MAJ : Vu la longueur de ce billet, j’ai fait un petit exercice d’écriture Web : en ne lisant que les caractères en gras, vous comprendrez l’essentiel du propos sans vous taper tous les mots. Attention cependant : si vous souhaitez laisser un commentaire, prenez au moins le temps de lire le billet en entier, il y a des subtilités qui, sans être nécessaires à la compréhension de l’idée de base, restent requises pour engager la discussion.
Au cours des dernières semaines, les journalistes Patrick Lagacé et Nelson Dumais ont écrit des articles intéressants à propos de la pertinence des commentaires sur les blogues. L’article de M. Dumais remet aussi en question le principe même des blogues grand public, d’une certaine manière.
Les points de vue de ces deux journalistes peuvent se résumer ainsi : ils constatent une usure de leur intérêt et de celui de leurs lecteurs pour leurs blogues, en grande partie causée par les abus sous forme de commentaires. Et ils commencent aussi à se poser des questions sur la pertinence de tenir un blogue, et sur la place des blogues dans le paysage de l’information.
En tant que blogueur, je me suis senti interpellé et intéressé par leurs articles. Non pas parce que je me suis senti outré, mais bien parce que je suis d’accord avec plusieurs des idées et arguments amenés. En effet, la plupart des blogues personnels sont d’un manque d’intérêt total, et la majorité des commentaires sur les blogues généralistes sont non seulement sans intérêt, mais souvent militants, injurieux, sans fondement et n’apportent absolument rien à la supposée “discussion” que sont censés être les blogues. (J’ai l’impression que mon collègue Mario va réagir à cela, en commentaire et/ou en personne dans mon bureau…)
Avant de me lyncher, lecteurs de blogues et/ou amis blogueurs, prière de lire la suite.
Les blogues personnels sont généralement sans intérêt…
J’ai dit plus haut que la plupart des blogues personnels sont sans intérêt, et je le maintiens. Mais cela, c’est selon mon point de vue et mes intérêts. Je ne m’intéresse pas à la fauconnerie, ni au papier mâché. Il existe cependant sûrement des blogues qui parlent de ces deux sujets, et je suis certain que leurs lecteurs les trouvent intéressants. De même, à l’intérieur de ces micros communautés que sont les blogueurs qui parlent de fauconnerie, il y a sûrement de bons et de mauvais blogues. Les amateurs enthousiastes et articulés de la fauconnerie y trouveront une manière de communiquer avec leurs pairs, et cela ne m’enlève rien. Il y a fort à parier que les lecteurs de ces blogues ne verront aucun intérêt à lire le mien, et cela me convient très bien.
Cependant, l’intérêt comparatif des blogues n’est en fait pas pertinent. C’est une relique de l’âge où l’information subissait les diktats de la rareté : en effet, communiquer une idée à une communauté demandait des ressources matérielles et financières. Rejoindre 15000 personnes par le biais d’une publication papier est un exercice difficilement réalisable par un amateur. À partir du moment où l’amateur devient assez spécialisé pour réussir l’exploit, et met en place des structures lui permettant de rééditer l’exploit régulièrement, il y a de fortes chances pour que la société commence à le désigner comme un professionnel. De simple feuillet paroissial, la chronique devient bientôt une publication quotidienne, qui attire des publicitaires, et qui s’organise pour devenir un journal. C’est une image caricaturale qui illustre tout de même comment les employeurs de M. Dumais et Lagacé ont bien dû commencer eux aussi, avant de devenir des empires médiatiques.
La rareté ne s’applique pas seulement à la capacité de produire du contenu, mais surtout, du côté de celui qui le consomme, de se le procurer et de l’absorber. On parle ici de l’économie de l’attention, de la capacité à absorber une certaine quantité limitée d’information en un temps donné.
