Au cours d’une discussion autour d’un bon souper chez l’ami Daniel, nous discutions des caractéristiques respectives de nos domaines d’expertise. Tentant d’expliquer à sa douce moitié un des aspect de mon travail, je me suis encore une fois buté à un mot évocateur mais pas très français et surtout d’une phonétique repoussante : la “trouvabilité“, simple traduction de “findability“.
Selon Peter Morville, la “trouvabilité” est une des qualités essentielle d’un site Web. Elle a deux niveaux :
- Un site Web doit être facile à découvrir par le biais des moteurs de recherche externes (Google, Yahoo, MSN, autres).
- Un contenu doit être facile à trouver sur un site Web.
Trouver, recherche, trouvabilité… Toujours ce mot horrible qui revient. Nous étions bien embêtés de lui trouver un remplaçant.
C’est alors que Daniel eu un éclair de génie et s’exclama, exalté : “REPÉRABILITÉ!”
Fin de la torture. Après 2 ans à me creuser les méninges, il fallait du vin, un excellent souper et un gâteau au chocolat extra-extra-sucre pour que quelqu’un soit frappé par une évidence.
Daniel, en remerciement, je récupère sauvagement ton idée sans aucune gêne. (C’est tout de même mieux que de copier ton site Web…) ;)
Tags: moteurs-de-recherche, repérabilité, SEO
12 commentaires ↓
Belle trouvaille !
Pour moi, repérabilité évoque quelqu’un qui ne veut pas être trouvé, ne pas se faire repérer, y’a un coté prédateur, négatif, associé. Je vois un repère comme un endroit caché. Peut-être “exposition” ? Ou simplement garder l’anglais.
[...] Repérabilité : “Trouvabilité”: (Je vous met au défi de trouver un mot ou une expression qui signifie la même chose en français!.) Nous devons travailler pour mettre au point des sites web où il sera facile de naviguer d’un contenu à l’autre. Ainsi les utilisateurs trouveront ce qu’ils cherchent. (À noter que ce concept est aussi applicable à la facilité de trouver un site sur les moteurs de recherche, ce en quoi il rejoint l’optimisation pour les moteurs de recherche.) [...]
Olivier, pour ma part je n’ai pas ce sentiment face au mot “repérabilité”. Un repère, pour moi, évoque plutôt un jalon, une balise sur laquelle on peut se fier.
Mais là , on dans le domaine de la psycholinguistique plutôt que du Web. :)
Michael,
Tu peux récupérer cette idée sans problème. Après tout, les idées sont faites pour être partagées =).
Pour ce qui est du gâteau, il n’y avait qu’une tasse (!) de sucre, 300 g de chocolat, 6 oeufs, 1/2 lb de beurre et des noisettes … ce n’était pas riche du tout ;-)
C’est à repaire que je pensais, belle faute d’orthographe de ma part, je me suis bien fait repéré je crois sur ce coup là .
Bonsoir, J’avais déjà aperçu ce terme de “repérabilité” dans le résumé Fr d’un texte en En d’un Canadien (Grant Campbell).
http://www.cais-acsi.ca/proceedings/2007/campbell_2007.pdf
J’hésite parce que la notion de repère/repérage ne dit rien sur la récupération de l’objet. On peut repérer un gisement de pétrole ;-), mais celui ci se trouve très loin et n’est pas récupérable.
Je ne pense pas que cela corresponde à la notion de “trouvabilité” qui suppose que l’on obtiendra de fait l’objet. Dans un cas, la récupération est une probabilité (repérabilité), dans l’autre cas c’est une assurance (findability/trouvabilité).
Et du point de vue de l’utilisateur, c’est différent, non ? Dalb
Bonjour!
Merci pour la référence, elle était bien cachée… ;)
On ne parle pas ici de la récupération de “l’objet” mais bien de la capacité de le trouver (findability) sur les moteurs de recherche ou sur un site. Il y a quand même une grande différence entre un objet physique et un contenu. Dans un cas, sa localisation ne le rend pas pour autant accessible, alors que pour un contenu sur le Web, le repérage permet soit de le récupérer, soit de le consulter en tout ou en partie, soit de savoir où et comment se le procurer.
Exemple : un e-book peut être repéré sans être téléchargeable en entier. Il est tout de même repérable et c’est ce qui est important pour son auteur et son éditeur… :)
Un point : je pense que l’auteur a une approche très académique du Web. Le résumé m’a fait sourire quand il écrit “Cependant, le web 2.0 utilise un vague principe de « repérabilité » menant à des outils plus versatiles et à des objectifs plus diversifiés.”
La repérabilité n’est en rien propre au Web 2.0. Elle existe depuis les premiers balbutiements des systèmes hypertextes et du premier répertoire en ligne. Encore faudrait-il s’entendre sur une définition réelle de ce que le terme “2.0″, très souvent galvaudé, signifie.
Franchement, je ne vois pas trop pourquoi “trouvabilité” ne fait pas l’affaire. Le mot est une construction parfaitement acceptable en français et constitue une contrepartie beaucoup plus directe et logique à “recherche” : quand on cherche, on ne repère pas, on trouve.
Qui plus est, d’un strict point de vue d’économie linguistique, “trouvabilité” est plus court d’une syllabe.
Mais bon.
“Parfaitement acceptable” t’y vas fort.
Ou un acronyme sinon : FAT.
Hugo, je dirais que “trouvabilité” a 2 défauts :
* Il fait justement référence à la fonction de recherche, ce qui n’est pas toujours le cas. Rendre un texte (ou un contenu) repérable ne signifie pas toujours le rendre disponible aisément pour les mécanismes de recherche, mais aussi le rendre aisément repérable par la navigation, qu’elle soit faite dans le but de repérer un contenu précis ou pas.
* Le mot “trouvabilité” sonne mal. Qu’on le veuille ou pas, ça compte. Ça ressemble énormément à une traduction boîteuse, même si linguistiquement c’est correct. C’est probablement la raison pour laquelle “courriel” a été accepté par la communauté et “clavarder” ne l’est pas tellement…
Linguistiquement correct ? Aucun des deux n’existe en français si je ne me trompe pas. Par contre je viens d’apprendre que les météorites contiennent souvent de la troïlite. En France à un moment on avait mèl pour email (et c’est dans le dico), ça n’a jamais pris non plus, même si c’est court et sonne bien. (”courriel” sonne horriblement pour un français du vieux continent, ça fait penser à quelqu’un qui court chercher du miel, qqchose comme ça, c’est comme “repérabilité” qui sonne plus mal que “trouvabilité” dans mon cas) C’est un peu comme fin de semaine et week-end, stationnement et parking, etc. L’anglais a cette élégante concision à laquelle il est difficile de résister.
Olivier, repérabilité est déjà utilisé à pas mal de sauces (autres que le Web), mais il y a toujours un décalage entre l’adoption par les gens et l’inclusion au dico. Entre les deux, ça s’appelle un néologisme.
Pour ce qui est de l’anglais, je suis 100% d’accord avec toi. Mais quand on travaille avec le gvnt du Québec, il y a des exigences à respecter dans les termes qu’on utilise. Pas le choix, c’est comme ça… :(
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