La controverse à propos des Boomerangs… Et puis après?

J’ai commencé par écrire un commentaire sur le billet de Guillaume Brunet à propos des critiques sur les derniers prix Boomerangs puis, le voyant prendre de l’enflure, j’ai décidé qu’il deviendrait un billet. Un billet fleuve contre un torrent d’injures. Tiens, me voilà devenu poète…

Guillaume, je pense comme Éric Baillargeon (qui a commenté suite à ton billet) que ta montée de lait risque de tourner à la crème… sûre.

Je comprends ta frustration. Je constate que plusieurs n’ont pas mis de gants blancs pour vous tomber dessus. Ils méritent aussi leur part de blâme. Mais ça fait des années qu’Infopresse s’entête à ne rien vouloir entendre de ceux qui ne font pas partie de ce qui pourrait ressembler, de l’extérieur, à la clique habituelle. Je te parle de perception, pas nécessairement de la réalité. Venant du monde de la pub, je pense que tu en connais l’importance. La méthode utilisée pour les critiques était peut-être malhabile, mais le message était clair, et peut-être en grande partie pertinent.

Il y a 2 choses que tu as écrites qui me dérangent: quand tu désignes vos critiques comme étant ceux qui “vivent en marge de l’industrie” et quand, du même souffle, tu railles ceux qui travaillent sur des projets que tu considères indignes d’être cités à des galas.

D’abord, sache que je ne suis pas un ennemi du Flash, quand il est bien utilisé. Le Web où tu évolues et que tu apprécies n’est probablement pas le mien, et c’est bien comme ça. Il y a de la place pour tout le monde. Mais de classer vos détracteurs comme étant des marginaux revient à placer “ton Web” au centre et celui des autres en périphérie.

Je reviens tout juste de Boston où j’ai passé du temps à côtoyer des gens comme Jeffrey Zeldman, Lance Loveday et Jared Spool. Pas exactement les derniers venus dans le Web, ni les plus petits comptes clients… Certains sont sexy, d’autres non. Mais ils livrent la marchandise, et pas à peu près. Pourtant, à leurs yeux, VOUS êtes dans la marge. MON Web est au centre. Ces jours ont été très motivants, et m’ont permis de prendre du recul sur la vision souvent véhiculée par les agences de pub. Et de relativiser l’importance de ces différences de vision. Ta vision du Web est différente de la mienne (et de celle de plusieurs de mes semblables) et c’est ok. Vraiment ok. Il y a de la place pour tout le monde. Mais de grâce, ne m’identifie pas à la marge par manque d’ouverture. Tu serais peut-être surpris de savoir dans la marge de qui tu pourrais te retrouver.

Ensuite, même si plusieurs gens que je respecte aiment bien participer aux concours et y trouver de la motivation, il existe des gens pour qui les médailles comptent peu. J’en fais partie. Je ne participe jamais aux concours, je n’y vois simplement pas l’intérêt. Je me bats pour gagner la guerre, pas des médailles. Quand j’ai besoin de motivation et d’un peu de vitamines pour l’égo, j’organise ou je donne une conférence.

Je travaille pour le ROI de mes clients (comme toi), j’essaie de les éduquer à l’importance des métriques, de la mesure, de la rationalité dans les décisions marketing. Mais je ne participe pas aux concours, ni aux galas. Je ne vois pas de lien entre ROI et galas, c’est tout. C’est pourquoi je n’embarque pas plus dans un “anti-boomerangs” quand dans les Boomerangs eux-mêmes. Peut-être que je me trompe, mais je ne me vois pas dans la marge pour autant. Un client qui obtient un taux de conversion de 25% ou plus me suffit. Je crois aux vertus de l’éducation de cette tranche de clients qui est susceptible d’adhérer à ma vision du Web, et laisse les autres à ceux qui leur conviennent mieux. Ce n’est pas un concours qui me mettra en relation avec eux, et c’est un choix réfléchi, pas une défaite, de ne pas y être.

