Facebook et moi à la télévision…

TVA

J’ai eu au cours de la semaine passée la chance de donner une entrevue de 30 minutes à Dominique Trottier, journaliste de l’équipe de J.E., du réseau TVA. Le sujet? Facebook, évidemment. Il semble que mon opinion critique face à Facebook me fasse sortir du lot, et rejoint celles d’autres personnes un peu moins connectées quotidiennement sur le milieu du Web.

D’abord, je dois remercier M. Trottier pour l’opportunité qu’il m’a offerte. Parler devant un auditoire de près d’un million de personnes, c’est à la fois stressant et gratifiant. Ce genre de chiffre fait tourner la tête quand on le compare aux auditoires de nos blogues, dont on se gargarise pourtant avec joie de temps en temps.

Je n’avais pas été averti de la nature des questions avant l’entrevue. Il y a donc quelques réponses que j’aimerais reformuler un peu si c’était possible, mais dans l’ensemble je suis très satisfait de l’expérience. Même si l’entrevue n’était pas en direct, le rythme était très rapide et j’ai donc dû penser rapidement sans prendre le temps de reformuler comme je suis habitué de le faire. C’est la nature de la bête, et l’expérience en valait la peine!

Être assis devant son clavier, écrire un billet, le corriger, le laisser mijoter un peu et prendre le temps de le réviser avant de le publier est une chose, répondre du tac au tac à un journaliste quand une caméra nous est pointée au visage en est une autre. Tout mon respect va à ceux dont c’est le quotidien!

J’espère ne pas être trop désagréablement surpris du résultat, mais je vous promet de ne pas me plaindre des coupures au montage après la diffusion. Le club des mal-cités, très peu pour moi.

FacebookL’angle exposé pendant l’émission sera celui de la sécurité et la confidentialité des données sur le Web, et plus particulièrement sur Facebook. Bien que ce ne soit pas mon cheval de bataille traditionnel, l’entrevue m’a permis de glisser un peu sur le modèle d’affaires toujours déficient et les distinctions à faire entre “utile” et “amusant”, “révolutionnaire” et “succès de foule”.

J’ai aussi profité de l’occasion pour replacer un peu les choses en perspective: après avoir bien rigolé de m’être fait qualifier de “virulent critique de Facebook”, j’ai profité de l’occasion pour remettre les pendules à l’heure et expliquer la différence entre “conserver son sens critique lors d’une période d’exubérance” et “être virulent”, au cas où ce serait nécessaire. Tout n’est pas mauvais sur Facebook, loin de là, mais j’aime bien taquiner ceux qui aiment voir des révolutions à toutes les fois qu’une tendance devient forte. Généralement, ce sont ceux qui mordent le plus à l’hameçon. Il doit y avoir un lien entre ces deux tendances j’imagine…

Nous avons aussi un peu discuté des difficultés de Facebook à monnayer son auditoire, des raisons probables derrière ce problème et des conséquences éventuelles pour les données personnelles si les investisseurs derrière Facebook devenaient impatients, ce qui est de plus en plus probable par les temps qui courent. Bref, un peu de tout en 30 minutes.

Si vous souhaitez voir l’entrevue télévisée, elle sera diffusée au réseau TVA à 19 h, ce vendredi 21 mars 2008. J.E. diffuse aussi des clips de ses reportages en ligne une fois l’émission diffusée.

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6 commentaires ↓

#1 Olivier le 03.17.08 à 15:46

C’est révolutionnaire (web 3.0) car ça permet de publier des applications au sein d’une communauté pour la première fois, pas seulement du contenu.

#2 Simon Bédard le 03.17.08 à 15:55

Le «virulent», c’était une blague. J’espérais d’ailleurs une réaction en commentaire à mon billet (http://www.simonbedard.com/archives/mon-point-de-vue-sur-facebook-3). ;-)

J’apprécie tout à fait ton esprit critique face à ce phénomène. J’espère que tu ne crois pas que je suis un poisson dont tu parles.

Mon billet a pour objectif d’exposer, de façon objective, des avancés sociales et communicationnelles que nous amènent Facebook et les réseaux sociaux. Car, oui, il y en a.

Il faut l’admettre, il y a aussi une contre-mode qui consiste à dénigrer Facebook sans arguments autre que la perte de temps et le simple plaisir de chialer.

:-P

#3 Michael le 03.17.08 à 16:25

Ben voilà, il y a eu une réaction… ;)

Et je savais bien que tu mordrais mon ami, tu vois? lol

C’est trop facile de blâmer la “contre-mode”. C’est pointer l’effet au lieu de la cause. C’était un backlash prévisible, et il faut savoir faire la différence entre le dénigrement et la critique basée sur le simple bon sens.

Il faudrait peut-être se rendre compte que ce sont les exagérations à propos de Facebook qui l’ont provoqué. C’est un retour du balancier qui était prévisible mais qui ne va pas encore aussi loin que le hype qu’on endure depuis environ 1 an. C’est la même chose pour tous les phénomènes populaires de toute façon.

Olivier, bien que la publication d’applications au sein d’une communauté soit intéressante, on voit que c’est en train de devenir un des irritants de Facebook pour pas mal de gens. Est-ce que les bénéfices en valent la peine? Je n’en suis pas sûr. Et je ne vois toujours pas en quoi c’est une révolution. Intéressant, oui. Révolutionnaire? Tout de même…

#4 Olivier le 03.17.08 à 19:35

C’est comme le Mac au début, les gens disaient que c’était un jouet. Un jour une killer app pourrait apparaitre sur Facebook, (ou une autre plateforme ayant copié l’idée), telle l’imprimante laser pour le Mac, et la pub sur le web serait complètement transformée, bien au-delà des keywords.

Et maintenant y’a presque plus aucun jeu sur Mac ;), mais c’est l’environnement de prédilection des artistes et créateurs.

#5 Michael le 03.17.08 à 20:53

C’est vrai que Facebook, avec son audience nombreuse, pourrait être le lieu d’une véritable innovation.

Mais ne pourrait-on pas dire la même chose de MySpace (audience 3x plus nombreuse et offrant maintenant aussi des applications), LinkedIn (audience moindre mais croissance plus rapide au cours des derniers mois) ou d’un tas d’autres “lieux du Web”?

Le facteur temps, dans la présente tourmente chez les fonds d’investissement, est en train de devenir important. Facebook devra faire vite, car il ne fait partie d’aucun grand groupe comme MySpace pour épancher ses pertes. Et si Facebook est totalement absorbé par Microsoft (hypothèse probable en cas de baisse de la trésorerie), il risque de devenir beaucoup moins sexy et attirant, un peu comme quand Microsoft a mis la main sur Hotmail.

Et c’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de jeux sur Mac, et c’est pas mal mieux pour ma productivité! ;)

#6 Simon Bédard le 03.18.08 à 10:08

Olivier, le mot «révolution» est un peu exagéré. Je préfère simplement le mot «évolution». Je pense moi aussi que les applications créent une dynamique intéressante. Il faut cependant dépasser le stade de bébelle et créer de la valeur (je déteste cette expression!) pour les gens.

Michael, je ne blâme pas la contre-mode, je dis simplement qu’elle existe. En effet, à toute action, il y a une réaction. Je connais bien ma physique. ;-)

Je dis simplement qu’une part non négligeable de la réaction anti-Facebook tiens d’une banale tendance et n’est pas assortie d’arguments sensés, contrairement à ta position.

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