À une certaine époque, l’accessibilité aux médias était limitée par l’offre locale. Les journaux accessibles aux lecteurs étaient ceux qui étaient livrés au kiosque, ou auxquels le lecteur pouvait s’abonner aisément. Si un lecteur de Baie-Comeau souhaitait s’abonner au New England Journal of Medicine, il devait d’abord en connaître l’existence, ensuite contacter le journal par écrit (et donc, connaître son adresse) et finalement faire parvenir un paiement postal. Tout cela demandait du travail, et était lent. La distribution de l’information reposait sur sa matérialité : pour livrer le contenu, on devait livrer le papier sur lequel il était imprimé, et vivre avec les contraintes que cela amenait.
Le kiosque à journaux vivait aussi avec une contrainte de rareté, celle de l’espace. Il devait choisir, parmi les grands vendeurs et les magazines spécialisés, ceux qu’il décidait de placer sur les tablettes. Évidemment, les plus populaires étant les plus vendus, les publications surspécialisées devaient leur céder la place.
L’arrivée de la radio et de la télévision a bien sûr changé un peu la donne, mais ils restaient des médias pour lesquels l’investissement de base, massif, réservait la propriété à des entreprises solides. Point de place pour les amateurs.
Tout cela pour dire que le blogue sur la fauconnerie népalaise a un grand avantage sur le journal qui traite du même sujet : il ne coûte rien à produire, et ne demande aucun espace sur les tablettes. Bien qu’il en existe probablement un, il n’est pas en compétition avec mon blogue pour un espace qui lui permettra d’être lu ou non. Internet dispose de “tablettes” théoriquement infinies, et Google me permet de ne trouver que ce qui rencontre mes intérêts, sans m’imposer le reste.
Il est vrai que l’attention de chaque personne est aujourd’hui frappée par le même phénomène de rareté. Maintenant que les tablettes de contenu offert sont infiniment grandes, nous arrivons au point où nos neurones sont constamment sollicitées et manifestent des signes de fatigue. Il existe cependant des outils qui permettent de filtrer ce contenu, de l’organiser et de mieux le choisir. À ce que je sache, quand j’allume mon ordinateur, aucun blogue ne me saute dessus. Je dois tout de même faire l’effort (et le choix) de le chercher, de suivre un lien pour y arriver, et ensuite de m’y abonner si je le souhaite. On parle de pollution quand quelque chose est lancé dans notre cour par un autre, pas quand on fait l’effort conscient de le ramener chez soi.
L’intérêt relatif d’un blogue n’a donc aucune importance, et je laisse le soin aux lecteurs de chaque blogue le soin de décider de ce qui est pertinent ou pas. Si 50000 personnes s’intéressent à l’élevage de chèvres naines, je me dois de rester humble avec mes quelques dizaines de miliers de visiteurs par mois, et je me vois mal juger de ce qui est intéressant ou pas pour les autres. Surtout que la grande popularité d’un blogue à propos des chèvres naines ne m’empêche pas de rejoindre mes lecteurs, et ne “pollue” pas leur attention s’ils préfèrent lire ce que j’ai à dire sur les sujets qui les intéressent.
À ce sujet, donc, je suis partiellement d’accord avec M. Dumais, parce que si je lui donne raison sur le fond, je constate que l’argument sur la rareté, l’accessibilité et l’attention accordée aux contenus lui échappe peut-être, ou qu’il a choisi de l’omettre pour se concentrer sur son deuxième argument.
…et les commentaires sont encore moins intéressants que les blogues.
Là où je rejoins cependant M. Lagacé et Dumais, c’est à propos des commentaires sur les blogues généralistes. Autant les discussions émergentes sur les forums et blogues spécialisés sont souvent intéressantes et constructives, autant les engueulades qui explosent sur les blogues généralistes sont généralement sans intérêt. Faites l’expérience : lisez n’importe quel billet sur Cyberpresse et, après un maximum d’environ 30 commentaires, les commentaires de la supposée discussion en cours sont invariablement reliés aux fédéralistes contre les séparatistes, aux syndicats contre les patrons, à la gauche contre la droite, aux pauvres contre les riches, à Microsoft contre Linux, aux immigrants contre les indigènes, etc. Bref, à NOUS contre EUX, le tout agrémenté de patois peu cordial. Peu importe que le sujet de départ soit un extrait de comédie musicale ou une critique d’aspirateur.
