Allocution finale, M. Gilles Duceppe

Sans faire de mauvais jeu de mot qui me permettrait de décrocher un emploi de rédacteur de titre au journal Voir, on peut dire que Gilles Duceppe est monté sur scène devant un auditoire gonflé à bloc. Visiblement, le Gilles Duceppe qui, dans le passé, a pu éprouver de la difficulté à bien gérer son image publique, est revenu en force en version “nouvelle et améliorée” (Gilles Duceppe 2.0?).

J’ai été saisi, lors de l’entrevue que j’ai mené avec lui, de son ouverture, de sa sympathie et de sa candeur. Voici un homme qui, il y a quelques courtes années, était souvent contesté pour son manque de leadership dans son propre parti et qui revient en force en imposant le respect. Peu importe mes allégeances politiques, je ne peux que saluer M. Duceppe pour le dur travail qu’il a dû faire pour renverser la vapeur et devenir ce qu’il est maintenant, soit un leader fort pour le Bloc mais néanmoins accessible.

Alors maintenant, pour son allocution…

Le Bloc propose une vision d’avenir à bâtir d’ici 2015.
Le Bloc souhaite que la région de Québec développe son rôle de carrefour de la culture internationale et du savoir, mette en valeur son caractère maritime et se retrouve au centre de réseaux de transport et d’échange d’informations modernes. M. Duceppe parle ensuite des avantages du statut de capitale nationale et compare Ottawa et Québec.

Son allocution fait maintenant un retour sur chacun des 4 thèmes explorés aujourd’hui:

  • Le savoir
  • Le rayonnement culturel
  • Québec ville maritime
  • Québec à grande vitesse

M. Duceppe tient entre autres des propos réjouissants pour les écologistes: il parle de l’avantage certain du transport de marchandise par bateau si on le compare au transport routier. Les gens de l’industrie du transport routier ne seront pas contents, mais M.Duceppe a raison: le transport d’une tonne de marchandise sur un kilomètre “brûle” un litre de carburant à chaque 30 km quand on utilise le camion. Par bateau, on parle plutôt de 240km. C’est 8 fois plus efficace. Il aurait aussi pu mentionner le train comme moyen beaucoup plus écologique de transporter du matériel et des gens.

Dans un même état d’esprit, M. Duceppe nous parle du souhait du Bloc d’amener le Québec à réduire de 50% sa dépendance au pétrole et de devenir ainsi le leader en cette matière. Il s’agit là d’un beau voeu, mais je me demande quelles seront les mesures concrètes proposées à ce sujet. D’augmenter la part du transport ferroviaire et maritime ne sera certes pas suffisant.

L’allocution complète de M. Duceppe nous a été remise en version papier. Je tenterai de l’obtenir en version électronique pour la publier. Le Bloc a aussi émis un communiqué qui résume cette allocution. Il n’est toujours pas disponible sur le site du Bloc.

4 commentaires ↓

#1 Epicure le 10.22.06 à 12:37

Très impressionnée! J’en ai sûrement appris plus ici que ce que le Téléjournal choisira de nous montrer en 2 minutes ce soir. J’espère que l’expérience fera des petits, en tout cas belle initiative.

#2 Clément Laberge le 10.22.06 à 15:34

L’essentiel du texte de Gilles Duceppe est ici:

http://www.blocquebecois.org/fr/manchette_detail.asp?id=9925543

#3 Nestor Turcotte le 10.22.06 à 16:45

On se donne le vrai pouvoir ?

Nestor Turcotte
Matane

En 1993, sous la direction de l’ancien Premier ministre du Québec Lucien Bouchard, le Bloc québécois faisait élire une bonne cinquantaine de députés à la Chambre des communes. Le slogan de la campagne : on se donne le vrai pouvoir. Le «on» signifiait sans doute «les députés du Bloc québécois» qui promettaient aux Québécois de siéger sur les banquettes de l’Opposition, le temps de la préparation du futur référendum promis par Jacques Parizeau en 1995. Les Québécois, en votant massivement pour le Bloc, avaient sans doute compris que, le référendum gagné, ces députés souverainistes allaient vite, l’opération terminée, regagner le pays qu’ils voulaient créer.

Treize ans plus tard, après six élections, le Bloc est toujours à Ottawa. Le pays qu’ils veulent quitter les héberge toujours bien et bon nombre d’entre eux, lorsqu’ils reviendront dans le pays à faire, recevront une plantureuse pension d’un pays qui ne faisait pas leur affaire.

Astucieux comme pas un, le chef bloquiste, lors du dernier Conseil national tenu à Québec il y a quelques jours, a repris le slogan de 1993. «Le temps d’être né pour un petit pain et de se contenter des miettes est terminé. Tous les pouvoirs à Québec» a-t-il claironné durant son discours. Étonnant ? Non!

Gilles Duceppe veut retourner à Ottawa et se donner «le vrai pouvoir», tout en restant dans l’Opposition, et demande à la population de voter pour son parti afin de donner tous les pouvoirs à Québec. Sachant très bien que les Québécois sont incapables de se donner « le vrai pouvoir», le Bloc continue d’amuser ce pauvre peuple qui n’en finit pas de ne plus savoir où donner de la tête. Et si on cessait de voter pour ces comiques, ces clowns politiciens qui trafiquent les mots et jettent le discrédit sur l’un des plus nobles et des plus beaux métiers du monde !

#4 Claude Boucher le 10.22.06 à 21:15

Je ne sais pas au juste comment s’y prendra M. Duceppe, mais l’objectif de 50% de réduction notre consommation de pétrole est bien élevé. À l’heure actuelle, le Québec consomme environ 150 millions de barils par année. Le plan d’action 2006-2012 de Québec parle de réduire la consommation de 10% (13,5 millions de barils) dans les six prochaines années, en tenant compte de l’ajout obligatoire de 5% d’éthanol dans l’essence d’ici 2012 et l’imposition au Québec des standards californiens d’émissions de GES.

Il est certain qu’on peut faire mieux, quand on voit la quantité de minivans, de SUV et de petits camions dans le stationnement du Costco de la rue Bouvier!

Laissez un commentaire