en est pas un d’adoption des technologies ou de coûts: c’est un problème de manque d’écoute. D’attitude arrogante et de fermeture à ce qui ne vient pas de la base militante, habituée à poser des pancartes et à animer des soirées partisanes. Je suis pourtant persuadé que plusieurs militants sont sensibles au Web, mais se font “tasser” dès que les choses sérieuses commencent.

Quand on investira 25% du montant dépensé en pancartes sur le Web, on pourra se plaindre avec crédibilité du manque de moyens financiers des partis. Quand je vois mon quartier défiguré par autant de pancartes horribles qui n’auront aucun impact positif sur moi, et sur beaucoup d’autres d’ailleurs, je ne peux écouter qu’avec cynisme les responsables des communications des partis politiques se plaindre du manque de moyens dont ils souffrent pour leurs initiatives Web mièvres et malhabiles.

Quand les partis politiques seront prêts à payer pour obtenir des conseils au lieu d’écouter des agences de communications ou de relations publiques leur donner de conseils “gratuits” à propos du Web, je pourrai écouter sans cynisme leurs lamentations sur la difficulté à ne pas improviser. Je ne pense pas que les partis politiques obtiennent gratuitement leurs autobus de tournée, l’essence qu’ils mettent dedans, l’avion qu’ils utilisent, les matériaux dont sont fabriquées les pancartes, le temps de publicité acheté à la télévision ou les pages dans les journaux. Pourtant, en matière de conseil Web, ils s’attendent encore à ce que des agences les conseillent “gratuitement”. De manière absolument désintéressée, bien sûr, nous en sommes tous convaincus… Et les responsables des partis se surprennent ensuite des mauvais résultats, et du fait que les spécialistes du domaine leur tombent dessus…

Quand les partis politiques comprendront que l’innovation et la réussite sur le Web ne vient pas seulement avec l’argent mais plutôt avec l’ouverture, que les campagnes de bannières sur les sites des grands médias rapportent moins qu’un blogue officiel bien positionné depuis 4 ans, qu’un wiki destiné à la consultation publique coûte moins cher que des “focus groups” dont l’animateur voyage en avion d’une région à l’autre et qu’un site Web accessible, esthétique, indexable, ergonomique et convaincant ne coûte PAS plus cher qu’un site pourri quand on choisit de s’entourer des bonnes personnes, je serai moins cynique envers les partis politiques.

Tu remarques que les spécialistes du Web tombent à bras raccourcis sur les initiatives Web des partis politiques, et cela semble te décevoir. Pourtant, ce n’est pas comme si ces mêmes spécialistes étaient inaccessibles entre les élections, et que les bonnes pratiques minimales du Web étaient de grands mystères. La documentation existe. Les passionnés sont là, disponibles, tout le temps qui passe entre les élections. Et tout à coup, 10 jours avant l’élection, on se réveille et on se défend en disant qu’il est difficile de faire mieux “parce qu’on a été forcé d’improviser”, dixit le twitter du PQ (voir plus bas). Quand les partis politiques souhaiteront dialoguer avec les citoyens et non seulement leurs militants en dehors des 33 jours d’élections, je serai moins cynique envers eux.

Quand les partis politiques qui daignent utiliser le Web le feront sans utiliser le même ton arrogant et condescendant qu’ils le font en situation de diffusion (et non de discussion), peut-être que je serai moins cynique envers eux.

J’ai pris quelques minutes pour rassembler certains extraits du fil Twitter du PQ (un autre parti ne ferait pas mieux, les idées exprimées ici ne sont pas partisanes) afin de montrer à quel point les responsables des communications des partis n’utilisent pas le Web pour discuter, mais plutôt pour donner des leçons, et sont déconnectés de la perception des gens à leur propos:

Message de Éric Baillargeon: Mais pour quelques jours c’est plutôt MOI qu’ils trouveront ;-) http://tinyurl.com/5qf2zy
Réponse du twitter du PQ: entre les élections, les gens savent comment nous trouver. En campagne, c’est différent et concentré sur quelques enjeux.

Mon commentaire: toujours ce sentiment qu’entre les élections, le Web n’est pas nécessaire. “Les gens savent comment nous trouver”. Évidemment, puisque vous êtes le centre du monde…

Message de Patricia Tessier: Peut-être que le courrier c’est comme le blogue on s’en occupe uniquement durant la campagne électorale!
Réponse du twitter du PQ: Pourquoi êtes-vous autant de mauvaise foi ? Le Parti Québécois s’est bien débrouillé jusqu’ici sur le plan technologique.