Je ne blâme pas pour autant ceux qui participent aux Boomerangs. Ils sont simplement plus sociables que moi. Même si un site sur lequel j’ai travaillé en gagnait un, il faudrait me payer pour aller chercher le prix. Pas par snobisme, mais parce que je n’y crois pas. Tu auras compris que je m’en fous éperdument. Entre autres parce que je déteste les mondanités. Par contre, je respecte ceux qui les apprécient, sans déduire qu’ils ne sont pas dignes de quoi que ce soit. Chacun son sport. Même Star Académie a ses fans, et ils conservent leur droit de vote aux élections.

Enfin, bien que je trouve l’échange d’idées généré par cette controverse intéressante et positive, je trouve aussi que ça ressemble parfois à du garrochage de cailloux, que c’est bien mal parti pour donner quelquechose de positif. Il y a une différence entre la confrontation génératrice d’idées et la chicane de famille. Les gars, prenez une respiration, un verre d’eau, une marche, n’importe quoi. Mais si vous souhaitez vous engueuler, assurez-vous que les gens que vous prétendez représenter -ou qui pourraient être associés à votre groupe malgré eux- n’en paient pas les pots cassés à votre place.

Une dernière chose qui n’a rien à voir avec toi: où est la réaction officielle d’Infopresse face à ça? S’ils ne participent pas très bientôt à cette discussion, les gens finiront par en tirer des conclusions. Heureusement que tu étais là pour les défendre…

Alors bon. Maintenant, on fait quoi? On polarise un débat qui au fond, n’intéresse que nous… ou on essaie de prendre ce qui est bon de cette tempête dans un verre d’eau pour améliorer les choses?

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6 commentaires ↓

#1 Du rififi bien de chez nous au gala des prix Boomerangs! at Christian Pouliot : Le blog - Business, affaires électroniques et cyclisme - le 12.13.07 à 19:05

[...] fait rire! Il y a du rififi autour des prix boomerangs 2007. Vous pouvez suivre le débat ici, ici, ici, ici, ici et ici entre [...]

#2 Benoît Meunier le 12.13.07 à 21:31

C’est un peu comme lorsque nous avions, chez W3Québec, approcher l’équipe pour évaluer aussi les projets selon les normes et les standards.

Enchantés et près à faire le pas, c’est lorsqu’ils remarqua que la plupart n’aurais pas passer le test… déconnection, silence.

La perception, ça se travaille.

#3 Philippe Yergeau le 12.14.07 à 8:27

Pour ma part ce n’est pas que je m’injure face aux gagnants mais bien face à la technologie derrière tout ceci.

Pourquoi, et bien parce que je crois d’avantage à un site bien bâti comme un outil de vente et de recherche d’information qu’une maquette visuelle qui sert uniquement d’affiche coller à un mur sur le web.

#4 Olivier le 12.14.07 à 13:01

Un concours de ecommerce basé sur des résultats pourrait être amusant, une sorte de The Apprentice du web : chaque participant a un compte paypal approvisionné par le site, et au bout d’un an le gagnant est celui qui a le plus de $$$.

#5 Burp le 12.15.07 à 12:13

J’abonde Michael, bien que j’aime l’idée d’une reconnaissance par les pairs. On ne réussira toutefois jamais à trouver les critères de sélection qui feront l’unanimité, le fossé étant trop grand entre les webbeux orientés design et ceux orientés ROI, SEO et bonnes pratiques. C’est pourquoi le débat lancé par Guillaume a immédiatement viré en dialogue de sourds.

#6 Fred Gignac le 12.17.07 à 15:38

À mon humble avis, Internet est une forme de média/communication. Mais la ligne est très mince entre l’art et le contenu car on peut faire les deux choses sur le même support. Néanmoins, je trouve dommage que des galas comme les Boomerangs ne sont là que pour une portion des gens qui travaillent sur le web, à savoir principalement les agences de pub. Que le site web soit efficace, on s’en fout, l’important, c’est qu’il “looke”.

Anyway, personnellement, un gala où il faut payer pour être représenté, ça augure toujours mal question objectivité.

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