Jeff Jarvis a publié hier un billet intitulé “The end of SEO” et le copain Clément, par le biais de Twitter, se demandait ce que j’en pensais. Ma première réponse (sur Twitter), allait comme suit :
“C’est probablement le 250e article à ce sujet et qui utilise les mêmes arguments depuis 10 ans, et le SEO croît toujours.” À article provocateur, réponse baveuse, et j’ai grandement sous-estimé le nombre d’articles qui couvrent le même sujet depuis les dernières années…
Néanmoins, je pense qu’il vaut la peine d’ajouter un peu de chair autour de l’os. Twitter est bien amusant, mais on ne peut pas tout développer en 140 caractères, maximum. Je pense que la meilleure réponse vient d’un des commentaires à la suite de l’article de Jeff Jarvis :
On the other hand, I don’t see how the rise of personalized results will eliminate the need for SEO — slimy SEO tricks that get pages where they’re not relevant, yes. Best SEO practices that ensure relevant, authoritative pages show up for the right people, no.
As Google generates broader sets of results for each query, their basic need to index pages won’t change, and good SEO will continue to help them do that.
Voilà, tout est dit. Si votre définition du SEO correspond à celle d’un semi-hacker qui cherche des trucs louches pour forcer le positionnement d’un site de manière artificielle, le SEO est effectivement appelé à évoluer radicalement à court terme (sans néanmoins disparaître). Et ce sera une excellente chose.
À très long terme et dans un monde idéal, le SEO n’existerait plus : tout le monde créera de bons sites Web, respectant les bonnes pratiques, codés correctement, facilement lisibles et indexables, dotés d’une sémantique correcte, de contenus pertinents et cohérents et sur lesquels la navigation sera agréable, simple et efficace. Ce serait génial, mais ça ne correspond pas à la réalité, ni maintenant, ni dans 5 ans.
On pourrait dire la même chose de la médecine : quand les humains seront génétiquement parfait, se seront débarrassés de toutes leurs mauvaises habitudes et que le gouvernement aura mis en place tellement de mesure de contrôle et de sécurité que les accidents n’existeront plus, la médecine sera appelée à disparaître.
D’ici là, au moins 95% des sites sur le Web ont sérieusement besoin d’un coup de main, tout comme les humains d’ailleurs. Le SEO évoluera, ça fait partie des règles du jeu quand on travaille dans cette industrie. La personnalisation des résultats n’est qu’une composante de plus dans l’équation, et ajoute au plaisir… :)
Tags: Google, SEO




5 commentaires ↓
Régulièrement, le sujet revient sur la table. La conclusion est toujours la même : le métier de spécialiste SEO n’en est, au contraire, qu’à ses débuts, tant il y a d’éducation à faire auprès des clients, et tant il y a de sites dont les performances SEO sont limitées pour ne pas dire médiocres.
Personnellement, je ne me fais aucun souci pour l’avenir de mon métier !
Merci Michael d’avoir pris le temps de répondre à mon interpellation.
Cela dit, comment vois-tu évoluer le métier de SEO dans le futur?
Et est-ce que des métiers semblables pourraient apparaître pour des « moteurs de recherche » plus spécialisés… comme Amazon, par exemple, dans le domaine du livre?
Alors, pourquoi, dans ce cas, arrivons-nous à placer dans les 1ières places des sites qui figurent dans les tréfonds de l’index ? Le pire, c’est que ça marche et qu’on nous paie pour ça assez cher. ;+)
@+
Denis : Je ne comprend pas le sens de ton intervention. On ne parle pas ici de l’efficacité du SEO ou de la manipulation des moteurs de recherche, mais de son avenir.
Évidemment que ça marche : il y a tellement de sites mal foutus qu’il est relativement simple d’en faire sortir un de la masse, qu’on joue selon les règles du jeu ou pas… Ce choix vous revient, ainsi qu’à vos clients.
Clément, c’est une question intéressante, qui nous ramène aux bases du concept de repérabilité.
La principale différence entre un moteur de recherche spécialisé comme Amazon et un généraliste comme Google, c’est que le premier bénéficie d’un avantage certain sur le 2ième : il a la possibilité d’obliger le format des entrées à la base de données. Pour inscrire un livre sur Amazon, il faut respecter une nomenclature, alors que Google tente de tout indexer, respect des bonnes pratiques ou pas.
Cependant, les principes de base de SEO (sémantique, analyse et choix des bons mots clés qui demandent quelques connaissances en linguistique, utilisation de métadonnées et d’hyperliens) resteront probablement les mêmes, et s’affineront selon le contexte spécifique et les règles internes du moteur concerné.
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