À tout seigneur, tout honneur!
M. Christian Bernier, propriétaire du restaurant Riviera, a pris le temps de répondre de manière fort civile à mes impressions sur son restaurant. C’est ce que j’appelle prendre le taureau par les cornes et cela impose le respect par la sincérité du ton. Bravo à cet homme qui fait amende honorable, cela montre une grande expérience et un grand respect de sa clientèle. Sa réponse me donne envie d’essayer une seconde fois son restaurant en raison de sa franchise et de son explication bien articulée et crédible.
Là où je diffère d’opinion, c’est dans l’allusion au manque de professionalisme de la critique qui ressemble selon lui davantage à une crucifixion qu’à une critique professionnelle. Effectivement, je ne suis pas un critique professionnel de restaurant et ce n’est pas mon intention. Je suis encore pire et mieux que ça à la fois: je suis un client.
À l’ère d’internet, le titre de “critique professionnel” ou de “journaliste” peuvent ête contestés: les meilleurs resteront, ceux qui n’ont qu’un outil de publication entre les mains et des lecteurs captifs disparaîtront au profit “d’amateurs chevronnés”. L’avantage d’internet, c’est que les gens ont le choix. Si je n’ai aucune crédibilité, personne n’a à s’inquiéter. Si par contre mes commentaires sont pertinents et lus, j’imagine que le titre de “critique” me revient, en tant que client toutefois.
Ce qui différencie un critique professionnel d’un client expérimenté, c’est probablement le média. Et heureusement, la publication de masse ne demande plus d’investissement majeur mais simplement quelquechose à dire (d’intelligent de préférence), et des gens pour le lire. Il y a ainsi moins de contrôle éditorial relié à la volonté des médias traditionnels de ne pas se faire d’ennemis parmis les annonceurs potentiels qui constituent leur pain et leur beurre.
Je laisserai donc aux “critiques professionnels” le soin de négocier leurs critiques lorsqu’ils se sentent déçus. Pour ma part, en toute justice, je donnerai donc une seconde chance au Riviera, en toute bonne foi. Et à MES frais, sans invitation spéciale ni mention particulière. Je suis un client et ne veux pas bénéficier d’un traitement de faveur parce que j’ai la capacité d’influencer d’autres personnes, ou encore bénéficier d’extras qui ne seraient pas représentatifs de la vraie expérience d’un client.
Par conséquent, j’y retournerai sans préjugés. Si le résultat est le même, je ne changerai rien à ma critique précédente et demanderai à être remboursé pour les deux repas. Si tout va bien, je serai heureux de payer ma facture en client satisfait et il me fera plaisir d’honorer ces changements ici.
Ça me semble tout à fait fair play. Qu’en dites-vous?
July 20th, 2005
par Jean-Sébastien
T’a lu ce billet sur le site de Mena Trott? Elle y relate une aventure un peu similaire à la tienne mais avec un chef qui comprend mieux la puissance des blogues que le patron du Poisson d’avril, qui, même si il t’a offert une réponse très adéquate, semble penser que seuls les «pros» devraient avoir le droit d’écrire en public.
July 20th, 2005
par Michael Carpentier
Wow.
Éloquent. Ça rejoint mon point de vue sur les professionnels. On le devient à partir du moment où on est payé pour écrire et qu’on a un lectorat.
La preuve? Un étudiant en journalisme avec son diplôme en poche peut-il être reconnu comme un journaliste professionnel? Non, l’industrie le traitera en amateur tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas écrit son premier article et qu’il n’aura pas été embauché par une organisation “officielle” pour le faire.
Qu’on ne me parle pas de la supposée compétence: Foglia est compétent. Quelques vrais journalistes aussi le sont, de même que certains éditorialistes et commentateurs. Mais au nombre de très mauvais articles basés sur une recherche insuffisante qui sont publiés chaque jour, qu’on ne me rabatte pas les oreilles avec la relation entre un titre officiel et la compétence.
Comment se définit une organisation “officielle”? Par le lectorat qui lui donne son pouvoir, uniquement. Pas par le support média qui peut être aussi bien électronique que papier.
Alors si on possède un blog avec un lectorat assez nombreux, il ne manque donc que le salaire pour être qualifié de professionnel?
Dois-je me faire un chèque pour pouvoir demander ma carte de presse?