Mon commentaire: Le PQ s’est jusqu’ici bien débrouillé sur le plan technologique? Est-ce que vous le pensez vraiment et si oui, je comprends donc que les opinions exprimées sur le Web depuis quelques jours par les spécialistes du domaine ne sont que foutaises? Et d’accuser de mauvaise foi une personne qui fait des remarques fondées (et tente de contribuer de superbe façon à bâtir un Québec plus numérique) ne me semble pas faire preuve d’une très grande ouverture, ni que vous êtes conscient de la pente que les partis politiques ont à remonter dans notre estime…

Message de Michelle Blanc: c’est une preuve d’improvisation.
Le twitter du PQ: Nous défions qui que ce soit de mettre en branle une campagne en aussi peu de temps sans improviser quelque part.

Mon commentaire: Ça, c’est mon préféré. C’est vrai qu’entre les élections, vous n’avez pas le temps de vous occuper du Web, ni les moyens. Dites-moi, les pancartes, vous les improvisez aussi? Les sorties télévisées, improvisées elles aussi? Le slogan, improvisé? Le choix des candidats, improvisé? Pourtant, vous étiez aussi pressés par le temps pour tout ça, non?

Réponse du twitter du PQ suite à un message de Michel Dumais: À moins que nous nous trompions, les convertis ne sont pas si nombreux que ça en technologies. Plusieurs sont indifférents.

Mon commentaire: Ayoye. Comme ça, les nerds sont indifférents à la politique? Qui vous suit sur Twitter alors? Ma mère vous croyez?

Réponses à Yves William, qui demande pourquoi le Twitter du PQ a un ton aussi “officiel” et froid :

  • Parce que nous souscrivons à la vision de Pauline Marois et de son équipe et que nous ne sommes pas là pour leur voler le show.
  • les partis ont des porte-paroles officiels qui donnent la réponse de la bouche du cheval. Ce n’est pas notre rôle.

Mon commentaire: Alors si je comprend bien, vous êtes le twitter officiel du parti, mais pas un porte-parole? Et vous ne souhaitez pas voler le show à l’équipe de Pauline Marois. Vous n’en faites donc pas partie? Les “vrais” porte-parole ne sont pas sur le Web? Vous êtes quoi alors?

Qui est cynique en fin de compte?

Et après ça, on dira que c’est nous les cyniques? Je pensais l’être, mais je constate que les cyniques ne sont pas du bord que tu sembles viser Mario…

Je pense que je viens de m’assurer de ne pas faire de consultation pour les partis politiques pour un bon bout de temps… Je m’en remettrai.

PS: Je ne publierai AUCUN commentaire partisan à la suite de ce billet, peu importe votre allégeance politique.

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22 commentaires ↓

#1 Genevieve le 11.07.08 à 13:20

Wow. Je n’aurais pas mieux dit!

#2 Mario Asselin le 11.07.08 à 14:17

Merci d’avoir pris le temps de cette réaction Michael.

Je ne juge pas ton cynisme, c’est là, ça t’appartient. Je suis du genre «quand c’est assez, ça ne marchera pas avec beaucoup plus de la même chose». Déformation professionnelle…

S’il m’avait fallu crier plus fort pour que j’obtienne les résultats désirés, je n’aurais plus de voix aujourd’hui ;-)

Cela dit, je te sais constructif et ta remarque à propos du billet de Geneviève est vraie.

L’essentiel de mon message consiste simplement à choisir de regarder les politiques comme ils sont et non comme on voudrait qu’ils soient. Je veux changer la donne et je crois que toi aussi tu veux que ça change. On se rejoint là-dessus, il me semble… Nos stratégies peuvent différer. Je vis très confortablement avec la diversité des opinions et je ne te lâcherai pas sur le fait qu’en ne documentant que des contre-exemples faciles à saisir pour les médias traditionnels qui n’attendent que ça, on risque d’aller moins rapidement que si on équilibre avec des explications accessibles et des perches tendues pour qui veut bien les saisir.

Je propose de ne pas couper les ponts comme tu le présumes avec tes dernières lignes… La porte doit rester ouverte, à tes conditions, je veux bien, mais dans l’esprit où tu ne peux invoquer que si tu l’as dit, ils doivent bien l’avoir compris… L’information est invisible en ce moment pour des gens qui réfléchissent dans un autre univers que le tiens (et le mien). Ils ne décode pas, tout simplement. Même si tu gueules, ils ne voient que tes lèvres bouger et ta couleur changer… Ils se retournent et reviennent vers les agences qui ont l’air bien sympathiques avec leur beaux ascenseurs qui les sécurisent. Tu vois ce que je veux dire?

Je veux choisir le changement. Avec des gars comme toi… juste un petit peu moins hostile quand il rencontre ce qui lui apparaît être la bêtise.

