Quelques règles pour les entreprises Web en démarrage.

La lecture d’un billet sur la possible - et hautement prévisible- débâcle de Capazoo a donné lieu à un échange de commentaires extrêmements intéressants, exprimés par des gens dont la compétence et l’expérience ne fait aucun doute.

J’ai été particulièrement frappé par le commentaire #5, publié par “ashkan”. Dans celui-ci, il exprime très clairement pourquoi les entreprises comme Capazoo finissent plus souvent qu’autrement en faillite. Il y évoque quelques “lois” que les startup Web devraient apprendre à respecter :

  • Loi #1 : rapidement tu développeras, et ensuite tu ajusteras. Au lieu d’amasser des tonnes de données sur l’audience visée à partir d’études de marché, il est préférable de proposer quelquechose de concret le plus vite possible et de le modifier à partir du feedback réel d’utilisateurs, pas à partir de projections ou d’impressions de clients potentiels sur un truc qui n’existe simplement pas. Une étude de marché pour créer Google, Microsoft ou Facebook? Les trois auraient été découragés par les résultats. Les études de marchés sont utiles, mais pas dans ce contexte.
  • Loi #2 : Petit tu démarreras, à la mise à l’échelle tu penseras pour plus tard. Au départ, la quête de financement devrait laisser place à une quête de… clients. L’excès de financement provoque l’embauche d’une masse de gens qui, au début, provoqueront trop de turbulences et de bruit pour le peu de signal vraiment disponible. 2 gars dans un garage? Ce n’est pas seulement un mythe : c’est aussi une manière de s’assurer du minimum de friction au début d’un projet, et qu’on pourra garder le focus. Trop d’argent tue le sentiment d’urgence, et amène trop de dépenses… L’important n’est pas la masse du départ mais bien la capacité de mise à l’échelle.
  • Loi #3 : Les oeufs, c’est bon. Les fraises aussi. De même que la moutarde de Dijon, et le chocolat à la menthe. Mélangez le tout, et ça devient aussi indigeste qu’immangeable. Bref, ce n’est pas parce que 5 secteurs d’une industrie sont en effervescence qu’ils se mélangeront harmonieusement. Attention aux buzzwords et aux modes, surtout quand vous investissez dans une entreprise qui a une “recette infaillible”…
  • Loi #4 : En 2007, personne n’a besoin de 25 millions pour démarrer une entreprise sur le Web. Rien à ajouter…

Merci à Stéphane d’avoir attiré mon attention sur cette histoire!

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7 commentaires ↓

#1 Stéphane Guérin le 11.26.07 à 16:57

Miam… des oeufs au chocolat et moutarde avec un brin de menthe!

Garde ces lois pas loin, ça va devenir un article de référence! :)

#2 Rémi le 11.26.07 à 20:11

Quant à moi, je citerai cet article d’Evan Williams ([co-]fondateur de Blogger, Odeo et Twitter) qui est une référence en soi:

http://evhead.com/2005/11/ten-rules-for-web-startups.asp

#3 Version 6.2 - Quelques règles pour les entreprises Web en démarrage - e-marketing, web analytique, stratégie et gestion le 11.28.07 à 9:32

[...] Il y évoque quelques “lois” que les startup Web devraient apprendre respecter […] Lire la suite… Partager cette article : Ces icônes sont des liens vers des sites de partage de signet sociaux [...]

#4 Olivier le 11.28.07 à 15:42

Sceptique. Je n’ai entendu aucun web starter ayant eu du succès mentionner tel livre ou règle (comme aucun milliardaire n’a lu de livre sur comment devenir riche). Il n’y a pas de recette du succès. Les gars qui suivent les lois appliquent des lois qui ont marché pour des produits faits il y a 3 ans, mais les lois qui marchent aujourd’hui sont probablement différentes et on ne les connaitra que dans quelques temps.

#5 Michael le 11.28.07 à 15:56

Ce ne sont pas des règles pour un succès assuré, mais plutôt de bons guides pour éviter les pièges les plus courants. Mais comme titre, ce serait plutôt nul. :)

#6 groochat le 12.01.07 à 3:57

Groochat dit :
“à la règle : Ni maitre ni croquettes, tu obéiras!!!”

#7 veejaytsunamix le 01.11.08 à 14:30

J’ai agi à titre de stratégiste web pour crapazoo et j’attend toujours mon émoulument, je sais qu’il n’on pas apprécié mon franc parlé et qu’il n’on pas mis en pratique les conseils que je leur ai prodigués… Je pourrais vendre mon histoire a un journaliste mais ici le web ca vaut pas grand chose alors je vais les laissé mourrir de leur belle mort. Quel beau spectacle qu’est leur agonie!

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