Il semble que les Américains commencent à être un peu fatigués de Facebook. Finalement.
Le trafic du site social est en effet en baisse de 10% entre mars et avril. C’est énorme, et aucune cause périodique ne peut l’expliquer (retour/départ des classes, vacances, etc).
On pourra observer que globalement, le trafic et l’audience sont en hausse. Évidemment, puisque Facebook ne cesse de créer des versions internationales depuis un certain temps. Le problème, c’est que les grands annonceurs visent principalement le marché américain, ainsi que les autres pays occidentaux. Le trafic à Madagascar n’est pas très pertinent pour ceux qui ont de l’argent à donner à Facebook.
Ce qui fait encore plus mal, c’est que LinkedIn, plus petit mais néanmoins plus ancien, croît de plus de 10% durant la même période. Malgré une légère décroissance, MySpace reste loin devant Facebook.
Avec Warren Buffet qui annonce que les États-Unis sont déjà en récession, je trouve que c’est un très mauvais moment pour entamer une décroissance. Surtout que Facebook cherche encore son modèle d’affaires. Il deviendra donc de plus en plus difficile de convaincre des investisseurs à placer leur foi (et leur argent, surtout) dans une entreprise dont l’audience la plus payante décroît, les coûts explosent et les revenus stagnent.
Microsoft doit se frotter les mains après son premier investissement de 240 millions l’an passé, et préparer tranquillement une acquisition moins onéreuse que prévue. J’ai de plus en plus l’impression que Facebook va finir comme Hotmail : banalisé et intégré avec les autres produits en ligne de Redmond.
Si c’est le cas, il y en a un qui va amèrement regretter les offres d’achat de plus de 10 milliards qui ont été présentées par le passé.
Tags: facebook




5 commentaires ↓
« Si c’est le cas, il y en a un qui va amèrement regretter les offres d’achat de plus de 10 milliards qui ont été présentées par le passé. »
C’est bitch, mais je le souhaite presque.
Je pense qu’il ne sera quand même pas à plaindre s’il reçoit en fi de compte “seulement” 5 milliards. Mais ça montrera la volatilité de la valeur de ce genre de modèle.
Je verrais plus Facebook comme un OS englobant les produits de Redmond, parmi tant d’autres applications. Windows n’a jamais été bon pour le multi-utilisateurs, contrairement à Unix, mais avec Facebook, ça pourrait changer sur le web. Dans ce cas, 15 milliards c’est peut-être pas assez.
Mars est le mois aux US où l’usage de Twitter a doublé… ceci explique sans doute cette baisse temporaire au mois d’avril du traffic sur Facebook… Avec plus de 22 millions de visiteurs uniques sur avril, je ne vois pas où est le “problème” pour les “grands annonceurs”…
Benoit,
22 millions d’usagers, c’est évidemment très bien, extraordinaire même. Mais avec les taux de conversion du modèle actuel de publicité et un déclin du nombre d’usagers, il commence à être temps que Facebook arrive avec qqch de nouveau et de convaincant, et vite. À la fois pour les annonceurs qui ont pas mal de choix à part Facebook, et surtout pour les investisseurs. Investir dans une plateforme déficitaire mais en croissance, c’est normal. Déficitaire mais en décroissance? Oups. Pas trop longtemps alors…
Aussi, même si Twitter est en forte croissance, je ne suis pas certain que l’adéquation entre les utilisateurs des deux plateformes soit si claire. La très grande majorité de mes anciens “amis” sur facebook n’ont absolument aucune idée de ce qu’est Twitter, qui regroupe surtout, pour le moment, des geeks comme nous… :)
Laissez un commentaire