Ce que j’observe, c’est que plus un blogue est généraliste, moins les commentaires sont pertinents. Et malheureusement, plus un blogue est généraliste, plus il a de lecteurs potentiels : les commentaires n’en seront donc que plus lourds à gérer à cause du nombre.
Si, par malheur, le blogue généraliste qui intéresse potentiellement plus de gens est publié par un grand média, on a une recette pour une catastrophe : il est livré, tous les jours, à côté de l’actualité dont les foules viennent s’enquérir. C’est ainsi que tante Georgette, qui s’intéresse aux nouvelles horticoles, est exposée sans avoir rien demandé au blogue de M. Lagacé. Et sera peut-être tentée de commenter, alors qu’elle serait plus avisée de le faire à propos d’un sujet qu’elle maîtrise mieux. Au mieux, son commentaire sera sympathique mais insignifiant. Et attirera les foudres d’un lecteur zélé. Au pire, le commentaire de Georgette sera mal avisé et peut-être même injurieux. Parce que Georgette, cachée derrière son clavier, peut très bien utiliser la magie des pseudonymes pour devenir le moins sympathique “FucktheWorld” qui aime bien s’en prendre aux cheveux longs, aux drogués et aux jupes courtes parce que, tout le monde le sait, tout était bien mieux avant.
La réalité est bien différente sur les blogues plus spécialisés et souvent moins populaires. Peut-être parce qu’ils regroupent une réelle communauté d’intérêts, qui possède ses codes, son éthique et qui permet de véritables débats. Tout n’y est pas rose, les trolls sont partout. Cependant, le groupe qui lit un blogue spécialisé a peut-être plus de points en commun et de discussions à tenir que le grand public qui lit un blogue généraliste.
Mon expérience personnelle et celles d’autres blogueurs relativement populaires auprès d’auditoires ciblés semblent le confirmer : à chaque fois qu’un de nos billets est cité par les grands médias, il reçoit la visite d’un nombre record de commentateurs peu pertinents ou désagréables. Ce n’est pas que leurs lecteurs soient en moyenne moins intelligents que les nôtres, ils sont seulement plus nombreux. Et plus grand est le nombre de gens, plus grande est la quantité de bozos. Telle est la rançon de la gloire.
Évidemment, certains blogues dits spécialisés réussissent à attirer des foules sans devenir le paratonnerre de tous les fous furieux du monde : TechCrunch rejoint 850000 lecteurs par jour uniquement par le biais de son fil RSS, et la plupart des commentaires y sont pertinents, les débiles n’y faisant pas de vieux os. Encore une fois, ce blogue s’adresse à un public relativement bien ciblé. Dans l’anglophonie, 850000 lecteurs n’est pas un si gros chiffre. Et les mécanismes de modération en place y sont bien rodés.
Il faut donc croire que 2 facteurs frappent de plein fouet les blogueurs des grands médias : leur popularité, et le fait de traiter de sujets généralistes (ou de voir son blogue exposé à côté de sujets d’intérêt général). Il y a fort à parier que si Nelson Dumais tenait blogue de manière privée, il serait débarrassé d’un grand nombre de commentateurs désaxés. Son article sur le même sujet, publié dans le journal Direction Informatique, ne suscite aucun commentaire. Sur Cyberpresse? Le déluge, bien que pour le moment ce soit plutôt positif. Cela lui fera changement.
Votre blogue ne serait pas un blogue? Et puis après?
Avant les blogues, les journalistes écrivaient, les lecteurs les lisaient. Aujourd’hui, il faudrait croire que personne ne peut apprécier les idées des autres en silence, sans émettre son opinion? Je n’en crois rien. Et ce n’est pas par nostalgie d’une autre époque, j’ai grandi avec un ordinateur comme nourrice… (Bien qu’il s’agissait d’un Commodore 64 mais bon, je ne pense pas être si vieux et cet argument commence à être un peu éculé. Qu’on me dise que Andrew Grove (72 ans) et Steve Jobs (53 ans) sont des immigrants numériques et je fais un malheur.)