On en reparle…

#3 Michelle Blanc le 11.07.08 à 15:09

Tres bel argumentaire et j’aimerais aussi rappeler que les blogueurs et les twitereurs ne font pas que chialer. Ils partagent aussi une mine d’information sur ce qu’a fait Obama, Sarkozy et les autres innovants du Web politique. Ils décortiquent en profondeur comment ils l’ont fait. Ils discutent intelligemment des philosophies communicationnelles sous-jacentes. Ils avancent les statistiques qui montrent le chemin, le besoin et le fossé béant qui reste à combler. Ils donnent leur savoir et le documente d’une manière impressionnante. Faudrait peut-être qu’à un moment donné, les partis s’y intéressent. Tout est là et tout est gratuit. La fonction didactique dont rêve Mario est déjà surdocumentée. Faudrait juste à un moment donné qu’ils se bottent le cul eux-mêmes…

#4 Mario Asselin le 11.07.08 à 15:53

Michelle… personne ne dit que vous n’êtes pas généreux.

Je dis juste que de ne jouer qu’à les planter ne sert aucune cause (que la vôtre) pour qui veut que ça change vraiment.

Que ça vous fasse du bien… tant mieux pour vous.

Les politiciens cherchent à rejoindre le monde bien plus que vous ne le laissez supposer.

Si dans la vie, il ne s’agit simplement que de se botter le cul, je comprends que la responsabilité est toujours du seul côté de celui qui ne comprend pas votre vision du monde.

C’est vrai que c’est simple… Tout est là, ils n’ont qu’à lire/écouter/comprendre.

Pourtant, toi Michelle, tu sais que la vie n’est jamais si simple!

Le monde du Web a besoin de tous les «passeurs», tous les «relayeurs» disponibles dont ceux qui se souviennent comment c’est parfois difficile d’apprendre. Vous en faites partie, je suis certain!

#5 Michael le 11.07.08 à 17:15

Personne ne dit que c’est simple Mario.

Ce que je dis, ce n’est pas que les erreurs des partis politiques sur le Web sont catastrophiques. C’est que leurs excuses pour faire ces erreurs sont dépassées, qu’ils ne semblent pas apprendre de ces erreurs, ou alors le font plus lentement que la moyenne. Et qu’en utilisant des excuses aussi mauvaises que les leurs, on pourrait croire qu’ils nous prennent pour des imbéciles.

Éduquer, c’est bien. Peut-être alors que l’élève devrait se présenter aux cours un peu avant les 33 jours de la campagne électorale. Il se passe qqch aussi entre deux élections…

#6 Genevieve le 11.08.08 à 9:00

Là où je rejoins tout à fait Mario, c’est quand il dit:

“L’information est invisible en ce moment pour des gens qui réfléchissent dans un autre univers que le tiens (et le mien). Ils ne décode pas, tout simplement. Même si tu gueules, ils ne voient que tes lèvres bouger et ta couleur changer… Ils se retournent et reviennent vers les agences qui ont l’air bien sympathiques avec leur beaux ascenseurs qui les sécurisent. Tu vois ce que je veux dire”?

C’est exactement comme dans le monde la télévision traditionnelle. Une abstraction. Oui, oui, le Web révolutionne. Ils l’acceptent à un niveau théorique. Mais ça ne s’incarne pas dans leur quotidien.

Il leur faudrait un stage de trois jours intensifs dans une auberge loin loin de la ville (pour paraphraser Boule Noire). Avec des mots simples. Pas de “wiki, feed, rss, open source” et autre vocabulaire d’initiés.

Il faut utiliser un vocabulaire qu’ils connaissent déjà. Facile à comprendre immédiatement, leur disque dur étant déjà surchargé d’informations. Revenir au “sujet, verbe, complément”. On s’adresse ici à des gens en manque de sommeil chronique.

Là dessus, les pros du web ont un véritable effort pédagogique à faire.

Bon, là dessus, je vous embrasse et je vais rencontrer un candidat!

#7 Michael le 11.08.08 à 13:16

Je suis absolument d’accord. Les nerds comme nous parlent trop souvent un langage d’initiés.

Mais il y a parmi nous de très bons vulgarisateurs. Mario en est un, et il donne des conférences régulièrement. J’ai aussi cette prétention, et souvent les gens me disent à quel point ces concepts sont simples lorsque bien expliqués, avec des mots humains.

Cependant, ces gens ont quelques caractéristiques communes: ils prennent le temps, lorsqu’ils l’ont, pour se renseigner. Ils sont curieux. Ils sont ouverts aux nouveautés.

Si c’est le rôle de l’enseignant que de bien communiquer, c’est le rôle de l’apprenant que d’être au moins curieux et dans de bonnes dispositions d’esprit pour apprendre. Sinon, c’est enlever toute responsabilité à celui qui veut supposément apprendre. Il y a une limite à se déresponsabiliser…

Peut-être que les politiciens devraient prendre plus de temps, entre 2 élections, pour se mettre au courant. Et réaliser qu’une présence Web efficace ne se créée par en 33 jours, surtout si on la laisse mourir ensuite pour essayer de tout recréer, 4 ans plus tard, dans les mêmes mauvaises conditions…

#8 Clément Laberge le 11.09.08 à 16:06

Je me permettrai une hypothèse additionnelle pour expliquer le retard relatif des partis politiques québécois face au numérique. Par delà les « c’est ta faute, non c’est la sienne ».

