Le maire Labeaume et la langue de bois.

Je l’avoue franchement, j’ai beaucoup douté de la campagne de Régis Labeaume, et de la possibilité qu’il soit élu comme maire de Québec. À cause de la trop grande force du RMQ au début des élections et du début très lent de la campagne. Pourtant, c’est un homme que j’ai déjà côtoyé, avec qui j’ai même travaillé lors de sa tentative précédente d’être élu chef du RMQ, ce même parti à qui il a donné une sévère raclée aux dernières élections municipale. J’ai alors vite compris que je préférais pour le moment les affaires à la politique, et ai alors décidé décidé que je passerais mon tour pour les prochaines élections.

Lorsqu’il a obtenu l’appui de la population, je me suis simplement dit “wait & see”. Et j’aime beaucoup ce que je vois!

J’ai rarement vu un politicien parler aussi franchement, clairement et directement que le nouveau maire de Québec, Régis Labeaume. Évidemment, des esprits chagrins diront plutôt qu’il manque de diplomatie ou qu’il parle trop vite, mais je pense que dans une terre ou le consensus fait foi de tout, et où il est souvent plus grave d’être qualifié de négatif que de paresseux ou d’incompétent, M. Labeaume amène un vent de fraîcheur qui fait le plus grand bien.

Un exemple tiré d’un article sur Cyberpresse:

«Le plan de développement du RTC fonctionne. Il y a des résultats. J’ai rarement vu un plan de développement dans le secteur public qui fonctionne. Il marche, celui-là. Il y a une augmentation de la fréquence. Il y a une augmentation de la clientèle. Jusqu’à date, je suis impressionné par ce que fait le RTC.»

Wow. C’est rare un politicien qui se permet de critiquer. Est-ce trop négatif?

Est-il négatif de dire qu’un chat qui a trois pattes en a une de moins que les autres? Depuis un certain temps, j’ai l’impression qu’il faudrait plutôt dire “ce chat a une patte de plus qu’un autre qui aurait seulement deux pattes, où est le problème?”, et ensuite reprocher aux chats à 4 pattes de l’humilier en marchant si allègrement. Ainsi, vous seriez gentil. Car ce qui est le plus important, c’est évidemment d’être gentil.

Moi, j’apprécie la façon qu’a Régis Labeaume de rester candide et d’éviter la complaisance, d’être capable de porter un regard critique sur lui, sur nous. Cela ne plaira pas à tous, c’est évident. Et puis après? Depuis quand l’apparence de consensus fait-elle partie des nécessités de la politique? Je pense que M. Labeaume est ouvert à la discussion. Ceux qui lui reprocheront son style trop direct et sa manière de gérer sont probablement ceux qui sont incapables d’engager la conversation publique avec lui, ce à quoi il ne s’est jamais opposé. Il est trop facile de se plaindre que quelqu’un est trop négatif quand on s’enfuit devant la possibilité de s’expliquer, et qu’à chaque fois qu’on a le micro on préfère la langue de bois à la sincérité.

C’est un peu ironique d’être heureux qu’une personnalité publique ose parler en public. Et je pense que ça nous fera collectivement du bien.

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