Bien que les commentaires se transforment souvent en discussions de qualité sur les blogues spécialisés, je n’en vois pas l’intérêt sur les blogues des grands médias. Pour 1 commentaire qui apporte quelquechose, 20 seront grossiers, insignifiants ou non pertinents. À quoi bon qualifier ce capharnaüm de discussion alors que c’est en fait un dialogue de sourds?
Les journalistes tenant blogues devront bientôt choisir entre la modération très sévère (qui prendrait beaucoup de leur temps qui devrait plutôt être passé à interviewer, rédiger et vérifier des sources) ou le retour aux bonnes vieilles chroniques, sans commentaires. S’ils choisissent la deuxième option, ils risquent de se faire traiter de “non-blogueurs” par la blogosphère. Et après? Peut-être que plusieurs lecteurs préfèrent les bons chroniqueurs aux mauvais blogueurs après tout…
L’autre option qui s’offre aux groupes médias serait l’embauche de modérateurs professionnels, dont le travail serait de filtrer le pertinent de l’importun, le grossier du correct et ce, sans tomber dans la censure. Difficile, mais réalisable. Je me demande pourquoi les groupes médias, si heureux de bénéficier des blogues de leurs journalistes, ne leur offrent pas un modérateur en cadeau de Noël et les laissent plutôt se débrouiller avec leurs commentateurs enragés.
Fagstein propose aussi Slashdot comme modèle, où les lecteurs peuvent s’accorder des notes les uns aux autres. Pour que ce système fonctionne, il faut cependant que la majorité des lecteurs ait un minimum de compétence du sujet traité. Bien utile pour une communauté d’intérêts, je me demande ce que ce genre de système donnerait dans un environnement plus généraliste.
MAJ : Suite à mes discussions avec Mario Asselin, j’ajouterais que les modérateurs doivent être équipés de politiques éditoriales solides, qui favorisent l’émergence de conversations et non d’engueulades. Quitte à réduire radicalement le nombre de commentaires. Impossible de discuter quand on est entouré de 50 morons qui gueulent des insanités autour de soi.
Qu’un internaute futé prenne un journaliste peu professionnel en défaut et révèle un scandale jusque-là camouflé, c’est brillant, rarissime et montre le bon côté du Web collaboratif. Quand pour cet internaute brillant 250 gogos harassent les 99% de journalistes compétents à force de commentaires sans pertinence ni intérêt, je ne vois pas ce que la profession peut y gagner. Ni les lecteurs d’ailleurs.
Puisque qu’environ 1% des lecteurs des blogues populaires laissent régulièrement des commentaires et qu’il semble qu’une partie de ceux-ci soient des illuminés, il faudra bien se rappeler, à un certain moment, qu’on écrit aussi un peu pour les 99% d’autres qui n’ont pas envie de participer à la brillante “discussion” qu’ils n’ont la plupart du temps même pas remarqué.
Liberté d’expression = Droit de tribune?
Pierre Foglia est un éditorialiste brillant et provocateur, qui aime susciter la discussion. Et pourtant, on ne lui a jamais fait subir les outrages des commentaires en ligne des lecteurs de ses chroniques. Comme tout journaliste, il reçoit probablement des tonnes de courriels privés, de téléphones et de courrier. C’est bien assez. Quand je fais le détour requis pour lire la chronique de M. Foglia dans la Presse, c’est parce que j’ai envie de lire M. Foglia. Parce que j’aime ses opinions, ses points de vue, ses choix de sujets et que je pardonne facilement ses oublis, ses erreurs et ses biais. Je sais qu’il est assez professionnel pour les rectifier si nécessaire, ou pour en rire si ce ne l’est pas. L’opinion de ses lecteurs à propos de ses opinions à lui ne m’intéresse absolument pas, et je ne crois pas être le seul dans mon cas.
