La ville de Ste-Adèle fait amende honorable face à la levée de boucliers des blogueurs

Suite au billet “Panique à Ste-Adèle“, j’ai eu le plaisir de recevoir le courriel suivant aujourd’hui. Mon collègue Mario l’ayant aussi reçu, j’en déduis que nous ne sommes pas les seuls et que les autres blogueurs “réactionnaires” ont probablement reçu la même missive. J’espère qu’on ne m’en voudra pas de recopier ici le texte intégral de la missive. Ce n’est pas autant dans l’esprit des blogues que si le tout avait été publié dans un commentaire mais c’est déjà un pas en avant!
Bonjour,

À la lecture de votre blogue, je remarque que vous y faites référence à un débat en cours entre la Ville de Sainte-Adèle et un de ses résidents, M. André Bérard.

Vous n’êtes pas sans savoir que la Ville a officiellement demandé à M. Bérard, ainsi qu’à un autre citoyen, de retirer des propos diffamatoires inscrits sur leur blogue. Il est cependant important de savoir que jamais la Ville n’a remis en question leur droit légitime d’interpeller l’Administration municipale ou ses élus. La Ville a d’ailleurs précisé à M. Bérard que sa demande de retrait ne visait que quatre commentaires, clairement diffamatoires, inscrits sur son blogue par des visiteurs se réfugiant dans l’anonymat. Critiquer, même durement, est une chose. Permettre qu’on évoque gratuitement la fraude, le patronage ou l’achat du silence des médias en est une autre.

Comme élu, je crois fondamentalement à la liberté d’expression. Je pense aussi que tous les nouveaux moyens électroniques d’en faire usage constituent une très nette avancée pour la démocratie. Vous conviendrez cependant avec moi que cette liberté d’expression s’accompagne nécessairement de la responsabilité de ne pas diffamer ou atteindre indûment à la réputation d’autrui. À mon avis, cela vaut pour tout média, y compris les blogues où on choisit d’héberger des commentaires émis par d’autres.

J’espère que cette précision vous aidera à vous faire une idée plus juste de la situation présente.

Je m’en voudrais de terminer ce courriel sans en profiter pour vous inviter, dès que vous en aurez l’occasion, à venir visiter notre belle ville de Sainte-Adèle, un joyau en plein coeur des Laurentides.

Jean-Paul Cardinal
Maire
Ville de Sainte-Adèle

Mes idées à ce propos:

  • La réaction fut rapide. Quelqu’un à Ste-Adèle vient de comprendre qu’il se passe des choses sur le web et qu’en s’en prenant à M. Bérard, on a touché la fibre de solidarité des blogueurs qui commentent l’actualité;
  • La distinction entre les billets et les commentaires problématiques semble bien comprise par l’administration;
  • Si la “profession de foi” pro-blog n’est pas sincère, c’est alors une grande victoire de lire ce 3ième paragraphe. Si elle est sincère (et j’ai tendance à le penser), c’est AUSSI une grande victoire. De la part d’un élu, c’est un grand pas en avant. Et cela servira probablement de précédent;
  • Si seulement 4 commentaires sont à l’origine de cette tempête dans un verre d’eau, pourquoi ne pas avoir envoyé un courriel ou téléphoné à M. Bérard pour lui demander de les retirer? Il semble pourtant raisonnable et soucieux de la qualité du débat. Par conséquent, si certains commentaires dépassaient vraiment les limites du libelle diffamatoire, j’imagine qu’il aurait alors agit en conséquence, sans besoin d’une mise en demeure. Pourquoi utiliser un bazooka pour tuer une mouche?
  • Il y a une prise de conscience à faire pour les blogueurs: effectivement, critiquer, même durement, fait partie du droit fondamental de s’exprimer librement. Cela n’est PAS une licence pour le libelle diffamatoire intempestif. Ce qui est bon pour les journaux l’est aussi pour les blogues. Certains d’entre nous commencent à être pris au sérieux par les médias traditionnels et les influenceurs publics. Ce n’est pas le moment de gâcher la sauce alors qu’elle commence tout juste à prendre. Un mécanisme de modération pour les commentaires est donc peut-être une avenue à privilégier pour éviter les dérapages de gens moins consciencieux que les blogueurs qui se servent des commentaires pour se défouler stupidement. Quiconque lit quelquefois les blogues de Canoë sait de quoi je parle…
  • La prochaine fois que j’irai dans les Laurentides, je passerai à l’hôtel de ville de Ste-Adèle pour dire bonjour.

Encore une fois, bon courage M. Bérard. En espérant que la levée de boucliers pourra vous permettre de discuter plus sereinement avec M. Cardinal, et que ce courriel n’était pas une simple opération de charme dénuée de bonne volonté.

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4 commentaires ↓

#1 C'est Raoul le 11.30.06 à 12:04

Et pourquoi une autre mise en demeure à un autre blogueur?

#2 Sainte-Adèle, P.Q. le 11.30.06 à 12:55

Pour votre information, M.Bérard a reçu une deuxième mise en demeure !
Une histoire qui n’a pas fini de faire jaser.

#3 André Bérard le 12.01.06 à 8:49

J’aurais dû recevoir une lettre similaire dès le début. Nous n’en serions pas là aujourd’hui. Je persiste à croire que la première mise en demeure ne visait qu’à me faire faire peur et à me faire taire.

#4 andré Bérard le 12.06.06 à 10:58

La profession de foi problogue du maire Cardinal me laisse sceptique, puisque la ville de Sainte-Adèle, par le biais d’une firme privée de gestion de crise, a publié un communiqué qui porte le titre de « Mise au point » et que mon carnet, (là où toute l’histoire a commencé), n’a rien reçu. Pourquoi ne pas avoir eu l’élégance de me faire parvenir le communiqué que j’aurais de bonne foi publiée dans mon carnet? Lorsqu’une petite ville comme Sainte-Adèle doit embaucher une firme de relationnistes pour parler aux médias, ça n’augure rien de bon, à mon humble avis

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