Y a-t-il des « pros du web » qui se sont montré prêts, jusqu’à présent, à s’engager personnellement, intensivement, sur une longue durée (plus que les 33 jours dont parle Michaël) avec un parti politique? Est-ce qu’il y a des pros du web assez convaincu par une cause défendue par un parti politique pour y investir du temps, beaucoup de temps, pendant plus d’une année — payé ou non pour le faire?

Des « pros du Web » qui pourraient devenir des insiders, avoir la confiance des hautes instances des partis?

Parce qu’il y en a de ces gens dans les agences de communication dont vous décriez l’approche;

Parce qu’il y en avait avec Sarkozy, plusieurs;

Parce qu’il y en avait avec Obama, c’est du moins ce qu’on peut lire.

Et nous? Ici. Y en a-t-il?

Trop plates, les programmes? Pas assez mobilisateurs? On aurait pas envie de se battre pour eux? Peut-être.

Ou alors trop frileux, les pros du Web? Trop peur de s’engager sur un plan partisan?

Remarquez bien, ce n’est qu’une hypothèse…

#9 Michael le 11.09.08 à 23:02

Pour une raison bien simple: parce que l’intention d’apprendre doit venir des partis. Ce n’est pas le talent ni les conseillers potentiels qui manquent, c’est l’intention d’entendre parler de Web, de s’entourer de pros du domaine. Tu penses que les pros du Web autour de Sarkozy sont apparus autour de lui en déjouant ses gardes du corps, contre sa volonté, pour l’éduquer promptement sans même qu’il ne s’en rende compte? J’en doute fort. :)

On remet encore la responsabilité du côté des pros du domaine, et non de celui des partis… Trop facile Clément, vraiment trop facile. C’est totalement déresponsabiliser ceux qui gagneraient à mieux comprendre le Web, et leur donner un très bon alibi: “On le savait pas, personne nous l’a dit!!!”

Pourtant, ce sont les partis politiques qui ont à gagner dans cette démarche, c’est à eux qu’elles bénéficierait. Ce raisonnement me rappelle une réplique du film “Last king of Scotland”, où Idi Amin Dada reprochait à ses conseillers, qui l’imploraient depuis des jours de ne pas foutre les diplomates étrangers dehors, de ne pas avoir réussi à le convaincre. Et pourtant, ils avaient tout essayé, et s’étaient buté à l’entêtement de leur cher dictateur… Quand on ne veut pas entendre…

Si tu tiens à le savoir, oui, il y en a. J’en suis, je l’ai même fait pour un parti au cours des dernières élections fédérales, de manière rémunérée. Rien qu’à lire tout ce qui s’écrit sur la politique sur les blogues, on en trouve des passionnés, et à la pelle. Qui documentent, qui conseillent, qui râlent, parfois, mais qui prennent le temps d’expliquer pourquoi. Tout est là. Il y a des blogues, des articles dans des magazines, des conférences. Il faut quoi de plus? Une introduction par effraction au siège d’un parti pour leur faire suivre de force un cours d’intro à facebook?

Je ne vois pas, cependant, pourquoi ce serait nécessairement un effort partisan et bien sûr, gratuit. Les agences de communication n’offrent pas leurs services gratuitement, et lorsqu’elles le font, il faut vraiment être naïf pour croire que ce n’est pas en espérant un retour d’ascenseur. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent avec les pros du Web. À moins que nos services ne vaillent rien? Pour répondre à ta question, aucun des partis en place m’inspire au point d’être bénévole pour eux. Il semble qu’ils n’inspirent pas non plus leurs autres fournisseurs (bus, loyers pour les bureaux, etc) mais eux, c’es normal qu’ils soient payés. Pourquoi ce serait différent pour nous? Comment croire qu’un service qui a une certaine valeur, et qui soudainement est cédé gratuitement, ne l’est pas dans le but de s’attirer les faveurs ultérieures du parti? Est-ce éthique?

Peut-être aussi que les pros du Web, ou simplement les “pro-web”, ne sont pas écoutés parce que le niveau de contrôle sur le Web est trop léger pour oser s’y aventurer.

Pour avoir une idée de ce qui se passe vraiment de l’intérieur, tu devrais lire ce qu’en dis l’ex-blogueuse du PQ, dans les commentaires du blogue de Yves William. Je la cite “…Ainsi, pour répondre à votre question, il y a encore trop peu de gens dans les partis politiques au Québec qui croient au -travail de terrain virtuel-. C’est pourquoi, à défaut de savoir quoi faire avec ce blogue, la permanence du parti l’a laissé à l’abandon depuis juin. Il n’y a pas eu de stratégie derrière ce choix, peu importe ce qu’on vous répondra au parti…”

Voilà. Quand on ne croit pas, on ne peut pas apprendre. Quand les partis seront capables de “croire” à autre chose que la communication unidirectionnelle, peut-être auront-ils envie d’entendre parler de Web.