Cela signifie-t-il que je sois contre la liberté d’expression? Absolument pas. Et les journalistes fatigués de modérer tous les crétins du monde non plus. Seulement, le droit à s’exprimer ne doit pas être confondu avec le droit de tribune. Si tout le monde a le droit de ne pas être d’accord et de l’exprimer publiquement, personne n’a l’obligation de fournir un micro et une colonne dans le journal au premier crétin du bord. C’est ce que font les blogues de grands médias, du moins pour le moment, probablement jusqu’à la première poursuite en diffamation. Si ledit crétin souhaite exprimer son désaccord de manière virulente, peut-être serait-il plus intéressant pour les lecteurs de la chronique qu’il aille poursuivre la “discussion” ailleurs, par exemple sur son propre blogue -dont il est légalement responsable- probablement lu par 4 autres illuminés. Personne ne l’en empêche.
Est-ce que cela signifie la mort des blogues? Sûrement pas. Seulement, peut-être a-t-on atteint une limite des blogues en tant que plateforme de discussion pour les communautés d’intérêts en les transformant en plateformes de diffusions pour de grands médias. C’est plutôt une question qu’un réponse, mais pour ma part, avec ou sans commentaires, je lirais encore tous les blogues que je fréquente.
Ce blogue étant spécialisé et l’audience en étant limitée, je peux me permettre -heureusement- de solliciter l’opinion de mes lecteurs. Et vous, liriez-vous les mêmes blogues sans leurs commentaires?
Tags: blogues, medias




16 commentaires ↓
Au moment où tu écrivais ce billet, j’étais occupé à poster un commentaire sur le blogue de Nelson Dumais, justement…
J’ai bien peu à ajouter à ce que j’ai écrit chez M. Dumais que tu n’aies pas déjà mentionné dans ce texte assez génial.
Dans ma blogosphère (essentiellement composée de blogues axés sur les apprentissages et l’utilisation des TIC), il y a bien peu de blogues où les commentaires deviennent impertinents. J’apprécierais probablement ces blogues pour les seuls textes de leur auteur, mais il y a vraiment une valeur ajoutée par la discussion et les échanges. Chez moi, j’approche les 3 500 commentaires et il ne m’est jamais venu à l’idée de resserrer les «règles du jeu». Je n’écris pas pour les commentaires, mais les réactions m’apprennent souvent autant que l’exercice de mettre en mots ce que j’ai à dire ou ce que j’ai à demander. Mais je ne gère pas une blogue avec l’audience de M.M. Dumais et Lagacé…
«Je lirais probablement encore tous les blogues que je fréquente» s’ils ne permettaient plus les conversations, mais j’aurais vraiment l’impression de perdre beaucoup. Je serais obligé de me promener de billet en billet pour voir se construire du sens, alors que bien souvent, dans un seul billet, je vois sous mes yeux se déployer les arguments des uns et des autres pour mon plus grand plaisir.
Comme je l’écrivais chez Nelson Dumais, je crois que le Québec est «victime» de son manque de tradition (ou de culture) des échanges de points de vue divergents et de débats. Nous avons tous (bon, il y a bien des exceptions) été «élevés» dans le triomphe de la pensée unique qui devait tenir en public pour que les convenances soient respectées. Échanger avec l’autorité n’était pas «une option», encore moins devant une audience… Nous avons beaucoup à apprendre et la trop courte période de temps qui nous sépare des débuts de cette expérience révèle notre grande soif de s’affirmer. Trop souvent, ça sort tout croche… Sur ce point, je trouve que les cousins français sont pas mal, bien qu’ils aillent à l’autre extrême, parfois. Je trouve que leur côté, c’est le consensus qui semble louche. Pas capable de s’allier pour tirer ensemble dans le même sens si ce n’est que pour dire qu’il faut continuer de débattre. J’exagère à peine.
Mais les jeunes du Québec me donnent espoir…
Le phénomène blogue (celui qui se caractérise par l’importance du contenu généré par les usagers) est loin de tirer à sa fin, de mon point de vue.
