Québec Carrefour International: épilogue d’un blogueur

Un tout petit avertissement pour les lecteurs avant de poursuivre: je ne suis ni fédéraliste, ni souverainiste. Je trouve ce débat poltique peu pertinent et déplore qu’il empêche les gens de travailler à des projets de société concrets plutôt qu’à chercher à se jeter la pierre pour les problèmes de l’un et de l’autre. Un excellent prétexte pour diviser, non pour rassembler. Ilserait facile pour un souverainiste de dire alors “Puisque tu n’es pas activement en faveur de la souveraineté, tu es donc fédéraliste!”. C’est simplement faux et ce serait davantage de la démagogie qu’un réel argument. On a le droit de rester neutre face à une question qui nous est imposée sans qu’on aie choisi d’y répondre.

Maintenant que l’événement est terminé, je souhaite faire quelques observations sur son déroulement, sur l’attitude des gens qui y participaient et sur ses retombées concrètes éventuelles.

Je viens de terminer la lecture de l’article “Dans L’espoir de regagner Québec, Duceppe évoque des projets grandioses” qui vient de paraître sur Cyberpresse. Le journaliste Sylvain Larocque, de la Presse Canadienne, résume assez bien ma pensée sur l’événement quand il écrit:

“Le forum de dimanche, qui s’adressait aux convertis et que certains qualifieraient carrément de politique-fiction, visait à montrer à la population de la région de Québec que le parti souverainiste fédéral s’occupe d’elle. Lors des élections de janvier, la formation a perdu sept sièges aux mains des conservateurs dans la capitale.

Comme c’est souvent le cas lors des assemblées bloquistes, les participants à l’événement ont martelé que la réalisation de leurs projets serait facilitée par la souveraineté. Gilles Duceppe s’est même permis de peindre en rose l’avenir de la capitale en 2015, une fois l’indépendance acquise.”

Cela résume très bien ce que j’ai ressenti lors de la tenue de l’événement. Les projets présentés étaient tous intéressants et valables, certains restent très difficiles (et dispendieux!) à réaliser. Qui donc peut être contre la vertu? Nous savons déjà ce que les militants du Bloc pensent du Bloc: je vous l’annonce en primeur, ils votent pour! Ce qui aurait été intéressant, c’est de savoir ce que la majorité des électeurs de la région (donc ceux qui n’étaient pas présents aujourd’hui) pensent du Bloc et de ses options, et donc d’assister à un vrai débat. J’ai malheureusement eu plutôt l’impression d’assister à séance de thérapie de groupe visant à se rassurer après une dégelée électorale.

Sans prêcher pour ma paroisse, le seul projet réalisable à peu de frais, sans nécessité de demander des subventions ou de mettre en place des structures politiques et dans des délais raisonnables est celui de l’internet sans fil gratuit pour la ville de Québec. Pour ce genre d’initiative, je crois beaucoup plus aux projets “grassroots” (venant de la base, des citoyens qui éprouvent le besoin) qu’au modèle de gestion “top to bottom” prônés par les interventionnistes.

Que le Bloc souhaite demander au gouvernement fédéral de mettre en place un fond permettant de mettre sur pied ce genre d’initiative dans les villes canadiennes est louable. Et lourd, et long, et risquant de dégénérer en combat politique. C’est probablement aussi le meilleur moyen de réveiller l’industrie des télécoms qui pourra alors faire jouer son lobby pour empêcher la réalisation de ce genre de projet d’un bout à l’autre du Canada d’un seul coup.

Chaque député disposant d’un budget discrétionnaire annuel de plusieurs milliers de dollars pour des projets de son choix, pourquoi ne pas utiliser quelques centaines de ces dollars pour simplement faire l’achat de quelques bornes sans fil pour leurs circonscriptions? En donnant ainsi l’exemple et en créant un engouement pour le projet, on permettrait ainsi de lui donner une impulsion initiale qui pourra ensuite être récupéré par un OSBL comme Zap Québec qui saura très bien se débrouiller à partir de là. À peu de frais, simplement et efficacement. Avec de l’argent déjà existant, disponible et accessible.

Autrement dit, pourquoi politiser un projet quand il suffit de mettre un peu les mains à la pâte pour le réaliser? Un don de 360$ de la part d’un député paierait 5 bornes sans fil pour une circonscription. Voilà quelquechose de concret! Il serait d’ailleurs normal qu’en tant que baîlleur de fond, la page d’accueil de cette borne lui permette de saluer ses électeurs et de leur rappeler qu’il a participé au projet. Je ne pense pas qu’une dépense de cet ordre nécessite de longues réunions à Ottawa, tant qu’on a une réelle volonté de mettre des projets sur pied pour le bénéfice de ses concitoyens et non de s’en servir à des fins politiques.

Bref, tous les projets présentés étaient forts intéressants et vertueux. Ce qui m’a agacé, c’est l’habitude de certains délégués ou politiciens présents à présenter l’indépendance comme un passage obligé pour leur réalisation, comme si la région de Québec était condamnée à rester ce qu’elle est dans un Québec faisant partie du Canada et à devenir un endroit extraordinaire dans un Québec souverain, comme si le statut politique de la province nous empêchait de nous développer par nous-mêmes.

Oui, il existe un cadre constitutionnel qui amène des avantages et des inconvénients au Québec à l’intérieur du Canada. Pour le moment, j’ai beau examiner l’option souverainiste de tous les côtés, j’y décèle encore plus de risques que de garanties et de rêveurs appréciant les comités plutôt que de gens capables de vraiment FAIRE les choses et susciter l’adhésion de leurs concitoyens. C’est ce qui compte pour moi.
Nous verrons au cours des prochains mois si les 8 projets présentés (2 projets par thèmes) auront des suites et si oui, d’où proviendront vraiment les efforts et les ressources pour les réaliser.

Malgré ce jugement qui peut sembler un peu sévère, j’ai énormément apprécié l’expérience et l’ouverture d’esprit du Bloc Québécois et de son chef Gilles Duceppe. J’espère que les opinions contraires aux leurs seront perçues comme des opportunités de convaincre et de comprendre les électeurs de la région de Québec plutôt que comme de la partisanerie pro-fédéraliste. Après tout, c’était le but de l’exercice non?

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4 commentaires ↓

#1 Catherine le 10.23.06 à 9:24

Un peu sévère en effet…Je crois qu’il est tout à fait normal d’imaginer à quoi ressemblerait la ville de Québec si elle était la capitale d’un pays étant donné qu’environ la moitié de la population du Québec est souverainiste. Ça ne changerait pas le monde mais oui, il y aurait normalement plus de gens qui y viendraient, qui y travailleraient, donc plus d’argent et plus de possibilités pour des projets comme le train à grande vitesse. C’en est ainsi pour toutes les capitales du monde.
Par ailleurs, vous avez une bonne idée de projet (bornes sans fils) pour les députés!

#2 Vincent Trépanier le 10.23.06 à 10:01

Salut Michael,

euh… les gros projets d\’états \’interventionistes\’, c\’est pas \”Top-down\” qu\’on les appelles plutôt que bottom-up qui me semble signifier du fond vers le haut ?

#3 Michael le 10.23.06 à 10:21

Exactement. C’est corrigé dans le texte. Merci! :)

#4 moi xd le 01.13.08 à 17:07

wow ouin totalement dacccor!!! :)

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