D’ici là, moi aussi j’ai une question: et toi? Qu’attends-tu pour t’engager sur le plan partisan et montrer que tu n’es pas frileux? ;)

#10 Clément Laberge le 11.10.08 à 0:16

@Michaël:

Pour prendre au bond ta dernière question: j’y pense, j’y pense… de plus en plus… c’est vrai… parce que j’en viens de plus en plus à la conclusion que c’est vraiment affaire d’engagement et de confiance cette affaire-là. Affaire de valeurs et de projets partagés aussi.

Et pour reprendre à mon compte un de tes arguments, les pros ne pourront pas être crédibles auprès d’un parti politique en ne s’intéressant à eux, en étant prêt à leur consacrer du temps que pendant les trente-quelques-jours que durent une campagne et sur une base de rémunération comme tout autre « fournisseur ».

Et là-dessus, je dois dire que ta réponse ne me convainc pas du tout… peut-être que je suis idéaliste, voire utopiste, mais je pense que la politique est encore (au moins un petit peu: heureusement!) une affaire de projets, de convictions et de valeurs…

… alors que les partis puissent rechigner à s’entourer de gens qui sont prêts à servir aussi bien la gauche que le centre ou que la droite (eh oui… cela a encore un sens… quoi qu’on dise… bien que je sais que c’est un autre sujet dont tu apprécies débattre!), je ne m’en étonne pas trop. À la limite, ça me réjouit.

Quand on sera prêt à monter une escouade de pros du Web, engagée à faire se réaliser par le déploiement des « réseaux sociaux » le projet de société porté le PQ (ou le PLQ, ou l’ADQ, ou Québec Solidaire), alors je pense que nous mériterons d’être pris au sérieux.

Est-ce que cela déresponsabilisent les partis politiques? Je ne crois pas, mais si tu veux le voir ainsi, pourquoi pas?

Par contre, une chose est certaine… cela a pour effet de nous responsabiliser drôlement plus, nous, les prétendus « pros du Web ».

#11 Michael le 11.10.08 à 0:49

Je connais ton intérêt pour la politique, et je comprend que tu conçoives t’engager à cet effet. Pour ma part, je ne ressens pas cet appel, du moins pas envers un des partis en place présentement.

Je ne crois pas non plus que le fait de demander rémunération contre nos services nous rendent moins sérieux. Loin de là! Quand je vois les réalisations “gratuites” qui sont en ligne, je me demande si tu penses vraiment que c’est ce qu’il faut faire pour être pris au sérieux. J’espère que non. Peut-être est-ce là une des causes du problème si les politiciens le voient toujours de cet oeil. Négocient-ils aussi le coût du papier sur lequel ils envoient leurs lettres? Les livraisons de la publicité postale sont-ils gratuits? Non. Et pourtant ils n’hésitent pas.

Oui, la politique est une affaire de projets, et de valeurs. Et quand on veut réussir un projet, on mobilise et on s’entoure des gens qu’il faut. Certains seront des militants, et d’autres des fournisseurs.

Quand un parti fait le choix de dépenser en publicité télévisée mais s’attend à ce que les pros du Web travaillent gratuitement, tu peux me dire de quelle logique cela dépend?

Quand je regarde les magnifiques réalisations qui nous entourent depuis Québec 2008 (je pense entre autre à la promenade Samuel de Champlain), je conçois toute la mobilisation qui a été nécessaire. Les rencontres, la persuasion, le rêve des porteurs du projet. Mais ensuite… Devait-on demander à ceux qui gagnent leurs vie comme architectes, ingénieurs, manoeuvres de travailler gratuitement pour autant?

Je pense que le Web se porte plutôt bien, malgré les réticences des politiciens du Québec. J’estime qu’ils ont davantage besoin du Web que le Web d’eux. S’il fallait attendre après ces bonnes gens pour “être pris au sérieux”, aucun d’entre nous ne gagnerait très bien sa vie aujourd’hui et le Web serait encore vu comme un hobby pour les boutonneux.

Alors bon… Si passer d’innombrables heures à argumenter, discuter publiquement des bonnes et mauvaises pratiques et documenter le tout, en le rendant accessible gratuitement pour tous n’est pas suffisant pour être pris au sérieux, mais qu’en plus il faudrait offrir du service-conseil personnalisé gratuitement, et bien soit. Qu’ils ne nous trouvent pas sérieux. Ce n’est pas sur ce jugement que je base mon estime professionnelle.

