Au Québec, il est mal vu d’avoir une opinion…

Bravo à Télé-Québec pour le congédiement de Benoît Dutrizac. Ainsi, la station de télé pourra être bien certaine qu’aucun téléspectateur ne s’y intéressera et qu’ainsi, personne ne tentera de se faire entendre en ce qui touche à sa programmation anémique et/ou méconnue.

Comme beaucoup d’histoires au Québec, ils reçurent beaucoup de subventions, vécurent heureux (et apathiques, se bavèrent dessus longtemps) et n’eurent pas d’enfants.

C’est simplement pathétique. Benoît Dutrizac, on n’aime ou on n’aime pas, je suis d’accord qu’on puisse être en désaccord. Mais qu’on garde le droit de le dire est essentiel!

Quand on enlève le micro à tous ceux qui osent manifester une opinion, un désaccord ou une vision différente de celle de la masse, on s’approche dangereusement d’une tyrannie intellectuelle.

Et cette fois, à ce que je saches, M. Dutrizac n’était ni plus vulgaire, ni plus grossier que la moyenne des ours, ni ne prenait à partie des individus pour les traîner dans la boue pour le plaisir de salir leur réputation.

Un éditorialiste plutôt qu’un journaliste, oui. Le genre d’homme qui est nécessaire dans notre société aseptisée, égalisée (et non égalitaire) et constamment aplanie, surtout vers le plus petit dénominateur commun.

Télé-Québec, qui se plaint de ne recevoir que des broutilles de l’État depuis des années, vient de montrer son incapacité à gérer ses actifs les plus prometteurs, autant au niveau des cotes d’écoute que de la mission d’information.

Et dire que M. Dutrizac s’est senti gêné lorsqu’il est passé sur le plateau de tournage de “Tout le monde tout nu!”, niaiserie subventionnée par l’autre télévision d’État.

On peut donc parler de cul, ça fait très tendance, même si on a une mission d’information publique. Mais surtout pas de sujets comme le suicide assisté ou se permettre de poser des questions embêtantes à des personnages sur la sellette.

Radio-Canada a “Tout le monde tout nu!”.

Télé-Québec a maintenant sa version: “Tout le monde dehors!”.

Benoît Dutrizac est congédié par Télé-Québec

2 commentaires ↓

#1 Gaétan Bouchard le 05.06.05 à 15:18

Le texte suivant a été publié dans Cyberpresse (4/5/2005) et Le Nouvelliste (5/5/2005). Il traite du congédiement de Benoît Dutrizac.

Salutations,

Gaétan Bouchard

Les Demi-Civilisés

C’est trop facile d’accorder la liberté d’expression à ceux avec qui nous sommes d’accord…
Le congédiement de Benoît Dutrizac est de la même veine que celui de Jeff Fillion, bien que ces deux-là ne soient pas idéologiquement compatibles. Dutrizac et Fillion sont victimes de cette élite qui nous tient lieu de clergé, à l’instar de feu leur collègue Jean-Charles Harvey.
Jean-Charles Harvey était rédacteur en chef du quotidien Le Soleil, à Québec, dans les années ’30. Il a été congédié du Soleil en 1934 pour avoir écrit Les Demi-Civilisés, un roman, qui prônait quelque chose de plus essentiel que l’indépendance nationale, c’est-à-dire l’indépendance de l’esprit.
Les Demi-Civilisés a été mis à l’index par Son Éminence le cardinal Villeneuve, archevêque de Québec. Le cardinal défendait à ses ouailles de lire ce livre sous peine de péché mortel…
Fillion et Dutrizac ont été congédié par ces mêmes «Demi-Civilisés» pour qui la liberté d’expression ne veut rien dire. Qu’ils soient déguisés en curé, en fonctionnaire ou en imam montréalais, c’est l’éternel retour du même. Ce sera le jour sans fin de la marmotte au Québec, jusqu’à ce que le pays soit en ruines, vidé de tout ce qui, ailleurs, ferait la fierté d’un pays vraiment libre.
Il y aura encore plus de divertissement à la radio et à la télé. Oh! Qu’on va rire… Oh! Que l’on va s’amuser…
Au Québec, la place que l’on accorde à l’information se réduit comme peau de chagrin. On fait tomber les têtes fortes pour ne laisser que les incultes, les illettrés, les analphabètes et les envieux dont le seul talent est d’être bouffis de ressentiments.
La liberté d’expression n’a du sens que si nous l’accordons à ceux avec qui nous sommes en désaccord.
Tout ce que l’on pourrait dire pour justifier la censure me donne d’avance la nausée.

Gaétan Bouchard
Courriel : bouchard.gaetan2@tr.cgocable.ca

#2 Clément Laberge le 05.07.05 à 13:38

Attention avant de crier au loup. Plusieurs articles, reportages et entrevues dans les derniers jours ont montré qu’il ne semble pas s’agir d’une intervention de l’Index.

Problème de relations interpersonnelles et de collaboration au sein de l’équipe d’animation-production semblerait-il.

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