On reprend ça au bureau demain ;-)
Oui, les gens ne sont pas habitués à composer avec les points de vue divergents, mais la plupart souffrent aussi de paresse intellectuelle et se vautrent dans leur petite pensée étroite puis la répandent dans les fils de commentaires. Le modèle de blogue suggère qu’il n’y a pas qu’au blogueur qu’incombe la tâche d’informer et d’animer; le commentateur a la responsabilité de pousser le sujet plus loin ou dans une direction différente, pour peu que l’exercice demeure pertinent. Si on n’y arrive pas, la lecture des commentaires devient frustrante et on a l’impression de perdre notre temps.
Commentaire non pertinent : Est-ce un record de longueur ce billet? ;)
Stéphane : En effet. 2671 mots. Et dire que je pensais régler ça en quelques lignes.
Des fois je me fais l’apôtre de la concision, d’autres je me laisse penser tout haut. Les courageux qui lisent au complet méritent le droit de me taquiner… ;)
Vous apportez des nuances importantes qui ne peuvent que m’aider à approfondir ma réflexion. Merci.
En passant, mon texte sur Direction Informatique auquel vous référez a bel et bien suscité des commentaires. Sauf que le logiciel utilisé pour l’occasion semble avoir “crashé” sous le poids et tout est disparu. À ce qu’on m’a dit chez DI, le site sera bonifié d’ici l’automne pour, justement, intégrer un “vrai” système de commentaires.
Merci pour cette précision M. Dumais, et pour votre commentaire.
C’est peut-être ce qui manque aux journalistes blogueurs, pour attirer des commentateurs de qualité : aller les chercher sur leurs blogues en y commentant de temps en temps. Ça devrait peut-être faire partie de la politique éditoriale à implanter?
Il y a eu une réaction chez Michel Dumais au texte paru à DI dont vous parlez…
Réaction? Nah, tu n’y est pas Mario. Surtout pas ces jours-ci. Juste une simple taquinerie. Ma réaction viendra bien bientôt, lorsque j’aurai réglé certains «trucs».
Suggestion de compagnie : modérateurs professionnels, service beaucoup moins cher si on utilise leur logiciel de commentaire, mais aussi disponibles pour interventions sur d’autres systèmes. Intervention de l’auteur quand même nécessaire quand le modérateur n’a pas les connaissances nécessaires pour juger. Services de modération et aussi de recrutement de commentateurs. Profil centralisé des commentateurs (qui le souhaitent) avec rating.
Oups j’avais pas vu le paragraphe sur les modérateurs professionnels, j’ai répété la même chose.
Olivier, je ne pense pas : je parlais de l’embauche d’un modérateur à l’interne, pas de retenir les services d’un consultant externe.
Je pense que ton idée est pleine de bon sens, mais que celui qui s’y risquera devra éduquer les clients avant d’en récolter les bénéfices. Avec les groupes médias, il y a du chemin à faire!
[...] de leurs comentaires! Peut-être que la merde attire la merde et la qualité attire la qualité? C’est juste une hypothèse que développe Michael Carpentier de manière beaucoup plus politiqueme… … Il faut donc croire que 2 facteurs frappent de plein fouet les blogueurs des grands médias : [...]
Excellent billet qui résume également bien ma pensée.
Personnellement, je n’ai jamais considéré les « blogues généralistes » produits par l’industrie journalistique comme étant de véritables blogues. Car justement, je n’ai jamais senti pouvoir y avoir un « dialogue » avec l’auteur. Comme l’a si bien dit Michel Dumais, ce sont des journalistes utilisant un logiciel de blogue plutôt que des blogueurs. Mais cela ne m’empêche pas de les fréquenter régulièrement.
Les blogues généralistes des grands médias sont un produit internet différent des autres blogues, et le « problème » des commentaires doit y être abordé de façon différente.
Sauf pour ce qui est de l’anonymat, je trouve l’opinion de Mario Asselin à ce sujet très pertinente pour les blogueurs « ordinaires ».
[...] suivies de billets par plusieurs blogueurs connus et respectés, dont ceux de Mario Asselin et de Michael Carpentier que je trouve particulièrement [...]
[...] Blogues et commentaires : un mal vraiment nécessaire ? est une très bonne contre-analyse de Michael Carpentier de l’article Le phénomène blogue [...]
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