En attendant, je me permet de sourire devant l’état du Web politique québécois, et j’observe que le taux de participation aux élections est en chute libre… Et je me demande combien de temps encore j’estimerai que les décideurs des partis politiques en place méritent d’être pris au sérieux.

#12 Michael le 11.10.08 à 1:28

Une dernière réflexion avant le dodo.

Tu reproches aux pros du Web de ne pas “s’engager personnellement, intensivement, sur une longue durée avec un parti politique, tout en étant payé ou non pour le faire.” Et pour ça, nous ne devrions pas être pris au sérieux.

D’un autre côté, si les partis politiques, eux, ne s’intéressent pas au Web, et ne s’engagent pas sérieusement, c’est encore notre faute.

Donc nous, nous devrions nous engager, pour eux, sinon on nous reprochera de n’être pas sérieux. Mais eux n’ont pas besoin de s’engager à apprendre quoi que ce soit, ou à simplement s’ouvrir un peu. On devra le faire à leur place, ou alors ce sera notre faute.

Ce doit être bien d’être politicien dans ces conditions. :)

Quand tu te réjouis du fait que les partis rechignent à s’entourer de gens qui serviraient la gauche ou la droite indifféremment, tu prends un raccourci intellectuel un peu tordu. Je suis persuadé qu’il existe des péquistes compétents qui mériteraient salaire en échange de leur expertise Web, et de même pour les autres partis. L’image de mercenaire sans foi ni loi que tu offres est sûrement romantique, mais manque un peu de réalisme. Pour ma part, j’aurais refusé un mandat pour le parti conservateur aux dernières élections, mais considéré plusieurs autres partis. J’ai d’ailleurs travaillé pour le BQ et, même si je n’appuie pas toutes leurs positions, j’en appuie assez pour être à l’aise.

Au fait, parlant de gens qui sont prêts à s’engager pour la gauche ou la droite, indifféremment… Qui accueillait des transfuges d’un autre parti dernièrement? Est-ce là un exemple concret de l’importance de s’entourer de gens fidèles à une cause plutôt que d’accepter de payer de vilains mercenaires?

Est-ce que le cynique est celui qui pose le geste, ou celui qui l’observe?

#13 Clément Laberge le 11.10.08 à 10:15

Je pense qu’on ne sera pas d’accord sur celle-là Michaël. Faut se rendre à l’évidence!

J’ai probablement une vision romantique de la politique, tu as raison. Mais pour moi, un parti politique ne peut pas être « un client comme les autres ». Travailler au sein d’un parti politique, ou au service d’un parti politique, exige un engagement personnel dans la cause qu’il défend — l’envie de se battre pour le projet de société qu’il porte.

Et c’est là, pour moi, que le passage au numérique des partis de Sarkozy ou de Barak Obama se sont faits avec succès — quand ils ont su convaincre des gens de se joindre à eux, avec leur expertise, par conviction. C’est ce qui a fait la force de leurs mouvements; ce qu’on analyse aujourd’hui avec envie.

Ne me fais toutefois pas dire que tous ces services/expertises devraient être offerts gratuitement aux parties. Tu déformes ma pensée. Je dis que la première étape, pour convaincre, donner confiance, indiquer la voie, doit vraisemblablement être bénévole, « de membre d’un parti à membre d’un parti », entre personnes qui partagent les mêmes convictions. Par la suite; au moment d’opérationnaliser, quand tout le monde sera convaincu il faudra évidemment payer…

Cela dit, je reste convaincu qu’on ne peut pas espérer servir durablement les partis politiques tout en choisissant de rester en marge de ceux-ci.

#14 François La Roche le 11.10.08 à 10:25

Des chiffres. Des chiffres pardi!

L’intérêt des politiciens montera quand on leur prouvera l’efficacité des outils Web, hors de tout doute raisonnable si je puis ajouter. J’ajouterai encore que les techno, ce n’est pas (encore) pour toutes les Georgette et les Roger de la population. Ça ne s’adresse qu’à un segment… segment influent certes (on ose le croire), mais qu’un simple petit segment (considérez le nombres de Twitters par exemple).

Ceci dit, voilà un débat fort intéressant… comment faire changer les choses, les perceptions, les croyances, les convictions, voire même comment simplement faire passer des connaissances nouvelles sur ces nouvelles façons de rejoindre l’électeur (encore faut-il être à l’écoute, entends-je! Vrai.).

N’est-on pas confronté à un tas de gens bien assis dans leur zone de confort? Comment les en faire sortir? Dans de tels cas, on dit qu’entre la situation actuelle et l’alternative, cette dernière doit être 10 fois meilleure pour faire bouger les choses. La réponse est dans les chiffres. Le défi : prouver l’efficacité indéniable d’outil web X pour réussir une action Y. Levée de fonds? Inscription au parti? Présence à un rallie politique? Levée de bouclier publique (rappelons-nous « Culture en péril », etc.).

