C’est vieux pour un logiciel, mais malheureusement trop jeune pour mourir.
Le Wall Street Journal a réalisé une entrevue avec les créateurs originaux de PowerPoint, un outil développé à l’origine pour aider les vendeurs. Voici un passage choisi :
Mr. Gaskins reminds his questioner that a PowerPoint presentation was never supposed to be the entire proposal, just a quick summary of something longer and better thought out. He cites as an example his original business plan for the program: 53 densely argued pages long. The dozen or so slides that accompanied it were but the highlights.
Since then, he complains, “a lot of people in business have given up writing the documents. They just write the presentations, which are summaries without the detail, without the backup. A lot of people don’t like the intellectual rigor of actually doing the work.”
Dans plusieurs entreprises (et organismes gouvernementaux), PowerPoint est en train de remplacer le traitement de texte comme outil de rédaction de contenu. C’est tellement inadapté que l’armée américaine commence même à l’interdire lorsqu’un document en texte serait plus efficace (dans la plupart des cas en fait). PowerPoint génère des fichiers lourds, n’est définitivement pas un outil de rédaction et oblige à considérer la mise en page à un point tel qu’une grande partie du temps passé à y travailler l’est davantage à penser à la présentation du document plutôt qu’à son contenu.
Il m’est arrivé souvent au cours des dernières années de recevoir des documents contenant uniquement du texte et quelques graphiques, destinés à être transmis à d’autres de manière autonome, et bâtis en PowerPoint. Si le document est destiné à être lu et compris par son destinataire de manière autonome, il n’y a aucune raison de le créer en PowerPoint. Aucune. PowerPoint est un outil de PRÉSENTATION, pas de rédaction.
Par définition, une présentation est un résumé, un survol des points principaux d’un argumentaire. Le document de présentation (qu’il soit en PowerPoint ou en Keynote) est supposé APPUYER et SUPPORTER le présentateur, pas le remplacer.
Par conséquent, si votre prochain document est destiné à être lu et compris par d’autres sans vos explications et commentaires, privilégiez le bon vieux traitement de texte. Vous y gagnerez en limpidité, en temps et en bande passante. Et généralement, en bon goût… :)
Si vous vous intéressez à ces questions, je vous recommande la lecture régulière de Presentation Zen, le blogue d’un spécialiste de ces questions.
Plus à ce sujet, et une réflexion intéressante qui explique que le coupable n’est pas PowerPoint mais ceux qui l’utilisent (comme tous les outils en fait, le problème étant que PowerPoint est très répandu) : Two decades pf PowerPoint : Is the world a better place?
Tags: powerpoint, presentation
11 commentaires ↓
« C’est tellement inadapté que l’armée américaine… » a censuré cette partie ? ;-)
Sinon entièrement d’accord. Une présentation ne devrait comporter que quelques diapositives, bien souvent le conférencier doit cliquer toutes les 5 secondes pour passer à travers ses 53 planches !
Réflexions de Lawrence Lessig, dont les présentations ont des centaines de slides minimalistes parfaitement synchronisés à sa voix : http://www.lessig.org/blog/archives/003284.shtml
Merci Gilles, j’ai ajouté le bout de phrase manquant. :)
PowerPoint a créé une culture du “bullet point”. La trop grande majorité des présentations contiennent une oversose de bullet points. Et pire, du sous-bullet point. Où sont rendues les images? Chaque bout de texte doit-il obligatoirement être précédé d’un de ces foutus points? C’est la paresse du présentateur qui transpire, utilisant seulement ce que PP offre par défaut. Et parlant de paresse, les diapos sont supposés être pour appuyer ce que le présentateur a à dire et non un aide-mémoire pour ce dernier. Bon, ceci dit, je dois continuer à préparer ma présentation…
En fait, certaines pages de présentation peuvent servir de résumé à une section et à ce moment, utiliser les “bullet points” uniquement pour permettre à ceux qui les imprimeront de se souvenir de chaque élément de l’argumentaire. Le problème, c’est qu’effectivement la plupart des présentations remplacement les propos de l’orateur. À quoi sert-il alors?
Si la présentation n’est qu’un ensemble de bullets points, pourquoi ennuyer les gens en les obligeant à se réunir tous ensemble pour écouter un drone réciter ce qu’ils peuvent lire à l’écran? Pourquoi ne pas leur envoyer un document issu d’un traitement de texte contenant un peu de qui incluera et définira l’argumentaire?
Exemple de présentation géniale où l’auteur dit, parfois mot pour mot, ce qui passe à l’écran. Fantastique. http://randomfoo.net/oscon/2002/lessig/free.html
Y’a pas de règles pour de bonnes présentations.
M. Lessig dit pas mal de trucs clés qui ne se retrouvent pas dans la présentation en fait… J’aime beaucoup l’idée de mettre les mots clés de chaque sujet. C’est hyper simple en plus. Vraiment bien. Cependant, si le présentation se suffisait à elle-même (sans la narration), je doute beaucoup que M. Lessig aurait fait l’effort de publier selon ce format qui permet d’entendre la narration en simultané de la diapo regardée. C’est un format très intéressant.
Il y a une très grande différence entre ce genre de présentation et un présentateur ennuyant qui défile diapo après diapo de chiffres, graphiques et textes qu’il lit en même temps que nous. De dire qu’il n’y a pas de règles absolues est vrai, mais il y a quand même quelques principes de base à retenir selon les situations. Il est évident que la capacité du présentateur à parler en public compte beaucoup.
La plupart des présentations auxquelles j’ai assisté en entreprise étaient moches, ennuyantes et surtout n’auraient jamais dû être présentées mais plus simplement envoyées sous forme de texte argumentaire et discutées en groupe ensuite. Il y a donc une multitude gens bien intentionnés qui auraient grandement intérêt à consulter le blogue Presentation Zen dont je parlais plus haut pour s’inspirer de bons présentateurs et décider quand il est pertinent d’utiliser PowerPoint, et surtout quand il n’est pas utile de le faire.
100% d’accord avec toi Michael. Le pire, c’est que la plupart des powerpoints contiennent bien trop de texte, alors pourquoi ne pas faire un document texte ? Je suis aussi d’accord sur l’abus des listes. Elles peuvent être utiles, mais alors il faut qu’elles soient introduites, et que les slides soient articulés, pour ne pas tomber dans l’énumération.
Google indexe les documents PowerPoint, ils doivent penser qu’ils peuvent être utiles sans servir de support à une présentation live.
Euhh… Ça c’est de l’argument mes amis!
Les documents PowerPoint sont un fait, ils existent. Ils ne sont pas tous mauvais, mais la plupart des présentations auxquelles j’ai assisté sont poches. Mais puisqu’elles existent, Google ne peut pas passer à côté. Google indexe aussi tous les sites persos, ainsi que tous les trucs Frontpage qui sont créés. Ça en fait donc automatiquement des trucs très utiles?
Faut pas confondre la cause et l’effet!
[...] à Google Docs. Google Presentation. C’est évidemment beaucoup moins puissant que PowerPoint, mais ça empêche aussi de faire trop de bêtises… [...]