Faut être précis! Prouvez l’efficacité des outils web dans leur contexte bien précis et vous attirerez l’attention des partis et une partie de leur budget (pour les prochaines campagnes!).

Hint : 2 partis sortiront fort endettés de ces élections hâtives. Ils auront besoin d’aide et de support pour renflouer leurs coffres. Voilà une belle toile de fond –si on ajoute le cas d’Obama en plus–pour monter un business case pour le web…

Et si ça ne lève toujours pas, et bien il a encore un gouv. minoritaire au fédéral, donc des élections probables avant 4 ans! Et puis, il y a aussi les municipales l’an prochain!

#15 Michael le 11.10.08 à 11:50

Clément, tu seras surpris de lire que je suis plutôt d’accord avec tout ce que tu viens d’écrire.

D’abord, sur la nécessité de l’engagement pour bien servir un parti politique. Non, un parti politique n’est pas un client comme les autres, je suis d’accord. Quand il se comporte comme un parti politique et non comme un boutiquier cependant… Comme je le disais plus haut, j’aurais refusé un mandat pour le parti conservateur, ou pour l’ADQ. Trop loins de mes convictions. Mais puisqu’aucun des autres partis n’a réussi à me convaincre, je me garde une ouverture pour plusieurs autres, sans que celle-ci ne puisse être qualifiée d’engagement.

Ensuite, à propos de la nécessité de convaincre, pas pour nous, mais pour les partis. Il me ferait plaisir d’être assez enthousiaste envers un parti politique pour avoir envie d’une première phase d’éducation et d’ouverture, sans frais, de sympathisant à sympathisant. Mais ce n’est pas le cas.

Je vois trop de choses qui me déplaisent présentement pour avoir envie de faire des cadeaux. Trop de petite politique, de querelles mesquines, de vieilles idées qui ressurgissent, pas assez de projets, de vision et de pragmatisme. À ces gens-là, c’est vrai que je n’ai pas tellement envie de donner. Si Sarkozy et Obama ont su convaincre et rallier des gens brillants à leurs causes, peut-être qu’ici nos politiciens ont les accompagnateurs qu’ils méritent après tout. Qui travaillent davantage pour le retour d’ascenseur que pour la cause.

Alors proclamons match nul: si les pros du Web gagneraient à ouvrir la voie et montrer davantage le chemin, disons que les politiques auraient fortement avantage à leur en donner envie. C’est leur responsabilité, et surtout leur survie qui en dépend. Peut-être que les gens en place ne sont simplement pas les bons. Peut-être faudra-t-il une nouvelle génération de politiciens pour y arriver.

Et pour relever ce que dit François ci-haut, il est vrai que les partis sont de plus en plus endettés. J’imagine que cela les rendra plus réceptifs aux moyens alternatifs de rejoindre la population…

#16 Mario Asselin le 11.10.08 à 13:25

«Alors proclamons match nul: si les pros du Web gagneraient à ouvrir la voie et montrer davantage le chemin, disons que les politiques auraient fortement avantage à leur en donner envie. »

J’aime bien cette conclusion Michael…

«conclusion» avec un petit «c» parce que je crois que beaucoup reste à discuter sur ce sujet. Dois-je remercier Clément d’être venu à ma «rescousse»?

Plus sérieusement, merci à toi et à tous les autres qui s’engagent dans ces débats; il me semble que nous n’ayons pas assez de ces conversations ;-)

#17 Laurent Émond le 11.10.08 à 13:37

Je veux d’abord remercier Clément qui, avec constance et patience, me fait connaître des dimensions du WEB dont je ne soupçonne même pas l’existence.

Je voudrais aussi vous dire de ne jamais renoncer à vos discussions. Elles prouvent qu’il y a au Québec des passionnés qui nous font avancer.

Vous avez sans doute raison de critiquer avec énergie les partis politiques. Vous auriez raison aussi de critiquer les médias qui se contentent de faire du copier-coller des médias traditionnels, vous auriez raison de critiquer les commerçants qui n’ont pas encore compris que le WEB définit de nouvelles relations entre clients et fournisseurs, vous auriez raison de dire aux groupes communautaires qu’ils se privent de moyens puissants d’action et aux intellectuels qu’ils devraient mieux utiliser le WEB, sans doute le plus puissant vecteur de diffusion des idées depuis le début de l’histoire de l’humanité.

Vous avez raison dans vos critiques. Ils ne comprennent pas à quel point notre vision du monde doit changer. Galilée aussi a du trouver le temps long. Cent ans après Copernic, il devait encore défendre l’idée que la terre était ronde et tournait vraiment autour du soleil. Et je ne parle pas de sa lutte face à sainte inquisition qui lui ordonna de faire de sa théorie une simple hypothèse…

Vous avez tout à fait raison dans vos critiques. Mais, ce qui m’intéresse plus encore, c’est ce que vous ferez pour faire avancer votre vision. Quels moyens utiliserez-vous pour que votre voix soit entendue ? Pour que nous sortions de l’âge de pierre ? Est-ce qu’il y aura des fervents du WEB qui s’engageront dans l’action politique ? Pas comme soutien mais de front en luttant pour devenir candidat ? Est-ce que vous investirez les agences de communication pour les « contaminer » ? Est-ce que vous travaillerez ensemble pour créer des réseaux pour pénétrer les cercles d’influence dans tous les domaines ? Quel sera votre rôle ?

Personnellement, je suis toujours généreux quand je parle des politiciens parce que jamais je n’aurai le courage de m’investir autant qu’eux, quelque soit le parti. Aujourd’hui, vous avez un défi: comment percer le mur de l’ignorance, comment convaincre? Et je peux vous le prédire. Ce ne sera pas facile. Comme l’a dit l’une d’entre vous, quand vous tentez de joindre un politique, son disque dur est déjà plein. J’ajouterais : ses journées sont longues et les règles du jeu sont cruelles.

Je ne suis pas vraiment un des vôtres… Je n’écrirai plus sur le blogue. Je n’écrirai plus… mais je vous lirai régulièrement et avec attention.

Laurent

#18 Michael le 11.10.08 à 13:57

M. Émond,

Votre commentaire est très intéressant. Avec l’expérience que vous avez de la politique, il renforce certaines de mes convictions.

Cependant, est-il nécessaire d’être politicien et de maîtriser soi-même les nouvelles technologies pour faire avancer les choses? Peut-être. Mais peut-être aussi qu’un politicien “allumé”, à la Barack Obama, devrait simplement savoir s’entourer des bonnes personnes. Et considérer le Web comme un canal de communication valide, qui mérite autant d’attention que les autres.

Je réfléchis depuis ce matin, et me dit que la seule manière de renverser l’inertie n’est peut-être pas l’éducation directe et volontaire, mais l’obligation. L’obligation d’ouvrir les yeux, parce qu’une nouvelle force bouleverse le marché. De suivre la parade, parce qu’on aura pas voulu la mener. Et de faire mieux, parce que d’autres commencent à le faire.

La plupart des évolutions technologiques importantes se sont imposées par le biais d’un “market disrupter”, un nouveau venu qui change carrément les règles du jeu. Sans ces trouble-fêtes, l’inertie et le confort avec les solutions actuelles forment quelquefois un mur trop difficile à percer.

Enfin, je pense que le message qu’il faut retenir de ce très long échange, c’est que l’expertise est là, qu’elle est prête à tendre la main et à parler un langage plus humain; cependant, il faudra que les partis politiques montrent un réel intérêt pour le Web pour provoquer un engouement suffisant de la part des experts afin qu’ils s’engagent.

Faites-nous rêver, et nous vous enseignerons quelques trucs… Chacun son métier. À moins que certains d’entre nous, plus politiques que la moyenne des ours, ne franchissent la clôture dans l’autre sens, pour passer du Web à la politique. Et ça, ça risquerait d’être dérangeant. Pourquoi ne pas profiter des opportunités qui passent plutôt que d’attendre? Et attendre quoi au fait?

#19 Laurent Émond le 11.10.08 à 17:38

“L’obligation d’ouvrir les yeux, parce qu’une nouvelle force bouleverse le marché. De suivre la parade, parce qu’on aura pas voulu la mener. Et de faire mieux, parce que d’autres commencent à le faire.”

@ Michael

Je suis tout à fait d’accord avec votre affirmation. Et j’ajoute un clin d’oeil:

“Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.”

Charles Darwin

#20 Guy Vézina le 11.10.08 à 22:14

J’apprends sans cesse à vous lire et tiens à vous féliciter d’exprimer avec autant de franchise vos valeurs malgré des idéaux parfois fort différents! Que j’aimerais avoir 20 ans de moins.

#21 I never knew » Blog Archive » Partis politiques sur le web le 11.14.08 à 12:58

[...] du manque de moyens dont ils souffrent pour leurs initiatives Web mièvres et malhabiles. —Partis politiques sur le Web: réponse à mon ami Mario. (Assez long mais vraiment à lire, incluant les [...]

#22 Cedric le 11.14.08 à 13:22

S’investir dans un parti pour changer les choses n’est pas suffisant. La volonté doit venir d’en haut, quoiqu’on en dise.

Je ne suis pas un spécialiste du Web comme certains qui parlent ici mais je pense que j’en connais suffisamment. J’ai voulu proposer mon temps, gratuitement, à un parti provincial. J’ai écrit des recommandations, proposer des stratégies mais aucune des mes idées ou propositions n’a été suivi.

Donc malheureusement, je pense que c’est utopique de dire que c’est à nous d’apporter nos idées. Peut être ai-je mal choisi le parti…

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